Pour jouer à différentes époques Michel, le rôle principal de "Pour une femme", Diane Kurys comptait utiliser deux acteurs différents. Mais Benoît Magimel a insisté pour l'incarner aussi bien dans sa jeunesse que dans sa vieillesse. Ce qui a nécessité un gros travail de transformation pour l'acteur.
Un nouveau film personnel pour Diane Kurys
Dès son premier film en tant que réalisatrice, Diabolo menthe sorti en 1977, Diane Kurys s'inspire de son histoire familiale et ses souvenirs de jeunesse. Au cours de sa carrière, elle revient régulièrement à cette matière personnelle, tout particulièrement la rencontre de ses parents et le couple qu'ils formaient, ce qu'elle romance à différents degrés dans ses réalisations. Et comme pour Coup de foudre en 1983, elle reprend l'histoire de ses parents dans Pour une femme, sorti en 2013.
Pour une femme se déroule d'abord dans les années 80 et raconte l'histoire d'Anne (Sylvie Testud), une écrivaine qui vient de perdre sa mère. En se plongeant avec sa soeur Tania dans les affaires que celle-ci a laissées, elle décide alors d'écrire sur les premières années de mariage de leurs parents Léna (Mélanie Thierry) et Michel (Benoît Magimel) juste après la Seconde Guerre mondiale. Elle va s'intéresser à un point précis, l'irruption dans leur vie de Jean (Nicolas Duvauchelle), le petit frère de Michel, que celui-ci pensait mort. Jean, dont le passé récent reste mystérieux, et Léna vont progressivement développer un désir réciproque...

Dans ce film, Benoît Magimel apparaît à plusieurs époques. Les années 40, les années 80 et 90. Il a donc fallu transformer l'acteur pour le montrer dans sa jeunesse et ses vieux jours, ce qui a demandé un travail très important. Le pari n'était pas gagné d'avance, au point que Diane Kurys voulait initialement faire jouer Michel âgé par un autre acteur. Mais Benoît Magimel a insisté pour jouer le personnage aux différentes périodes, et finalement obtenu gain de cause.
Des kilos en plus et 7h de maquillage par jour
Dans le cadre de la promotion de Pour une femme, Diane Kurys détaillait ainsi le travail accompli avec Benoît Magimel.
Il a pris un peu de poids pour le rôle. Pour les scènes où il est censé avoir 80 ans, j’avais envisagé de faire appel à un autre acteur, mais Benoît n’a pas voulu en entendre parler ! Du coup, il a connu les longues heures de maquillage particulièrement éprouvantes pour lui car il faisait une chaleur épouvantable : je me souviens que le soir, au moment où on lui retirait cette sorte de masque en latex sous lequel il avait suffoqué toute la journée, il perdait d’un coup au moins un litre d’eau qui jaillissait comme un geyser !

Si les techniques de vieillissement, qu'elles reposent purement sur du maquillage et des prothèses ou soient numériques, ont très largement évolué, au début des années 2010 il n'était pas si simple de créer l'illusion. Ce pourquoi Benoît Magimel se disait lui "angoissé" à l'idée de rater son Michel âgé.
C’était un vrai cadeau pour un acteur, mais aussi une expérience très éprouvante que je ne retenterai pas de sitôt. En effet, il y avait 7h de maquillage par jour puisque j’avais demandé à ce que l’on me mette aussi des prothèses sur les mains. Au final, pendant une semaine, j’ai dormi environ une heure par nuit ! Mais plus je jouais avec ce maquillage, plus je m’en imprégnais. Car c’est vraiment le maquillage qui permet de faire corps avec votre visage. Du coup, il ne faut pas hésiter à bouger et à faire des mimiques, bien qu’on ait l’impression d’avoir le visage complètement rigide quand on porte un masque de latex.