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Les Trois Frères : quand Les Inconnus explosaient le box-office et gagnaient un César

Les Trois Frères : quand Les Inconnus explosaient le box-office et gagnaient un César

"Les Trois Frères" est la géniale comédie des Inconnus et emblème comique du cinéma français des années 90. Avec Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan, le film réussit leur passage depuis la scène et la télévision au grand écran avec brio. Retour sur un des plus beaux et surprenants succès du box-office français.

Les Nuls ont La Cité de la peur, Les Inconnus ont Les Trois Frères. Deux films comiques majeurs du cinéma français, sortis respectivement en 1994 et 1995. Les cinéphiles et les amateurs des deux formations disposent avec ces films d'une matière formidable pour explorer deux mondes comiques, deux univers aux codes et aux ambitions différentes. Si La Cité de la peur bénéficie aujourd'hui d'un statut culte supérieur à celui des Trois Frères, et d'une estime critique très amoureuse nourrie par la hype constante d'Alain Chabat, on oublie souvent que Les Trois Frères est une réussite industrielle exceptionnelle, beaucoup plus importante que celle du film des Nuls, pourtant déjà un carton. On remet ici son idée, qui n'apportait pas sur le papier beaucoup de garanties :

Trois demi-frères, des hommes très différents et qui ne se connaissent pas, se rencontrent chez le notaire. Leur mère est décédée et leur lègue 3 millions de francs. Mais, bien décidés à chacun prendre leur part et ne plus se revoir, l'irruption d'un petit garçon dans leur vie et finalement l'impossibilité de toucher cet héritage vont faire dégénérer la situation et les conduire dans des situations improbables...

1995, l'année du règne

En 1994, Le Roi Lion trône au box-office et passe la barre des 10 millions d'entrées en France. Un Indien dans la ville le suit avec 7,8 millions d'entrées, devant des productions comme Forrest Gump (5ème), Léon (7ème), et enfin La Cité de la peur à la 13ème place avec presque 2,3 millions d'entrées. En 1995, changement à la ligne d'arrivée pour un box-office surprenant. À la première place, Les Trois frères avec 6,9 millions d'entrées, bien devant le 3ème, Pocahontas de Disney avec 5,6 millions de spectateurs, et encore plus loin devant GoldeneyeUne journée en enfer, Le Hussard sur le toit, Apollo 13 et le monument La Haine (14ème) qui comptabilise lui à peine plus de 2 millions d'entrées. La production hollywoodienne ne manquait pas en 1995 (Bad Boys, Braveheart, Stargate, Usual Suspects...) mais c'est bien un Top 5 quasi entièrement français, avec donc le film des Inconnus, Les Anges Gardiens en 2ème position, Pocahontas, puis Le bonheur est dans le pré et Gazon maudit.

Les Trois frères

La réussite des Trois Frères s'écrit comme dans un rêve : celui de la consécration d'un trio comique arrivé au sommet de sa gloire, très populaire sur scène comme à la télévision, pourvoyeur de sketches cultes et de parodies musicales inoubliables. Le film, réalisé par Didier Bourdon et Bernard Campan, est un succès phénoménal dans les salles et remporte en 1996 le César de la meilleure première oeuvre, dans une cérémonie par ailleurs dominée par La Haine de Mathieu Kassovitz. Les Trois Frères est actuellement à la 86ème place des 100 plus gros succès du box-office en France, juste dépassé par Avengers : Endgame, qui compte 45 000 entrées supplémentaires (6,94 millions)...

Un modèle de comédie dont les "suites" soulignent la grande qualité

Dans Les Trois Frères, tout le monde en prend pour son grade : les racistes, les conservateurs, les snobs, les beaufs, les enfants, les notaires et les publicitaires, et tout coule de source. Une des grandes qualités du film est la façon dont les auteurs ont réussi à adapter au format du long-métrage les personnages et les situations plus caricaturales de leurs sketches. On retrouve exactement l'esprit moqueur mais subtil du sketch sur les chasseurs, ou encore celui de l'hôpital, mais dans une histoire au long cours où se mélangent escroqueries et mesquineries, enlèvement et travestissement d'enfant, alcool et drogues, dans une comédie "familiale". De "cent patates" à "Y'a Bambi qui dort" en passant par les œuvres d'art de Koendelietzsche et Whiteman, l'amplitude du registre comique du film est vaste, touchant à la blague potache et au comique de répétition, à l'humour noir et à l'autodérision, et la maîtrise de ces ressorts permet de toucher un très large public. À la fois un premier essai et une très grande réussite, la magnifique alchimie des Trois Frères s'est-elle reproduite par la suite ?

Parce qu'il a été suivi d'autres films siglés Les Inconnus : resserrés sur Didier Bourdon et Bernard Campan avec Le Pari (1997) et L'Extra-terrestre (2000), puis Les Rois mages (2001) et Les Trois Frères : le retour en 2014. Des productions au succès plus aléatoire. Mais ces autres aventures cinématographiques de la bande permettent de mesurer combien ce premier film ensemble est réussi, infiniment drôle et sans aucun temps mort, et qui prend de très jolies rides avec le temps.

 

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