Lorsqu'il commence à travailler sur "King Kong" dans les années 90, Peter Jackson rédige un script avec sa compagne Fran Walsh. Un scénario qu'il réécrit quand il planche à nouveau sur le remake pendant la post-production du troisième volet du "Seigneur des anneaux", notamment parce que sa première version a de nombreux points communs avec un célèbre blockbuster hollywoodien.
King Kong : un rêve d'enfant devenu réalité
Venant d'achever la production titanesque de la trilogie du Seigneur des anneaux, Peter Jackson se lance dans la réalisation de King Kong, remake du classique de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, énorme choc cinématographique qu'il découvre durant son enfance et qui lui donne envie de devenir réalisateur. Le projet est alors dans les tiroirs depuis de nombreuses années, puisque le studio Universal lui propose de le mettre en scène avant la sortie de Fantômes contre fantômes.
S'il accepte cette offre après l'avoir refusée une première fois, c'est parce qu'il ne veut pas qu'un autre cinéaste ruine le film. Interrogé par l'Observer et cité dans la biographie Peter Jackson : From Prince of Splatter to Lord of the Rings de Ian Pryor publiée en 2003, il déclare :
Le fait que ce soit mon film préféré me réconforte un peu. Parce qu'au moins je fais un remake de quelque chose qui me tient à coeur.

King Kong débarque donc dans les salles obscures en 2005. Le long-métrage débute à New York en 1933. Artiste de music hall en difficulté, Ann Darrow (Naomi Watts) se voit proposer de participer à une aventure aussi excitante que dangereuse par le réalisateur Carl Denham (Jack Black) : se rendre à Singapour pour achever un film d'action aux côtés de son équipe et du scénariste Jack Driscoll (Adrien Brody). En réalité, Denham espère se rendre sur "Skull Island", île peuplée de créatures terrifiantes et sur laquelle règne un gigantesque gorille, incarné par Andy Serkis. Thomas Kretschmann, Colin Hanks et Jamie Bell complètent la distribution de ce blockbuster récompensé par trois Oscars : Meilleur effets visuels, Meilleur mixage sonore et Meilleur montage sonore.
Une première version du script proche de La Momie
Dans les années 90, Peter Jackson planche sur une première version du script de King Kong. L'intrigue diffère par plusieurs aspects de celle qu'il réécrit par la suite avec Fran Walsh et Philippa Boyens, ses coscénaristes sur la trilogie du Seigneur des anneaux. Dans un documentaire figurant sur les bonus du Blu-Ray cité par Collider, le cinéaste déclare :
C'était assez léger. Très hollywoodien. Il avait le même ton que La Momie.
Proche collaborateur du réalisateur et spécialiste des effets spéciaux qui a mis en scène Mortal Engines, Christian Rivers se souvient :
Quand j'ai vu La Momie, je me suis demandé : "Ont-ils lu le scénario de King Kong ?"

Peter Jackson et Fran Walsh commencent donc par imaginer un film d'aventure classique, dans la lignée de la saga Indiana Jones. Une version dans laquelle Jack Driscoll, le personnage joué par Adrien Brody, était un ancien pilote de la Première Guerre mondiale souffrant de stress post-traumatique depuis la mort d'un frère d'armes. Un protagoniste charismatique aux nombreux points communs avec Rick O'Connell, le héros de La Momie incarné par Brendan Fraser. À la fin, il tente de protéger Kong, réfugié en haut de l'Empire State Building, des autres aviateurs.
Avant de devenir une artiste de music hall, Ann Darrow était quant à elle une archéologue effectuant des fouilles sur l'île de Sumatra, comme l'explique Christian Rivers :
Ann était une sorte d'Anglaise de la haute société. C'était la fille d'un lord qui était archéologue. Ann, Jack et Carl Denham étaient à Sumatra lorsqu'ils découvraient une ancienne civilisation et l'idée de ce "dieu singe".
Enfin, s'il reste particulièrement fourbe dans le long-métrage de 2005, Carl Denham était ici ouvertement méchant. Lorsqu'il recommence à travailler sur King Kong au début des années 2000, Peter Jackson conserve plusieurs éléments de ce premier scénario, dont le combat entre le singe et les trois T-rex, mais réécrit une version plus fidèle à son modèle.
Des éléments présents dans le long-métrage
Si Universal interrompt en janvier 1997 le développement du long-métrage après six mois de travail, c'est à cause de l'échec de Fantômes contre fantômes mais aussi parce que deux autres films de monstres sont en préparation : Mon ami Joe de Ron Underwood et Godzilla de Roland Emmerich. Selon Peter Jackson, "tout s'est dégradé en quelques semaines" et son script est resté au chaud pendant des années.
Alors que le cinéaste est en pleine post-production de Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, épuisé, Universal relance King Kong. Malgré la fatigue, Peter Jackson accepte de s'y consacrer à nouveau, ne voulant pas rater sa chance. Les avancées technologiques, notamment sur la motion capture, lui permettent de livrer un long-métrage à la fois impressionnant et émouvant, en partie grâce à la performance d'Andy Serkis.