ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Martyrs : retour sur le tournage tendu d'un des meilleurs films d'horreur français

Martyrs : retour sur le tournage tendu d'un des meilleurs films d'horreur français

Coup de pied dans la fourmilière du cinéma français, le "Martyrs" de Pascal Laugier est une œuvre puissante et dérangeante qui n'est clairement pas recommandée à tout le monde. Avant la polémique lors de sa sortie, le tournage a été émaillé par de nombreux problèmes.

Le choc Martyrs

La France n'est pas la contrée la plus prolifique quand il s'agit de cinéma de genre. Une partie du public aimerait que l'industrie ose aller davantage dans cette direction, même si elle s'avère très rarement en capacité de faire sauter les compteurs du box-office. C'est ce contexte vaguement parsemé de propositions qui rend les petits miracles comme Martyrs encore plus remarquables.

Après un premier essai intéressant mais un peu trop sage (Saint Ange), Pascal Laugier décide de mettre sa rage du moment en images et pond un film à l'opposé du précédent. La mise en scène très soignée devient ici mouvante, désorganisée. Le fantastique, lui, se transforme en une horreur brutale, matérialisée par une violence exacerbée à la limite de l'insoutenable.

Martyrs : retour sur le tournage catastrophique d'un des meilleurs films d'horreur français

Martyrs débute sur l'évasion d'une jeune fille de 10 ans, Lucie. Portée disparue, elle aurait été enlevée par des gens qui ne se sont pas privés de la torturer. Qui sont-ils ? Personne ne le sait. Elle va alors être placée dans un hôpital spécialisé pour l'aider à se remettre de ce traumatisme. C'est là qu'elle rencontre Anna, une autre jeune fille de son âge. Des années après, Lucie retrouve ses bourreaux, des parents d'une famille classique. Elle prendra sa vengeance, armée d'un fusil. Mais ses démons sont toujours présents et Anna va sombrer avec elle dans un cauchemar d'une noirceur abyssale.

Un tournage sur un fil

Avec toute la violence qui est mise à l'écran, Martyrs frôle l'interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie, ce qui aurait annihilé toutes ses chances de remporter un peu d'argent. De cette polémique, qui remonta jusqu'aux oreilles de l'État, le film a pu bénéficier d'un petit buzz. Au final, il récolta l'interdiction aux moins de 16 ans qui était réclamée, pour lui permettre d'avoir une carrière honorable dans les salles. Un dénouement acceptable mais tout ce qui le précéda aura été un processus douloureux pour le réalisateur et l'équipe.

De son propre aveu, Pascal Laugier voulait trancher avec ses intentions de Saint Ange, et ainsi revoir complètement sa façon de travailler. La préparation était déjà annonciatrice de ce qui allait suivre. À cinq semaines du début du tournage, la maison qui doit servir de décor principal n'est toujours pas trouvée. Rien n'obtenant l'approbation de Laugier, le lieu est intégralement construit à trois semaines du lancement des prises de vue. Un challenge temporel et financier, car Martyrs est une production fragile qui ne peut se permettre de trop dépasser son enveloppe. L'exploit fait, tout peut commencer. Pascal Laugier, qui se caractérise comme "un râleur", va opter pour un tournage qui cède parfois aux sirènes de l'improvisation. Il sait où il veut aller mais ne s'enferme pas dans une préparation trop élaborée. Il confesse, dans l'excellent making-of, avoir voulu "découvrir le film faisait au moment où le faisait."

Martyrs : retour sur le tournage catastrophique d'un des meilleurs films d'horreur français

Le travail au quotidien n'est pas simple, Pascal Laugier perd parfois confiance en son projet et sombre dans le doute. Rien ne va s'arranger avec la blessure de Morjana Alaoui, qui marche sur une plateforme non sécurisée et chute de plus de deux mètres, avec une triple fracture à la clé. La comédienne doit patienter un mois avant de retrouver le chemin du plateau. L'équipe doit se débrouiller pour travailler sans elle dans la mesure du possible, alors qu'il s'agit de la dernière ligne droite. On le redit : Martyrs est une petite production qui ne peut se permettre des extras, tout se fait dans la vitesse et un accident de la sorte se présente comme un énorme problème à surmonter. Au bout d'un processus douloureux, Martyrs voit le jour et tout ce qu'on vient de raconter - ces galères - participent à son énergie si particulière et harassante.

 

Voir aussi

Les Dents de la mer : le dernier modèle existant du requin rentre au musée

Les Dents de la mer : le dernier modèle existant du requin rentre au musée

En 1975, un grand requin blanc terrorise la petite île d'Amity, sur la côte est des États-Unis. C'est l'histoire du film de Spielberg "Les Dents de la mer", et 45 ans après le dernier modèle du requin utilisé pour le film fait son entrée au musée.