Les Dents de la Mer sur Paris Première : retour sur un tournage catastrophe

Un tournage parmi les plus mémorables

Les Dents de la Mer sur Paris Première : retour sur un tournage catastrophe

Considéré comme le premier blockbuster estival et chef-d'oeuvre indémodable, "Les Dents de la Mer" est aussi célèbre pour son tournage qui n'a pas été de tout repos. Steven Spielberg a notamment fait sauter le budget initial ainsi que le planning.

Les Dents de la Mer : le film de requin ultime

Parlez à quiconque des films de requin et Les Dents de la Mer ne tardera jamais à être évoqué. Pour son second long-métrage, Steven Spielberg a délivré rien de moins qu'un pur classique du cinéma. L'histoire se déroule au sein de la petite station balnéaire d'Amity. Lorsqu'elle est touchée par les attaques d'un requin, toute la population s'inquiète. Le nouveau chef de la police, Martin Brody (Roy Scheider), est dépassé par les événements et va faire son possible pour chasser le prédateur. Pas la peine de parler longuement du scénario tant la grande majorité a déjà vu cette leçon de mise en scène. Si on connaît le film pour ses qualités artistiques, on peut aussi parler de son tournage légendaire émaillé par de nombreux problèmes.

Un planning et un budget qui explosent

Sur le papier, le tournage doit se faire en 55 jours. Très vite, Steven Spielberg et les autres comprennent que cette aventure va durer plus longtemps. La situation dégénère et il faut au final plus de 150 jours pour arriver au bout des opérations. L'enveloppe initiale est de seulement 2,5 millions de dollars, ce qui est une somme complètement dérisoire pour un film considéré comme le premier blockbuster estival. Sauf qu'il faudra presque plus de 10 millions en tout pour compléter la production.

Même avec ce budget imprévu à l'origine, le succès de Les Dents de la Mer reste impressionnant. Rien que pour son premier week-end d'ouverture aux USA, le film rapporte 7 millions de dollars. Il devient rapidement le plus gros succès de tous les temps, en dépassant les 100 millions dans le monde. Au bout du compte, et à l'aide des ressorties, le total culmine à 472 millions (hors inflation).

Les Dents de la Mer
Les Dents de la Mer ©Universal Pictures

Un requin capricieux, des soucis qui s'accumulent

Cette carrière effectuée avec brio dans les salles permet d'avoir un dénouement heureux, mais des gros doutes ont pu émerger durant le tournage. Le requin mécanique, déjà, a donné du fil à retordre. Trois versions de celui qu'on a surnommé "Bruce" (en hommage à l'avocat "teigneux"de Steven Spielberg, Bruce Raynor) ont été utilisées et chacune a coûté 250 000 dollars. De quoi faire grimper l'addition et provoquer des crises de nerf.

Tourner dans l'eau n'est jamais simple. Les dysfonctionnements se sont accumulés pour cette raison. Une partie du retard pris doit être imputée au requin. On remarque, d'ailleurs, que la bête n'est pas souvent montrée à l'écran. Pourtant, Steven Spielberg voulait qu'on le voit plus souvent !

Les Dents de la Mer
Les Dents de la Mer ©Universal Pictures

Outre le requin, le metteur en scène doit composer avec les caprices des syndicats qui font le forcing pour que l'équipe soit composée de membres syndiqués et la vie sur l'île de Martha's Vineyard n'est pas de tout repos. Les locaux réservent un traitement dur à la production, avec un prix des chambres qui augmente étrangement de plusieurs dizaines de dollars, pendant les camionneurs exigent leur part du gâteau en forçant l'équipe à se déplacer en bus.

On peut aussi parler de ce moment où le bateau Orca a coulé ainsi que du comportement Robert Shaw. Ce dernier ne portait pas dans son coeur Richard Dreyfuss et s'illustrait par sa dépendance à l'alcool ou encore par son absence causées par des retours fréquents au Canada afin de gérer des problèmes financiers. Steven Spielberg a eu le droit à tout mais a tenu bon, malgré son inexpérience. S'il a depuis connu d'autres soucis, aucun de ses tournages n'a été similaire au parcours du combattant qu'a été celui de Les Dents de la Mer.

 

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