Notre rencontre avec l'équipe de The Island !

Notre rencontre avec l'équipe de The Island !

Quelques jours avant la sortie très attendue de The Island, qui s'apparente de plus en plus comme LE film de cette fin d'été, Ewan McGregor, Scarlett Johansson, Sean Bean, Djimon Hounsou et le réalisateur Michael Bay se sont prêtés au jeu des interviews dans une suite luxurieuse du Claridge's Hotel, en plein cœur de Londres…

Londres, dimanche 7 août, 11h30. Plusieurs dizaines de journalistes venus de toute l'Europe patientent dans une somptueuse chambre d'un immense palace tout prêt d'Oxford Street, en buvant le traditionnel thé anglais. A quelques mètres de là, l'équipe de The Island répond déjà aux questions des plus chanceux. Cinq minutes avec Sean Bean, Djimon Hounsou et Michael Bay, quatre minutes avec le duo Scarlett et Ewan… C'est peu, trop peu, mais le résultat est comme le film : tout bonnement explosif.

The Island vu par Scarlett Johansson et Ewan Mcgregor : => Voir la réponse en images

Miser sur Ewan Mcgregor et Scarlett Johansson pour former le couple vedette d'un film à très gros budget était un pari inattendu et plutôt gonflé. Ewan, fraîchement séparé de sa cape de chevalier jedi, était, avant son excursion en pleine guerre des étoiles, plus connu pour ces rôles intimistes et britanniques. Même chose pour la somptueuse Scarlett Johansson, nouvelle icône glamour et fantasme de toute une génération, qui fait ici son premier grand bain dans le milieu des blockbusters. Loin des super stars internationales attendues dans ce genre de film, Ewan mcGregor et Scarlett Johansson étonnent dans leurs joggings plus blancs que blancs, et le couple vedette se transforme en couple so glamour. Leurs sourires complices pendant les interviews en dit long sur leur rencontre et leurs réponses complémentaires et amusées sur leur nouvelle notoriété.

"Si j'aimerais avoir un clone ? Non, du moins pas maintenant, je n'ai jamais ressenti l'envie ou le besoin de vivre plus longtemps, d'être immortel…" répond catégoriquement Ewan. Echange de sourire complice… "Enfin, je vais vous dire pour quelle raison j'aimerais avoir un clone…" Scarlett : "pour les interviews ?" Eclat de rire du duo : "Oui ! Et puis aussi pour tout ce qui administratif, j'ai horreur de ça…" Largement habitués aux questions des journalistes, les deux acteurs enchaînent les réponses à la vitesse de l'éclair, sauf quand une demande inhabituelle vient perturber la machine bien huilée : est-ce que vous avez peur des serpents ? "Non, répond Ewan tout étonné, non… Pourquoi vous nous demandez ça ?? " La fatigue, le stress, on ne saura jamais pourquoi Ewan a oublié cette fameuse scène du film, peu importante certes, mais plutôt étonnante... Ce que Scarlett s'empresse de lui rappeler ! "Oh la la…"

Nouvel éclat de rire, la machine repart de plus belle et les deux acteurs, détendus, continuent de confier à qui veut bien l'entendre leur vision de The Island. "Ce film est sans conteste un thriller contemporain, puisqu'il se passe dans un futur très proche." explique Ewan… "Un futur pourtant improbable, complète Scarlett, cette idée de cloner des hommes en intégralité, et d'obtenir, après trois moins de gestation, un humain adulte et totalement identique au premier, est de la pure spéculation. En même temps, le clonage existe alors, qui sait où cela va s'arrêter…" (se tournant vers Ewan) "Tu sais qu'ils ont réussi à cloner un chien, un lévrier afghan ? S'en suit ensuite une petite discussion sur le pourquoi du comment du lévrier afghan, tout en se demandant pourquoi personne n'a demandé son avis à Scarlett, avant d'obtenir d'Ewan la confession suprême : "Moi j'aurais cloné un beagle"…

