Sorti en 2017, "Petit paysan" nous faisait entrer avec émotion dans le monde de l’agriculture. Le revers de la médaille, c’est que le tournage a été quelque peu perturbé… par les vaches.
Petit paysan : un joli succès critique
Fils d’agriculteurs, le réalisateur Hubert Charuel connaît le milieu agricole sur le bout des doigts. Il a d’ailleurs travaillé dans le secteur de l’élevage laitier avant d’emprunter une voie plus artistique en se consacrant au cinéma. C’est ainsi qu’après une succession de courts et de moyens-métrages, il réalise en 2017 son premier long : Petit paysan.
Marqué par la crise de la vache folle qui avait traumatisé de nombreux agriculteurs dans les années 90, il signe donc un film qui s’inspire de ce drame réel. En effet, Petit paysan suit Pierre, un éleveur de vaches laitières qui voit une de ses bêtes être infectée par une mystérieuse épidémie qui touche la France. Ne souhaitant pas perdre ses vaches, il tente le tout pour le tout afin de les sauver.

Accompagné de Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Isabelle Candelier et Bouli Lanners, Hubert Charuel livre un long-métrage fort et engagé qui n’a pas déplu à la presse. Il obtient d’ailleurs 7 nominations aux Césars et en remporte trois.
Vaches folles
Bien qu'Hubert Charuel soit habitué aux vaches, ce dernier a admis dans le dossier de presse du film que c’était une autre paire de manches de les diriger pour les besoins d’un long-métrage. En effet, pour le bien-être et le respect envers les animaux, le réalisateur de Petit Paysan évitait constamment de les stresser ou de leur en demander plus qu’il n'en fallait. Cela demandait donc beaucoup de patience :
Surtout quand il y en a trente. Une vache, c’est comme un enfant de cinq ans, sauf qu’elle fait 900 kilos et qu’elle ne va pas à l’école. Elles compliquent tout : installer un plan dans la salle de traite devient un casse-tête. Pour une vache, la traite dure dix minutes, alors on ne va pas la laisser attachée vingt minutes dans cette chaleur, après ça devient mauvais pour elle. Les acteurs tolèrent plus de choses, mais ils savent pourquoi ils sont là, les vaches, elles, n’ont rien demandé ! Le respect animal, pour moi, était hyper important. On ne pouvait pas faire n’importe quoi. D’autant qu’un animal stressé, ça se voit à l’écran. Si je raconte l’histoire d’un type en osmose avec ses vaches, la moindre des choses est que les vaches aient l’air en osmose avec lui !
Heureusement, comme le souligne Hubert Charuel dans son entretien, Swann Arlaud, qui joue le rôle de Pierre, s’est fondu rapidement dans la peau du jeune agriculteur téméraire. En effet, pour être le plus crédible possible, il est venu effectuer un stage d’une semaine chez les cousins agriculteurs de la mère du cinéaste. Ces derniers ne voulaient d’ailleurs plus le laisser partir, car il faisait du très bon travail. Hubert Charuel a donc pu compter sur une aide précieuse pour gérer les complications du tournage.