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Mission Impossible 3 : mais au fait, c'est quoi la patte de lapin ?

Mission Impossible 3 : mais au fait, c'est quoi la patte de lapin ?

En 2006, J.J. Abrams est chargé de mettre en scène « Mission : Impossible 3 ». Six ans après le film de John Woo, Ethan Hunt est de retour, incarné par l'infatigable Tom Cruise. Le film se concentre sur un objet, la patte de lapin, qu'on ne voit jamais. Retour sur ce clin d'oeil de J.J. Abrams.

Mission Impossible 3 : le premier film de J.J. Abrams

Sorti en 2006, Mission : Impossible 3 est le premier long-métrage réalisé par J.J. Abrams. Âgé à l'époque d'à peine quarante ans, il est placé à la direction de ce nouvel opus par Tom Cruise lui-même. Ce dernier, producteur de la franchise, était à l'époque désireux de proposer pour chaque nouveau film un réalisateur très différent. C'est en voyant certains épisodes de Lost, que l'acteur décide d'offrir à J.J. Abrams la réalisation de ce nouveau volet. Pour l'occasion, le cinéaste récupère un budget de plus de 150 millions. Soit le plus gros budget alloué à un réalisateur novice à l'époque. Un pari qui s'est avéré payant puisque le film a rapporté plus de 398 millions de dollars au box-office.

Mission Impossible III sur W9 : mais au fait, c'est quoi la patte de lapin ?

Outre le retour de Tom Cruise, le reste du casting se compose notamment de Ving Rhames, de Michelle Monaghan, de Jonathan Rhys-Meyers, du regretté Philip Seymour Hoffman et de Simon Pegg, dans la peau de l'analyste Benji Dunn. Dans ce nouvel épisode, Ethan Hunt cherche à tourner la page. Il essaye de mener une vie normale avec son épouse, mais lorsque l'une de ses amies tombe au combat, le voilà replongé dans l'enfer de ce monde dangereux, aux prises avec un ennemi redoutable : Owen Davian (Philip Seymour Hoffman). Ethan Hunt veut retrouver ce dernier. Grâce à l'aide de Benji, il apprend que celui-ci sera prochainement au Vatican pour récupérer un mystérieux objet : la patte de lapin. Mais le grand méchant parvient à s'échapper, kidnappe la femme d'Ethan Hunt, et oblige l'agent secret à livrer la patte de lapin en échange de sa libération.

Mais au fait, c'est quoi la patte de lapin ?

Elle est au centre de l'intrigue et sur toutes les lèvres. Il s'agit de la patte de lapin. L'objet de toutes les convoitises. Pourtant, cet énigmatique objet restera inconnu, laissant les spectateurs sans réponse. Jamais J.J. Abrams ne dévoilera la nature de cette patte de lapin. Une manière de jouer avec les nerfs de l'audience, et de montrer son talent de scénariste. Le jeune cinéaste offre une petite pirouette d'écriture en utilisant un procédé bien connu dans le milieu du septième art : le MacGuffin.

Mission Impossible III sur W9 : mais au fait, c'est quoi la patte de lapin ?

Un MacGuffin est un élément scénaristique régulièrement utilisé au cinéma. C'est un ingrédient moteur de la narration, dont la nature n'a pas vraiment d'importance. Concrètement, c'est un simple prétexte qui sert le développement de l'histoire. Souvent, c'est un objet matériel que le spectateur ne verra jamais. Un objet peu familier, dont la description reste volontairement vague. Lors de l'introduction de l'œuvre, ce ressort scénaristique a une importance capitale au sein de l'intrigue. Mais c'est en réalité le réalisateur qui se joue de son assistance puisque très vite, le récit révèle que ce fameux élément n'est que de la poudre aux yeux. Un simple détail qui sert à capter l'attention du public avant de disparaître étouffé par la présence d'autres éléments scénaristiques. En gros, pour résumer succinctement, c'est un objet qu'on ne verra jamais. Son emploi est principalement associé à Alfred Hitchcock.

Ainsi, la Patte de Lapin de Mission : Impossible 3 est un bon exemple de MacGuffin. C'est un simple prétexte au déroulement de l'intrigue, et le nom d'un objet que le spectateur ne verra jamais. Elle est présente uniquement parce que le film doit aller quelque part. Et on se demande toujours si c'est parce que J.J. Abrams manquait d'idées pour conclure son film. Ou si c'est parce qu'il voulait simplement rendre hommage au maître incontesté du 7ème art.

Le MacGuffin, jeu de scénariste et de cinéma

Mission Impossible III n'est évidemment pas le seul film à utiliser ce dispositif. Le MacGuffin est souvent utilisé par Alfred Hitchcock dans ses films. S'il n'en est pas le seul penseur, c'est clairement lui qui en a énoncé le principe et l'a popularisé sur grand écran. Selon lui, son meilleur MacGuffin est celui de La Mort aux Trousses, car les secrets du gouvernement dont il est question dans le film ne sont jamais dévoilés. L'homme derrière Les Oiseaux a utilisé ce procédé à de nombreuses reprises. Comme dans Psychose par exemple, avec l'argent volé qui perd très rapidement en importance, remplacé par la folie de Norman Bates, aussi dans Les 39 Marches, avec sa fameuse formule secrète qui restera justement secrète, dans Les Enchaînés et ses bouteilles de vin sans conséquence, ou encore avec les bijoux dans La Main au Collet. Bref, Hitchcock a souvent utilisé cette technique d'exposition, en usant du MacGuffin pour introduire son récit avant de l'emmener vers des horizons insoupçonnés.

Mission Impossible III sur W9 : mais au fait, c'est quoi la patte de lapin ?

Depuis, le MacGuffin est utilisé partout, tout le temps, et ce par de nombreux artistes en tout genre. Quentin Tarantino s'est livré à cet exercice, notamment dans Pulp Fiction, où la mallette de Marcellus est un élément MacGuffin frappant. Si le personnage de John Travolta a la chance de contempler l'intérieur de la mallette, il n'en sera rien pour les spectateurs. Le krypton dans Frantic ou le Zephyr dans Night and Day sont également de parfaits exemples de ce qu'est un MacGuffin : des initiateurs d'intrigue qui n'ont finalement pas l'importance escomptée. Dans The Big Lebowski c'est le tapis, dans Indiana Jones 4 c'est le crâne de cristal, dans Le Seigneur des Anneaux il s'agit de l'anneau. Bref, vous avez compris l'idée !

Ainsi, J.J. Abrams utilise ce fameux procédé dans son Mission Impossible 3. Une manière de rendre hommage à ses pairs mais également de prouver son talent d'écriture. Et il semblerait que cette manoeuvre ait fonctionné, puisque depuis J.J. Abrams possède sa propre boite de production et a activement participé à deux des plus grandes franchises de tous les temps : Star Wars et Star Trek.

 

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