Locke : cette astuce mise en place pour que Tom Hardy découvre son texte pendant le tournage

Une supercherie invisible à l'écran !

Locke : cette astuce mise en place pour que Tom Hardy découvre son texte pendant le tournage

Des séquences filmées d'une traite en pleine nuit sur l'autoroute, des répliques non apprises par Tom Hardy, une volonté de ne rien enregistrer au préalable... Retour sur le tournage de "Locke", long-métrage du réalisateur Steven Knight.

Locke : un défi de taille pour le tournage

Présenté au Festival de Venise en 2013, puis sorti en France le 23 juillet 2014, Locke nous emmène sur l'autoroute à bord d'une BMW conduite par Tom Hardy. Dans la nuit noire illuminée des seules lumières de voitures et de l'éclairage routier, Ivan Locke fait face aux conséquences de ses actes. Durant 1h30, montre en main, l'homme multiplie les coups de téléphone au volant de son bolide allemand. Sa famille, son travail et sa vie tout entière dépendent de cette soirée.

Un long-métrage entièrement filmé à l'intérieur d'un véhicule, si on oublie les quelques secondes du début du film. Steven Knight, le réalisateur et scénariste, place les caméras à tous les angles possibles pour filmer son acteur. Et réalise une tâche compliquée : tenir le rythme de Locke avec comme seuls plans les mines déconfites de Tom Hardy, la route, ainsi que la voiture elle-même. Le film se déroule en temps réel.

Locke
Ivan Locke (Tom Hardy) - Locke © Metropolitan Filmexport

Pour boucler Locke, Steven Knight n'a eu besoin que d'une semaine. Seul bémol : changer la carte mémoire des caméras, l'objectif, et l'angle des prises de vues toutes les 27 minutes. Le réalisateur dévoile les coulisses de son œuvre lors d'une discussion avec Tom Hardy pour IndieWire :

Avec ce film, l'idée était d'être presque naïf et de prendre toutes les caméras dans la voiture et de filmer le film entier du début à la fin, à chaque fois. Je dirais donc une fois "action" et c'est tout.

Et pour tourner sur l'autoroute, rien de plus simple. L'équipe du film place la BMW sans les roues sur une remorque. Ainsi, le véhicule se trouve à la même taille que les autres sur la voie.

Une belle supercherie

Lors du festival de Venise en 2013, Tom Hardy révèle une des supercheries du long-métrage. À trois jours du début du tournage, le synopsis écrit par Steven Knight de 30 pages triple de volume et monte à 90 pages. Pour son rôle, l'acteur de Mad Max : Fury Road se prépare dans la panique. Il avoue lui-même ne pas connaître son texte au moment du tournage :

J'ai tout lu sur un prompteur, je ne connaissais pas mes répliques. Je lis tout le long. Et je trouvais ça excitant parce que je n'avais jamais joué dans un film où je ne savais pas du tout ce que je faisais.

Deux scripts se trouvent devant lui, ainsi qu'un troisième dans le rétroviseur. Une idée astucieuse qui n'enlève rien à la belle prestation de Tom Hardy. Isolé dans sa voiture, il n'est pourtant pas le seul acteur crédité au film. Parmi eux, les noms d'Olivia Colman, Ruth Wilson, Andrew Scott, Ben Daniels, et même le futur Spider-Man Tom Holland figurent au générique. Ce sont les voix originales des appels passés sur la route.

Donnant la réplique à Tom Hardy, ces acteurs travaillent chaque nuit de tournage à l'intérieur d'une salle de conférence. Steven Knight ne souhaite pas d'enregistrements, voulant un film au plus proche du réel. Dans l'ordre précis, ils conversent un à un avec le personnage principal. Le réalisateur est bluffé par leur travail, comme il l'explique à IndieWire :

Je n'arrive pas à croire qu'ils l'aient fait, bien qu'il ne s'agisse que de voix. Ils ont travaillé de neuf heures du soir à quatre heures du matin.

Comme quoi, chaque film possède des secrets. Et le spectateur n'y voit que du feu !