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Joker : Warner Bros aurait tout fait pour empêcher le film de se faire

Joker : Warner Bros aurait tout fait pour empêcher le film de se faire

Carton financier qui est allé au-delà des espérances, "Joker" n'était pas programmé pour engranger plus d'un milliard de dollars. Toby Emmerich de chez Warner Bros. pensait même que le film ne devait pas se faire. Aujourd'hui, il doit bien regretter d'avoir douté.

Le succès Joker

Le méchant le plus célèbre de l'univers Batman, le Joker a toujours existé en opposition au super-héros. Jamais, au cinéma, il n'avait eu sa propre aventure. Todd Phillips a voulu réparer cette injustice en se lançant dans un projet un peu fou sur les origines du personnage. Pas question de rappeler la version de Jared Leto dans le tristement célèbre Suicide Squad. Avant que Matt Reeves ne décide d'en faire de même avec The Batman, le metteur en scène responsable de Very Bad Trip veut faire un objet cinématographique qui ne se raccroche à aucun autre film existant. Avec des grandes ambitions artistiques et un budget inférieur aux blockbusters DC, il se lance dans un thriller psychologique pour raconter comment Arthur Fleck, un acteur misérable et malheureux s'est transformé en l'un des pires criminels de Gotham.

Géniale idée, que de chercher à entrer dans la tête d'un malade. Todd Phillips sait qu'il va manier une figure culte, ancrée dans la culture populaire. On le connaît tous comme un méchant mais il doit trouver des accroches pour qu'on ait envie de le suivre dans sa démence. Assisté par un Joaquin Phoenix phénoménale dans le rôle, il livre une petite bombe. Non seulement, c'est du beau travail artistiquement, mais c'est aussi un succès fou au box-office avec 1.07 milliard de dollars. Une prouesse pour un film Rated R, qui supplante les résultats de nombreuses autres grosses productions dans le genre.

Joker
Joker © 2019 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. TM & © DC Comics / Niko Tavernise

Le film aurait pu ne jamais se faire

Un récent article de The Hollywood Reporter nous apprend que Warner Bros n'était pas spécialement emballé pour ce projet au début. Le boss du studio, Toby Emmerich, n'y croyait pas du tout et a tenté de décourager le metteur en scène en coupant au maximum le budget. L'affaire était mal engagée pour Todd Phillips, qui s'est battu pour imposer ses idées. Face à une telle détermination, Toby Emmerich est parvenu à trouver une solution qui lui permettait de ne pas trop mettre d'argent en jeu. Il s'est lancé à la recherche d'un partenaire économique acceptant de financer le film. Le projet Joker se lance pour de bon avec une enveloppe de 55 millions de dollars (sans les frais promotionnels). Ce n'est pas rien, mais finalement assez peu pour éviter une énorme déconvenue. Todd Phillips a pu compter sur le soutien de Blair Rich, président du pôle marketing de Warner Bros, qui était persuadé qu'ils avaient une petite bombe entre les mains.

Précédé d'un buzz monumental et d'un Lion d'or glané à la Mostra de Venise, le film récolte 96 millions de dollars lors de son début d'exploitation aux USA. En un rien de temps, l'investissement était remboursé. On imagine la tête de Toby Emmerich quand il a compris qu'il s'était royalement planté sur ce coup. Sa mauvaise estimation aurait pu empêcher le public d'obtenir l'une des meilleurs adaptations de comics de l'histoire du cinéma. En plus des magnifiques retombées financières évoquées précédemment, Joker s'est fait une place dans les plus grandes cérémonies. Joaquin Phoenix a notamment ajouté à son palmarès un Oscar et un Golden Globe. Une suite a quelques fois été évoquée. Si elle doit se faire, Toby Emmerich risque cette fois d'être un peu moins réticent...

 

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