Les Olympiades : comment Jacques Audiard et ses acteurs ont-ils préparé les scènes de sexe ?

Quatre personnages se désirent, se repoussent et se retrouvent dans "Les Olympiades". Pour garantir la "vraisemblance" des scènes de sexe, Jacques Audiard a laissé ses acteurs travailler avec plusieurs coachs en amont du tournage, leur permettant ainsi de briser la pudeur entre eux.

Les Olympiades : le noir et blanc parisien de Jacques Audiard

Après le western ocre, poussiéreux et mélancolique Les Frères Sisters, Jacques Audiard change de décors, de registre et de tonalité avec Les Olympiades. Bénéficiant d'un noir et blanc sublime composé par le directeur de la photographie Paul Guilhaume (Adolescentes, Ava), reposant sur un scénario coécrit par Céline Sciamma, Léa Mysius et le réalisateur d'Un prophète, le film raconte plusieurs destins qui se croisent, le plus souvent dans le treizième arrondissement de Paris.

Il y a tout d'abord Émilie (Lucie Zhang), serveuse dans un restaurant des Olympiades qui recherche un colocataire. Elle jette son dévolu sur Camille (Makita Semba), avec lequel elle couche en toute amitié. Camille se rapproche ensuite de Nora (Noémie Merlant), qui entretient quant à elle une amitié avec Amber (Jehnny Beth), pour laquelle elle développe des sentiments amoureux malgré les centaines de kilomètres qui les séparent. Visiblement perdus entre amour et amitié, ces quatre personnages devraient bien finir par s'y retrouver...

Sélectionné au Festival de Cannes et nommé dans cinq catégories aux César, ce film sorti en 2021 et adapté de trois nouvelles graphiques d'Adrian Tomine offre une vision inédite de Paris, plus géométrique et carrée, à l'inverse des sentiments fluctuants et en perpétuelle évolution de ses protagonistes attachants.

"On a appris à nos corps à se connaître"

Pour que les scènes de sexe fonctionnent, Jacques Audiard décide de s'en remettre avant tout à ses acteurs. Interrogé par Madame Figaro, le réalisateur explique :

Ces scènes, comme la violence, sont compliquées à mettre en œuvre. J'ai donc décidé de les déléguer à mes acteurs. Ils ont répété pendant deux mois sans que je n'intervienne. M'en remettre intégralement à eux, c'était les laisser manœuvrer avec leur pudeur et fixer leurs limites dans une quête commune de vraisemblance.

Lors de ces répétitions, ils travaillent avec plusieurs coachs, parmi lesquels la chorégraphe Stéphanie Chêne. Au cours d'un entretien pour le Huffpost, Lucie Zhang et Makita Semba déclarent :

En fait, on a beaucoup dansé. On a appris à nos corps à se connaître.

Noémie Merlant assure quant à elle dans le dossier de presse :

Les corps parlent autant que les mots, et nous voulions raconter un maximum de choses à travers ces scènes d’intimité. Beaucoup de gestes étaient donc chorégraphiés, comme une danse. Or, plus une scène de sexe est préparée, comme quelque chose qui doit donner du sens, plus ça devient du travail, et plus ça détend.

https://www.youtube.com/watch?v=Ac1Yk6_aHLo

De quoi permettre aux comédiens de ne plus être bloqués par leur pudeur au début du tournage. En plus de poser un nouveau regard sur la capitale, le noir et blanc a ensuite instauré une distance entre les corps des acteurs et le spectateur. Une manière de créer des séquences intimes mais en aucun cas voyeuristes ou gratuites.