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Godzilla : le film aurait pu ne pas se faire à cause d'une catastrophe

Godzilla : le film aurait pu ne pas se faire à cause d'une catastrophe

Reboot qui sert de point de départ à un univers étendu dédié aux monstres, le "Godzilla" de Gareth Edwards est une nouvelle déclinaison à l'américaine qui efface la précédente tentative de Roland Emmerich. À cause d'une catastrophe, le film aurait pu ne pas se faire.

Godzilla : un nouveau point de départ en 2014

C'est au Japon que Godzilla est né en premier lieu dans les années 50, puis énormément de films ont repris la bête pour nous servir des combats titanesques. Une mythologie existe autour de ce lézard géant, conséquence de la crainte nucléaire qui saisit le Japon à cette période. Les Etats-Unis ont forcément voulu à un moment donné reprendre le monstre pour s'en servir à leur façon. D'abord dans le nanardesque Godzilla de Roland Emmerich, puis dans un film du même titre, réalisé par Gareth Edwards. Le réalisateur n'avait signé qu'un petit long-métrage indé avant ça : Monsters. Un tout petit projet qui n'avait rien à voir financièrement avec ce blockbuster sur lequel il se retrouva propulsé.

Godzilla se déroule de nos jours, quelques années après un incident nucléaire du côté de Tokyo. La population pense qu'un tremblement de terre lambda en est à l'origine. Or, la vraie raison est la présence dans les parages d'un certain Godzilla. Quand d'autres créatures commencent à se signaler, les humains ne peuvent pas y faire grand chose. Godzilla, lui, peut se dresser face à elles. Ce film est non seulement une nouvelle version mais également le commencement d'un univers étendu voulu par Warner, le Monsterverse. L'idée, avec le temps, est de présenter plusieurs autres monstres, dont le singe Kong. Leur rencontre aura lieu dans Godzilla vs. Kong. Que ce soit pour Godzilla, sa suite ou les autres films, on ne va pas en salle pour assister à un spectacle raffiné soutenu par un scénario magistral. On aimerait évidemment dire que le format du blockbuster n'est pas incompatible avec des qualités narratives mais ces productions coûteuses ont plus tendance à ne pas se fouler sur ce versant.

Godzilla
Godzilla ©Warner Bros. France

La catastrophe de Fukushima aurait pu changer le destin du film

Au tout début des années 2010, ce nouveau Godzilla est en préparation. Mais en 2011 intervient la catastrophe mondialement connue de Fukushima. Les producteurs se mettent alors à douter de ce qu'ils sont en train de faire. Peut-on sortir un film comme celui-là après cet événement ? Pour rappel, il s'agit du plus gros incident nucléaire depuis Tchernobyl. La faute n'est pas humaine mais naturelle. Un tremblement de terre violent a provoqué un tsunami, et la combinaison de ces deux éléments a touché la centrale de Fukushima. Provoquant des morts, un rejet de déchets radioactifs et un traumatisme dans la tête des locaux, les ramenant à une crainte antérieure. Les Américains ne savent pas s'ils tombent au bon moment avec ce reboot, craignant que l'écho avec la réalité joue contre eux. Alors que c'est justement ce qui peut le rendre encore plus pertinent. Cette preuve que nous ne sommes pas à l'abri de cette menace nucléaire. Godzilla en est le fruit, impossible de négliger cette part de son identité.

On parlera bien sûr de hasard du calendrier, car le film n'a pas du tout été monté en réaction à Fukushima. Il a pu cependant en profiter d'une certaine manière, sans opportunisme mal placé. Il est néanmoins regrettable que Godzilla n'étaye pas grandement un propos politique et prenne plus de temps à développer boiteusement un scénario pas trop intéressant. On comprend tout de même que le studio n'ait pas trop voulu s'aventurer sur ce terrain avec les sommes en jeu (un budget hors frais marketing de 160 millions de dollars). À l'inverse de Godzilla Resurgence, qui est lui complètement conscient que Fukushima vient de se passer et s'en sert pour propulser sa narration.

 

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