Alors que Davy Jones fait toujours figure de référence parmi les personnages créés en effets visuels, le réalisateur de "Pirates des Caraïbes 2" a tenté de justifier l’esthétique moins convaincante des blockbusters modernes.
Davy Jones, un modèle de personnage créé en effets visuels
La saga Pirates des Caraïbes a été lancée en 2003 avec La Malédiction du Black Pearl. Réalisé par Gore Verbinski, le film a introduit un personnage devenu légendaire grâce à l’interprétation de Johnny Depp : le capitaine Jack Sparrow. Trois ans plus tard, sa suite, Le Secret du Coffre Maudit, a été dévoilée. Et celle-ci nous a présenté un autre personnage ayant fait forte impression auprès des spectateurs : Davy Jones.
Le capitaine du Hollandais volant a marqué les esprits avec son réalisme bluffant. Travaillant pour la société Industrial Light and Magic, John Knoll, Hal Hickel, Charles Gibson et Allen Hall ont logiquement été récompensés de l’Oscar des meilleurs effets visuels pour la création de ce personnage. Vingt ans après la sortie de Pirates des Caraïbes 2, Davy Jones est encore considéré comme l’un des personnages les plus réussis de tous les temps parmi ceux créés numériquement.
L’apparition d’Unreal Engine, « le plus grand pas en arrière »
Malgré les progrès technologiques effectués depuis, les effets visuels des films modernes ne sont pas aussi convaincants que ceux de Pirates des Caraïbes 2. Récemment, le média But Why Tho ? a demandé à Gore Verbinski s’il avait une explication. Le cinéaste a alors donné un élément pour justifier cela. À savoir l’apparition du moteur de jeu vidéo Unreal Engine dans l’univers cinématographique :
Je pense que la réponse la plus simple est que l’on a vu le moteur de jeu Unreal Engine apparaitre dans le paysage des effets visuels. Avant, il y avait une séparation, avec Unreal Engine qui était très bon pour les jeux vidéo. Mais ensuite, les gens ont commencé à penser que les films pourraient peut-être l’utiliser pour les effets visuels. Donc on a eu l’apparition de ce genre d’esthétique du jeu vidéo dans le monde du cinéma.
D’après Gore Verbinski, l’esthétique donnée par Unreal Engine marche pour les films Marvel. Car en tant que spectateur, « vous savez que vous êtes dans une réalité augmentée, pas réaliste ». Mais cette esthétique ne fonctionne pas « d’un point de vue purement photoréaliste ». Le cinéaste regrette que beaucoup de productions hollywoodiennes se soient tournés vers Unreal Engine plutôt que Maya, un logiciel à l’excellente réputation. Selon lui, ce changement est « le plus grand pas en arrière ».
Les éléments réels ne sont plus assez utilisés
Gore Verbinski pense également que l’utilisation d’éléments réels donne un bien meilleur résultat et n’est plus assez utilisée. Il cite par exemple les peintures filmées pour les longs-métrages de Stanley Kubrick ou les miniatures. Ces dernières ont d’ailleurs été énormément utilisées pour la trilogie Le Seigneur des anneaux de Peter Jackson, justement réputée pour son esthétique.
Dans le même ordre d’idées, tourner dans des lieux réels est un concept trop négligé selon Gore Verbinski. Lel réalisateur donne l’exemple du premier Pirates des Caraïbes, dont les scènes sur l’eau ont véritablement été tournées sur un bateau en mer.