Au-delà de la performance physique des deux acteurs, qui ont eux-mêmes effectués toutes leurs cascades, Ewan Mcgregor nous offre également une jolie scène où le clone rencontre le commanditaire, et où l'acteur, d'origine écossaise, s'amuse à passer d'un accent à l'autre. "Lorsqu'un comédien vient de Grande-Bretagne, il est obligé de savoir jouer avec son accent, vu qu'il est différent dans chaque région du pays. En Ecosse, il y en a 16 ou 17 différents ! En Amérique, les gens pensent que vous avez oublié votre accent, alors que l'avez juste adapté... J'ai toujours travaillé avec un coach, pour savoir chanter en américain pour Moulin Rouge, parler avec un accent du sud pour Big Fish, ou de la côte pour Stay… Sans parler du boulot pour apprendre le "Michael-Bay-action-movie-american accent" !"
Les quatre minutes sont presque écoulées, juste le temps de leur demander si The Island est la meilleure destination de cet été… ? "Non, surtout pas ! Aller voir The Island mais n'allez pas sur l'Île ("the island" en anglais) ! C'est un mensonge ! IL N'Y A PAS D'ILE !!"

The Island vu par Michael Bay : => Voir la réponse en images

Après avoir sauvé la planète d'un immense astéroïde dans Armageddon, nettoyé Miami de ces super méchants dans Bad Boys, refait l'Histoire dans Pearl Harbor, Michael Bay conforte son image de réalisateur de très gros films d'action, et joue cette fois les prédicateurs en s'attaquant au sujet brûlant du clonage humain. "The Island est un véritable thriller contemporain. Il y a des éléments de science-fiction, mais c'est avant tout une histoire humaine. En réalité, ce film demande qui a le plus le droit de vivre…" C'est Steven Spielberg lui-même qui lui propose le scénario, qu'il lit d'une traite, en pleine nuit. Le matin même, sa décision est prise : il réalisera le film. "Le concept était particulièrement intéressant : j'ai trouvé que raconter l'histoire du point de vue des clones était vraiment original…Sans compter que le clonage est une sujet on ne peut plus d'actualité ! Depuis le tournage du film, ils ont cloné un chien, un chat, un embryon humain en Corée…" Si Steven Spielberg, en regardant les rushes, s'est exclamé : "C'est un homme, maintenant !", Michael Bay préfère jouer les modestes, en répliquant que "c'est la vie qui veut ça comme on dit, on grandit avec chaque film. Et puis, c'est normal, Steven m'a connu plus jeune !" Pas mal d'humour pour un réalisateur de productions à très gros budget, et la tête sur les épaules ! "Pourquoi tout explose dans mes films ? Et bien regardez dans la vraie vie, lorsqu'il y a un accident de voiture… les voitures explosent aussi !"

The Island serait donc un film réaliste ? Pas toujours, mais son créateur est assez catégorique sur le futur de l'humanité proposé par son film : "Cet avenir est tout à fait possible ! C'est même l'une des pires éventualités si l'on pousse le clonage à l'extrême. On voit bien dans le film jusqu'où ça peut aller : en arriver à tuer quelqu'un pour vivre plus longtemps. C'est agir par pur égoïsme… Mais je suis sûr que s'il y avait des fous pour cloner un humain, il y aurait également des gens pour accepter d'en avoir un." Justement, est-ce qu'il aimerait, lui, avoir un clone ? "Non ! Ce serait trop pénible, je suis déjà bien assez difficile à supporter… alors un deuxième… !"

