ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Rambo : pourquoi Sylvester Stallone a failli abandonner son personnage culte ?

Rambo : pourquoi Sylvester Stallone a failli abandonner son personnage culte ?

Quand "Rambo" sort en 1982, Sylvester Stallone est une star qui s’apprête à régner sur Hollywood pendant toute une décennie aux côtés d’autres figures de l’action. S’il n’a pas réussi à le quitter depuis, l’acteur n’était pas convaincu par le potentiel de son deuxième personnage culte, auquel il a failli tourner le dos.

Rambo : l’autre héros de Sylvester Stallone

Deuxième personnage iconique avec lequel Sylvester Stallone a bâti son mythe, John Rambo débarque dans les salles obscures américaines en octobre 1982, quelques mois après la sortie de Rocky III : L’œil du tigre. Tandis que la gloire de Philadelphie s’embourgeoise, ce qui lui vaut un joli K.O. infligé par Clubber Lang, Sly change radicalement de registre avec ce nouveau protagoniste.

Adapté du roman First Blood de David Morrell paru dix ans plus tôt, Rambo s’ouvre sur une très belle scène où le vétéran du Vietnam se rend chez un ami et apprend qu’il a été emporté par un cancer, causé par l’exposition à l’agent orange. L’empathie envers le soldat naît immédiatement et se renforce lorsqu’en voulant s’arrêter dans la petite ville de Hope pour manger, il se fait chasser par Will Teasle, shérif incarné par Brian Dennehy, qui désire préserver sa ville des supposés vagabonds.

Rambo : Sylvester Stallone a failli tourner le dos à son personnage culte avant le tournage du premier volet de la saga.

Pris à partie et frappé par les hommes de Teasle, Rambo voit des souvenirs traumatisants resurgir et craque complètement. Dès lors, une traque débute entre le médaillé de guerre reclus dans la forêt et les autorités inexpérimentées de Hope. Ces dernières n’ont d’autre choix que de faire appel au colonel Trautman (Richard Crenna), mentor du soldat et seul individu susceptible de pouvoir stopper la frénésie de violence.

Un projet risqué pour Sly

Rambo passe de main en main à Hollywood jusqu’à l’arrivée de Ted Kotcheff aux commandes du long-métrage. Plus de 25 scripts ont été écrits à partir de l'ouvrage de David Morrell et le cinéaste est convaincu par celui de Michael Kozoll et William Sackheim. Confronté à la froideur des studios Columbia et Warner pour enclencher le projet, le réalisateur peut finalement compter sur le soutien de deux producteurs à la tête d’une jeune structure baptisée Carolco, Mario Kassar et Andrew Vajna, avec lesquels il s’est lié d’amitié. Par la suite, ils financeront des cartons comme Total Recall, Terminator 2 : Le Jugement Dernier ou Cliffhanger : Traque au sommet, avant que leur entreprise ne coule à cause de l’échec de L’Île aux pirates.

L’équipe pense immédiatement à Sylvester Stallone pour le rôle principal. 24 heures après avoir reçu le scénario, la star donne son accord pour le film. L’acteur est séduit par le personnage créé par David Morrell, qui s’est inspiré de témoignages de certains de ses étudiants revenus du Vietnam, victimes d’insomnies, de cauchemars et de crises de panique. C’est à travers eux que l’auteur découvre les symptômes de stress post-traumatique, dont souffre John Rambo.

Rambo : Sylvester Stallone a failli tourner le dos à son personnage culte avant le tournage du premier volet de la saga.

Mais le comédien, qui n’apprécie pas le traitement médiatique réservé aux soldats à l’époque, craint que le film ne fonctionne pas auprès du public et manque de faire marche arrière. Dans le documentaire Esquisse de First Blood, Sylvester Stallone explique :

C’était un projet qui portait la poisse. Il avait été proposé à plein d’acteurs, le réalisateur avait changé plein de fois et j’avais le trac. En réalité, j’espérais que ça se fasse jamais, que le projet capote. Mais c’est pas arrivé. (…) Je me suis dit : "Pourquoi tous les autres ont refusé ?". Je n’y suis pas allé en me disant : "Ça fera un tabac".

Un personnage adouci

Mario Kassar et Andrew Vajna proposent ensuite à Sylvester Stallone de compléter l’écriture du protagoniste. En apportant des modifications, le comédien et scénariste s’identifie véritablement à John Rambo et ne voit personne d’autre que lui pour l’interpréter. Il met en avant l’idée d’adoucir le héros en suggérant de ne pas le faire basculer dans la folie meurtrière, alors que le vétéran tue plus de quinze individus dans la version initiale du script. La partition mélancolique de Jerry Goldsmith permet aussi de voir en lui un personnage brisé, et pas une simple machine de guerre. Dans Esquisse de First Blood, Ted Kotcheff raconte :

Sylvester est très intuitif. Il sait ce que le public aime et n’aime pas. Il a dit : "Et s’il ne tuait personne ?".

Andrew Vajna assure quant à lui :

On a préféré en faire un type vraiment paumé, ne sachant pas quoi faire de sa vie et victime des circonstances.

Sylvester Stallone insiste également pour que John Rambo reste en vie à la fin du long-métrage, ce qui lui vaut le départ de Kirk Douglas en plein tournage. Censé incarné le colonel Trautman, le monstre sacré était convaincu que la mort du béret vert, conclusion du roman, serait une fin plus "artistique". Face au refus de Sly, l’interprète de Spartacus préfère quitter le projet. La scène où le militaire demande à son mentor de l’exécuter est néanmoins tournée avec Richard Crenna, arrivé en renfort en Colombie-Britannique pour reprendre un rôle qu’il ne connait pas mais qui finit par lui coller à la peau. Il l’incarne à nouveau dans Rambo II : La Mission et Rambo III. Quant à Sylvester Stallone, il reprend les armes à quatre reprises dans la peau du vétéran jusqu’à Rambo : Last Blood, sorti en 2019.

 

Voir aussi

Les Dents de la mer : le dernier modèle existant du requin rentre au musée

Les Dents de la mer : le dernier modèle existant du requin rentre au musée

En 1975, un grand requin blanc terrorise la petite île d'Amity, sur la côte est des États-Unis. C'est l'histoire du film de Spielberg "Les Dents de la mer", et 45 ans après le dernier modèle du requin utilisé pour le film fait son entrée au musée.