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Peninsula, Teddy : Deauville 2020 se met à l'heure du genre

Peninsula, Teddy : Deauville 2020 se met à l'heure du genre

Les zombies de "Peninsula" (la suite du film "Le dernier train pour Busan") et le loup-garou de "Teddy" ont fait frissonner le premier week-end du Festival du film américain de Deauville 2020. Découvrez nos impressions, entre déception et coup de coeur.

Deauville 2020 : un festival réinventé

D'habitude, le festival du film américain de Deauville se met à l'heure US, mais la pandémie de COVID-19 a quelque peu bousculé cet événement incontournable du septième art, qui fête cette année ses 46 ans. Étant donné le contexte sanitaire encore relativement compliqué, aucune équipe américaine des films en compétition, et aucun invité issu du pays de l'oncle Sam, n'ont, cette année, pu fouler le tapis rouge de Deauville. Le Festival a donc dû se réinventer pour cette 46ème édition et a convié à la fête plusieurs films français, et étrangers, dont certains issus de la sélection de Cannes 2020 qui n'a pas pu se tenir au mois de mai dernier. Parmi eux, deux films de genre : Peninsula du réalisateur coréen Yeon Sang-ho, vendu comme la suite de son précédent film, Dernier train pour Busan, et Teddy, des jeunes réalisateurs français Zoran Boukherma et Ludovic Boukherma.

Peninsula déçoit...

Présentés à quelques heures d'intervalle dans la grande salle du Centre International de Deauville par un Thierry Frémaux (le délégué général du Festival de Cannes ndlr) très enthousiaste, ces deux longs-métrages de genre étaient particulièrement attendus du public, notamment Peninsula, pour son lien direct avec l'excellent Train pour Busan sorti en 2016.

Thierry Frémaux présente la séance de "Peninsula" à Deauville 2020

L'action de Peninsula (dans les salles françaises le 28 octobre 2020) se déroule quatre ans après les événements de Busan, et nous entraîne dans un monde post-apocalyptique où le virus zombie n'a pas été éradiqué, et a transformé la Corée en une zone infestée de zombies, où les quelques derniers survivants ont été laissés à l'abandon. Dans cette péninsule, une bande de mercenaires va tenter de récupérer un camion rempli d'argent, et découvre vite que certains survivants sont en réalité bien plus dangereux que les morts-vivants.

Si Dernier train pour Busan nous avait séduits par ses scènes d'action virtuoses et son concept de huis-clos malin, Peninsula lorgne plutôt du côté de la série B, avec des scènes d'action franchement laides, à la limite d'une (mauvaise) cinématique de jeu-vidéo. Du côté des personnages, le film ne réussit pas non plus à nous faire entrevoir un quelconque intérêt, enchaînant les clichés lourdingues et les violons à la moindre séquence d'émotion. Une immense déception.

... Teddy enchante

Quelques heures après la fin de Peninsula, les zombies coréens ont laissé la place à un loup-garou du sud-ouest nommé Teddy, mis en scène par les frères Boukherma, à qui l'on devait déjà un premier long-métrage remarqué, Willy 1er.

Thierry Frémaux présente la séance de "Teddy" à Deauville 2020

Pour leur première entrée dans le film de genre, Zoran et Ludovic Boukherma ont choisi la figure du loup-garou pour représenter la colère et les démons du jeune Teddy, 19 ans (formidable Anthony Bajon), dont la vie au pied des Pyrénées est partagée entre son travail dans un salon de massage, sa petite-amie Rebecca, et son oncle qui l'héberge.

Foisonnant de créativité, et surtout débordant de tendresse pour ses personnages singuliers, Teddy est à la fois une déclaration d'amour au cinéma de genre, aux habitants du sud-ouest, et à cet outsider terriblement attachant, qui nous a arraché quelques larmes lors de la séquence finale.

Très drôle sans jamais être moqueur, naïf sans jamais être simpliste, Teddy (dans les salles françaises le 13 janvier 2021) réussit également le pari de ne jamais sur-intellectualiser la métaphore du loup-garou, pour mettre en exergue les démons de ce personnage d'adolescent.

La standing ovation à l'issue de la projection témoigne de la réussite indéniable de ce film, et nous pousse à croire que le cinéma de genre français a encore de beaux jours devant lui.

 

 

 

 

 

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