Miss Peregrine et les enfants particuliers : quand Tim Burton s'agaçait de certaines critiques

Le cinéaste ferait trop peur

Miss Peregrine et les enfants particuliers : quand Tim Burton s'agaçait de certaines critiques

Avec "Miss Peregrine et les enfants particuliers", Tim Burton continue de s’intéresser aux marginaux et aux créatures inquiétantes. Durant la promotion, le réalisateur est interrogé à plusieurs reprises sur la sensibilité du jeune public vis-à-vis de ses films. Et le cinéaste s’agace de certaines remarques…

Miss Peregrine et les enfants particuliers : une nounou d’enfer

Sorti en 2016, Miss Peregrine et les enfants particuliers est l’adaptation de l’ouvrage éponyme de Ransom Riggs, qui compte à ce jour cinq suites. Le point de départ de la création de cet univers pour l’auteur est la découverte d’étranges photos d’époque, sur lesquelles une jeune fille lévite, ou un petit garçon est recouvert d’abeilles.

Des clichés qui séduisent Tim Burton lors de sa lecture du roman fantastique. Le cinéaste s’en empare ensuite avec l’aide de la scénariste Jane Goldman (Kick-Ass, Kingsman : Services secrets) et le transpose à l'écran. Pour prêter ses traits à la bienveillante Miss Peregrine, le réalisateur fait appel à Eva Green, après leur rencontre artistique sur Dark Shadows.

Miss Peregrine et les enfants particuliers
Miss Peregrine (Eva Green) - Miss Peregrine et les enfants particuliers © 20th Century Studios

La comédienne incarne donc Ombrune, une femme ayant la capacité de se transformer en oiseau, chargée de protéger un groupe d’enfants dotés de pouvoirs. Afin de les préserver, dans son immense demeure située au Pays de Galles, elle crée une boucle temporelle à la date du 3 septembre 1943. Un cocon dans lequel parvient à entrer le jeune Jake (Asa Butterfield), en suivant les indices laissés par son regretté grand-père Abe (Terence Stamp).

Jake comprend alors qu’il a lui aussi toujours eu un don. L’adolescent a la faculté de voir les Sépulcreux, de terrifiantes créatures menées par le terrible Barron (Samuel L. Jackson), qui traquent les enfants particuliers dans le but de dévorer leurs yeux pour conserver une apparence humaine.

Ella Purnell, Chris O’Dowd, Judi Dench, Allison Janney, Rupert Everett et Kim Dickens complètent la distribution du long-métrage, tourné entre la Floride, la Belgique et le Royaume-Uni.

Des films trop inquiétants pour le jeune public ?

De Beetlejuice à Frankenweenie, en passant par Edward aux mains d’argent, Tim Burton s’est toujours penché sur des marginaux, sur des hommes ou des monstres inquiétants de prime abord. Une tradition que le réalisateur perpétue avec Miss Peregrine et les enfants particuliers. Outre les Sépulcreux, le film présente également des jumeaux gorgones ou encore la petite Claire, qui possède une énorme bouche à l’arrière de sa tête.

Miss Peregrine et les enfants particuliers
Miss Peregrine et les enfants particuliers © 20th Century Studios

Lors de la promotion du long-métrage, le cinéaste revient sur sa filmographie singulière, sur son amour pour les créatures et les contes. Et lorsque le journaliste Igor Hansen-Love lui demande au cours d’une interview pour L'Express axée autour du ras-le-bol s’il n’en a "pas marre de faire peur aux enfants", Tim Burton s’agace de certaines remarques. Le réalisateur répond :

Ah non ! En revanche, j'en ai vraiment ras-le-bol des adultes qui me disent que mes films sont trop noirs, trop glauques et trop effrayants. Quand Beetlejuice et L'Étrange Noël de monsieur Jack sont sortis, on m'a dit que j'allais traumatiser tout le monde ! Il ne s'est rien passé. Quand Batman : Le défi est passé au cinéma, on m'a reproché d'avoir excessivement noirci le personnage de la BD. Hé ! Oh ! Vous avez vu la violence des Batman qu'on réalise aujourd'hui ? Vous avez vu les horreurs auxquelles les enfants sont confrontés quotidiennement à la télé ? Je ne sais pas si ces commentaires relèvent de l'hypocrisie ou de la stupidité.

"Tous les contes sont effrayants"

Pour Tim Burton, le problème ne vient donc pas des enfants et de leur sensibilité, mais des adultes. Quand Le Point s’interroge aussi sur le fait que Miss Peregrine et les enfants particuliers soit destiné au jeune public, le cinéaste explique là encore :

On me dit depuis le début de ma carrière que mes films sont trop sombres. "Oh, L'Étrange Noël de monsieur Jack est trop effrayant pour les enfants", etc., etc. Mais non, il ne l'est pas : ce sont les adultes qui pensent que les enfants vont avoir peur ! Miss Peregrine, par exemple, est fait dans l'esprit des grands contes de fées. Tous les contes sont effrayants, certains sont même horribles. C'est une façon pour les enfants de mieux appréhender la réalité, d'apprendre à travers l'abstrait en faisant face émotionnellement.

Le réalisateur ajoute que les films d’horreur et de monstres restent quoi qu'il en soit moins effrayants que "notre propre imagination". Une imagination alimentée par des longs-métrages inoubliables comme Batman : Le défi ou Sleepy Hollow, La légende du cavalier sans tête pour plusieurs générations de spectateurs, qui auraient du mal à le contredire.

 

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