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Géographie zombie : une approche originale du genre

Après une grande majorité de livres consacrés à des cinéastes (Christopher Nolan, Tony & Ridley Scott, Michael Mann), les éditions Playlist Society consacrent leur nouvel ouvrage à une approche originale des films de zombies, en explorant les mondes post-apocalyptique à travers … leur géographie.

Le zombie moderne est souvent une métaphore du capitalisme : on le sait depuis le Zombie (Dawn of the dead) de George Romero, qui voyait déambuler des rangées de morts-vivants dans des rayons de supermarchés. Depuis, le monstre s’est répandu à travers d’innombrables médias, du jeu-vidéo aux séries en passant par la littérature en tout genres.

Le livre de Manouk Borzakian vient étoffer la vision que l’on peut avoir du film de zombies, en allant bien plus loin que ce postulat déjà établit. L’auteur explore le genre non pas seulement en se basant sur une « simple » analyse cinématographique, mais en mêlant des disciplines telles que l’Histoire, la psychologie, ou, justement, la géographie. En effet, c’est à travers l’occupation du territoire, et la transformation de celui-ci, que l’auteur décide d’aborder le sujet.

Le cinéma post-apocalyptique distille une angoisse particulière, paradoxale : les ruines que nous contemplons ne témoignent pas d’un monde ancien, puisqu’elles sont celles de notre monde

Ce faisant, il pointe du doigt ce qui nous fascine tantdans les films post-apocalyptique en général. En nous présentant un monde semblable mais différent, ce type d’œuvre interroge notre relation à l’environnement qui nous entoure, et spécifiquement notre rapport à l’Autre. Un Autre qui est zombie sur grand écran, mais qui peut revêtir des formes très différents dans nos sociétés.

Comme dans tout grand film, c’est en effet la société dans laquelle a été produite une œuvre qui est au cœur du récit, quelque soit ses mécaniques. Dans les œuvres passées au crible de l’œil averti de Borzakian, c’est donc en majorité la société occidentale qui est mise-en-scène. Il n’hésite cependant pas à remonter aux origines du zombie, mythe africain déplacé en Amérique du Nord en même temps des générations d’esclaves.

Sur grand écran, chez Jacques Tourneur par exemple, l’approche pouvait ainsi avoir un involontaire relent colonialiste. De nos jours, l’imaginaire qui lui est lié peut porter d’innombrables valeurs, inévitablement contradictoires selon l’origine de l’œuvre – on en apprend beaucoup en près de 120 pages.

On sent que l’ouvrage est un travail écrit par un universitaire – pas étonnant, l’auteur est enseignant et géographe. Cela n’empêche en rien cette étude d’être érudite toute en étant accessible : le livre se dévore avec appétit, tel les anthropophages qu’il met à l’honneur.

Résultat, Géographie zombie : Les ruines du capitalisme est un ouvrage duquel on ressort en ayant l’agréable sentiment d’en avoir appris plus sur le cinéma et les zombies, certes, mais aussi sur notre société. 

 

Géographie zombie, Les ruines du capitalisme de Manouk Borzakian. Playlist Society, 128 p., 14e. Disponible le 14 mai.

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