The Island vu par Djimon Hounsou : => Voir la réponse en images

Mannequin français devenu acteur américain, Djimon Hounsou accueille avec un grand sourire une de ses compatriotes, et accepte vivement l'idée de faire l'interview en français… "Douce France, cher pays de mon enfance…" Tout de blanc vêtu, celui que l'on a pu voir dans Gladiator, Constantine, In America ou encore Le Boulet, apparaît avant tout comme quelqu'un de très simple, réceptif, souriant et parfois presque timide. "Ce qui est fait dans The Island ne me parait absolument pas moral. Cloner, cultiver des hommes pour que d'autres vivent plus longtemps, ce n'est vraiment pas humain. Ce qui est triste, c'est que si c'était possible, beaucoup de gens le feraient. C'est le culte de la chirurgie esthétique, de la transformation du corps, de la jeunesse éternelle…" Un futur possible, donc… "Oui, probable, même". Un avenir qu'il n'apprécie pas vraiment, d'autant que Djimon ne tient pas vraiment à voir apparaître un autre lui-même : "C'est quoi le but vraiment ? C'est un luxe de pouvoir vivre une vie entière, il faut en profiter complètement, et accepter le bon comme le mauvais. Je veux subir toutes les expériences de la vie, grandir, vieillir, exister vraiment. Avoir un clone serait gâcher cette chance." Même si l'acteur confirme, en riant, que ce serait plus facile pour faire plein de films ! "Et puis pour les interviews aussi ! Je ne suis pas très à l'aise, ce n'est pas mon fort…"

Pourtant Djimon s'en sort très bien, et confie tout de go que "Michael Bay est un peu fou ! Il demande énormément sur les tournages, il y a toujours une nouvelle idée qui lui traverse l'esprit… et il te fait courir, courir… Et au final, tu cours beaucoup plus que lui ! Mais je m'attendais plus ou moins à un tournage aussi physique, puisque je connaissais Michael Bay depuis plus d'une dizaine d'années. J'ai déjà travaillé avec lui sur des publicités, mais The Island est le premier long métrage que je tourne avec lui." L'acteur, qui a effectué lui-même ses cascades, a d'ailleurs failli en garder un souvenir assez amer : "J'ai regretté à un moment donné de ne pas avoir de cascadeur, puisque j'ai failli me casser la jambe…"

The Island vu par Sean Bean : => Voir la réponse en images

Voleur de bague dans le Seigneur des Anneaux, voleur de trésor dans Benjamin Gates et le trésor des templiers, Sean Bean, qui joue ici le docteur à l'origine du clonage, est un abonné au rôle de bad guy : à croire qu'il aime bien ça ! "Mais oui, j'adore jouer les méchants, peut-être parce que j'en suis vraiment un ! Plus sérieusement, le docteur Merrick est un "bad guy", mais qui, d'un certain point de vue, fait beaucoup de choses bien… Si vous avez besoin d'une transplantation en urgence, c'est un sauveur pour vous. Si vous êtes un clone, c'est le contraire… Du coup, c'est assez difficile de dire s'il est gentil ou méchant. C'est un scientifique avant tout, et sa croyance en la science passe avant même ce qu'il ressent en tant qu'être humain. Il est très partagé en son fort intérieur et ressent en réalité beaucoup de peine pour ce qu'il fait à ces "agnates"."
Avant tout impressionné par l'histoire, Sean Bean a de suite accepté de jouer dans The Island, qu'il considère plus comme un thriller contemporain qu'un véritable film de science-fiction. "J'ai été très touché par toute la peine et la souffrance qui émane du scénario. Ici, les clones ne vivent que pour mourir le jour où leurs commanditaires ont besoin d'eux, mais ils n'en ont pas conscience, ils espèrent tous rejoindre l'endroit de leur rêve, l'Île, qui finalement n'existe même pas. Ils sont condamnés à mourir pour faire vivre les autres."
Le clonage n'est pas vraiment un thème qui le touche profondément, même s'il est difficile de faire abstraction de ce sujet de plus en plus d'actualité. Il admet, dans un demi-sourire sans joie, que la vision du futur proposée par The Island peut se réaliser dans un avenir plus ou moins proche… "Ce sera terrible si l'avenir ressemble à ça. Je ne pense pas qu'on ira jusqu'à cloner un être humain, en tout cas pas pour le moment. C'est difficile de prévoir ce qu'il va se passer… Tout dépend des gens qui ont le pouvoir de cloner. Le clonage existe, mais on ne sait pas jusqu'où il peut aller. Il faut juste espérer et avoir confiance. Entre les mains de quelqu'un de raisonnable, le clonage peut être une bonne chose."

Propos recueillis par Aurélie Maulard (Londres, Août 2005)

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