Dans "On l'appelle Trinita", chef-d'oeuvre parodique du western spaghetti sorti en France en 1971, Terence Hill ingurgite en un temps record une grande plâtrée d'haricots. Une séquence devenue culte, et pour laquelle l'acteur a fait dans l'authenticité...
On l'appelle Trinita, chef-d'oeuvre de parodie
En France, c'est en 1971 que le public peut découvrir On l'appelle Trinita, pur western spaghetti réalisé par Enzo Barboni avec Terence Hill dans le rôle de Trinita et Bud Spencer dans le rôle de son frère Bambino. L'histoire est simple : un cowboy solitaire, Trinita, réputé très grand tireur, retrouve son frère, Bambino, qui a endossé l'identité d'un shérif. Ensemble, ils vont protéger une communauté de mormons contre des bandits mexicains et un propriétaire terrien cupide.
On l'appelle Trinita est un très grand succès du cinéma italien, vrai western mais aussi vraie parodie. Le film réussit avec brio son idée : injecter dans le western une large dose d'humour et de burlesque pour prendre à contrepied le sérieux que l'on trouve par exemple dans les westerns de Sergio Leone. Ainsi, plutôt qu'à des gunfights sanglants, on assiste dans ce film à des combats à mains nues rigolos, où les bandits autrefois taciturnes sont devenus des personnages très loquaces.

Aux côtés de son acolyte Bud Spencer, avec qui il a déjà tourné plusieurs films en Italie, Terence Hill triomphe. On l'appelle Trinita va ainsi durablement marquer son époque, donner lieu à plusieurs suites, et faire du duo Terence Hill - Bud Spencer une association iconique du cinéma mondial des années 70 et 80.
Un repas de cinéma inoubliable
On l'appelle Trinita parodie si bien les codes du western spaghetti qu'il les sublime. Un notamment, est celui de montrer des personnages à table. Car dans On l'appelle Trinita, une scène occupe une place de choix dans le coeur des fans : celle où Trinita s'enfile une casserole entière d'haricots.
Pour cette séquence, Terence Hill n'a pas fait semblant. En effet, alors qu'il aurait pu se contenter de donner l'illusion d'ingurgiter son immense plâtrée, l'acteur a jeûné pendant les 24 heures précédant le tournage de la séquence pour pouvoir vraiment l'avaler. Et le faire le plus vite possible. La séquence est si convaincante et réussie qu'elle devient un gimmick et sera reprise dans plusieurs films ensuite. L'idée n'est pas neuve, on peut d'ailleurs déjà trouver une séquence de déjeuner culte dans Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone en 1968. Mais ici, elle est particulièrement mise en avant, avec une mise en scène concentrée sur le plat et son ingestion en temps réel.
Pour les curieux à qui ça ouvrirait l'appétit, sachez que Terence Hill a lui-même choisi son plat ce jour-là. Et il en a même donné la recette.
J’étais végétarien à l’époque, et j’aimais beaucoup les fayots, alors j'ai dit à la production : "Pour moi, ce sera des fayots !" Les spectateurs ont tellement aimé cette scène que depuis, je dois en manger à chaque fois !
C’est en fait assez épicé et fort ! Il faut des petits piments, de l’huile d’olive, de la sauce tomate, des oignons, du sel et surtout beaucoup de poivre ! Il faut faire frire les oignons dans une casserole, puis ajouter tous les ingrédients. Et ensuite laisser cuire jusqu’à ce que les haricots soient tendres à souhait.