Omar m'a tuer : où en est l'enquête sur cette mystérieuse affaire ?

Omar m'a tuer : où en est l'enquête sur cette mystérieuse affaire ?

Que devient Omar Raddad ? Le jardinier marocain, gracié, mais pas acquitté du meurtre de Ghislaine Marchal, est en attente de la révision de son procès. Aujourd'hui âgé de 61 ans, il n'a jamais cessé de clamer son innocence. L'affaire avait été portée sur grand écran en 2011 par Roschdy Zem avec Sami Bouajila dans le rôle principal.

Omar m'a tuer : de l'histoire vraie au film

En 2011, Roschdy Zem porte à l'écran la célèbre affaire Omar Raddad avec son film Omar m'a tuer. Il s'agit de l'une des affaires les plus médiatisées de l'histoire judiciaire française. Elle remonte à 1991, lorsque Ghislaine Marchal, une riche veuve âgée de 65 ans, est retrouvée morte dans sa villa de Mougins, sur la Côte d'Azur. La victime avait été atrocement poignardée et son corps avait été découvert avec l'inscription "Omar m'a tuer" écrite en lettres de sang sur le mur de la pièce dans laquelle elle gisait.

Omar Raddad (Sami Bouajila) - Omar m'a tuer
Omar Raddad (Sami Bouajila) - Omar m'a tuer © Mars Distribution

L'enquête de police se tourne rapidement vers Omar Raddad, un jardinier marocain employé par la victime. Les preuves à charge semblent accablantes avec en premier lieu l'inscription "Omar m'a tuer". Cependant, Omar Raddad a toujours clamé son innocence depuis le début, affirmant que son niveau limité de maîtrise du français ne lui aurait pas permis d'écrire une phrase aussi complexe.

Le procès d'Omar Raddad en 1994 a été marqué par des controverses. Bien que les preuves paraissaient pointer vers lui, de nombreuses irrégularités furent soulevées. Les avocats de la défense ont remis en question la validité des preuves et des témoignages. De plus, certains éléments de l'enquête ont été critiqués, notamment le fait que les enquêteurs n'ont pas examiné d'autres pistes et ont semblé privilégier Omar Raddad dès le départ.

Le verdict est finalement rendu : Omar Raddad est reconnu coupable du meurtre de Ghislaine Marchal et condamné à 18 ans de prison. Sa condamnation suscite un tollé médiatique et une importante campagne en faveur de sa libération, alimentée par des personnalités publiques, des intellectuels et des journalistes. L'affaire devient un symbole de l'injustice présumée du système judiciaire français.

En 1998, après avoir purgé près de sept ans de sa peine, Omar Raddad est gracié par le président Jacques Chirac. Il est libéré de prison, mais sa condamnation n'est pas annulée. Il bénéficie d'une libération conditionnelle et obtient sa résidence en France.

Dans le film, Omar Raddad est interprété par Sami Bouajila (nommé aux César pour sa prestation). L'histoire suit en parallèle l'affaire, et également la contre-enquête menée par un écrivain (le personnage fictif Pierre-Emmanuel Vaugrenard, campé par Denis Podalydès), persuadé de l'innocence du jardinier.

Que devient Omar Raddad ?

Vingt-cinq ans après sa libération, Omar Raddad vit toujours en France, à Nice, près de sa famille. Aujourd'hui âgé de 61 ans, on apprend, via Midi Libre, qu'il est désormais reconnu handicapé, et souffre de dépression. Il est surtout toujours en attente d'être reconnu innocent. Depuis 2008, l'avocate Sylvie Noachovitch, qui a repris le dossier en main, est déterminée à obtenir gain de cause et l'acquittement de son client.

En 2022, après avoir présenté des "éléments nouveaux" (condition sine qua none pour rouvrir un dossier judiciaire), la commission d'instruction de la Cour de révision avait déclaré sa requête irrecevable. Elle avait alors saisi la Cour européenne des droits de l'Homme.

Me Noachovitch avait en effet démontré qu'il y avait 4 ADN inconnus, dont un sur la porte de la cave, qui avait "matché avec un ADN dans le fichier national des empreintes génétiques", et un autre "sur la porte de la chaufferie que l'on retrouve à 35 reprises mélangé au sang de la victime et sur les lettres Omar m'a tuer".

Elle déplorait que ces ADN n'avait pas été comparés avec des noms qu'elle avait fournis, de gens "identifiés sur une enquête secrète qui a été menée à partir de 2002". Omar Raddad est désormais en attente de la réponse de la Cour européenne des droits de l'Homme.