Le Prochain voyage: la tragique et belle histoire qui a inspiré le téléfilm

Le Prochain voyage: la tragique et belle histoire qui a inspiré le téléfilm

Le téléfilm de France 2 "Le Prochain voyage" avec Line Renaud est adapté d'une tragique et belle histoire vraie s'étant déroulée en novembre 2013 à Paris. C'est dans un palace parisien que deux octogénaires avaient décidé de se donner la mort.

Le Prochain voyage : un téléfilm émouvant avec Line Renaud

Ce mercredi 11 octobre, France 2 dédie sa soirée autour d'une question de société majeure et sensible : la fin de vie, et le choix de mourir dans la dignité. C'est dans ce cadre qu'est diffusé le téléfilm Le Prochain voyage, écrit par Laurent Baffie (d'après sa pièce originale), mis en scène par Thierry Binisti, avec Line Renaud et Jean Sorel dans les rôles principaux.

Ils incarnent Jacqueline et Richard, un couple d’octogénaires qui reviennent à l'hôtel où, soixante-trois ans plus tôt, ils avaient vécu leur première nuit d'amour. Dans cette chambre empreinte de souvenirs, ils se remémorent les moments forts de leur vie commune. Au fil du récit, le véritable dessein de leur visite se dévoile. Confrontés à la progression inexorable de la maladie, ils ont choisi de rester unis face à l'adversité et de s'éteindre ensemble, cherchant une fin empreinte de dignité et d'amour.

L'histoire vraie à l'origine du téléfilm

Le téléfilm Le Prochain voyage est inspiré d'une tragique histoire vraie s'étant déroulée à Paris, à l'automne 2013. Bernard et Georgette Cazes, deux octogénaires, avaient choisi de mettre fin à leurs jours dans une chambre du Lutetia, un palace parisien emblématique. Ce couple, uni par une histoire d'amour de six décennies, avait pris cette décision délibérée pour revendiquer le droit à une "mort douce". Tous deux étaient des intellectuels brillants : Bernard, économiste et ancien haut-fonctionnaire du Commissariat général au Plan, et Georgette, professeur de lettres et de latin. Ils avaient coécrit plusieurs ouvrages, dont une biographie d'un "encyclopédiste des lumières" en 1967.

Leur décision de se donner la mort avait été mûrement réfléchie, préparée depuis des "dizaines d'années", selon leur fils, qui s'était confié au Parisien. La maladie de l'un d'entre eux avait renforcé cette volonté. Ils redoutaient davantage la séparation et la dépendance que la mort elle-même. Le choix du Lutetia n'était pas anodin : Georgette y avait retrouvé son père à la fin de la Seconde Guerre mondiale, après sa libération d'un camp de prisonniers en Allemagne.

Le matin de leur décès, un employé de l'hôtel avait découvert les deux amoureux allongés sur le lit, main dans la main, avec un sac plastique sur le visage. À côté d'eux, plusieurs lettres avaient été retrouvées, dont une adressée au procureur de la République. Dans cette lettre, Georgette dénonçait l'absence de loi permettant une mort paisible et revendiquait le droit à la dignité en fin de vie. Elle écrivait : "De quel droit contraindre (une personne) à des pratiques cruelles quand elle veut sereinement quitter la vie ?". Elle exhortait également son fils à poursuivre le combat pour cette cause.

Cette tragique histoire avait soulevé des questions éthiques et législatives en France, notamment sur l'euthanasie et le droit à une fin de vie digne.

Laurent Baffie voulait adapter cette histoire en pièce de théâtre baptisée Les Amants du Lutetia, avec Line Renaud dans le rôle principal. Mais la pièce ne s'est jamais montée. C'est pour cela qu'en 2019, Line Renaud avait convaincu Laurent Baffie d'en faire un téléfilm. La comédienne, membre de l'association Mourir dans la dignité, est très impliquée dans ce combat depuis plusieurs années.