Beaucoup de noms ont circulé pour donner vie au Robocop de Paul Verhoeven, avant que Peter Weller n'enfile le célèbre costume. Et parmi ces noms, celui de la plus grande star du cinéma d'action des années 80.
Le flic du futur façon Verhoeven
Dans une ville de Détroit dystopique ravagée par la criminalité, l'officier de police Alex Murphy perd la vie lors d'une intervention. Mais il est (en partie) ramené à la vie par l'entreprise Omni Consumer Products (OCP), qui en fait un policier-robot : RoboCop. Brutal et théoriquement sans émotion ni souvenir de sa vie passée, il va cependant avoir des flashs et des réminiscences...
Idée simple et géniale, parfaitement dans l'esprit SF sombre des années 80, RoboCop de Paul Verhoeven est un grand succès. Pour son premier long-métrage américain, l'expérimenté réalisateur néerlandais s'adapte vite aux codes de l'industrie hollywoodienne et impose avec éclat son style, sur le tournage et à l'écran.
Le rôle de RoboCop est tenu par Peter Weller, qui a considérablement oeuvré pour donner vie au cyborg. Comme les interprètes de Batman par exemple, avec le bas du visage seulement découvert, le travail est complexe. Sans compter le costume, en plusieurs exemplaires, particulièrement difficile à enfiler et à manoeuvrer...
Si Peter Weller, au terme d'un tournage éprouvant aux péripéties légendaires, peut être fier d'avoir relevé le défi haut la main, il partait à l'origine de loin. En effet, si le costume, déjà largement conçu au moment du casting, n'avait pas était aussi contraignant, le favori pour le rôle se nommait Arnold Schwarzenegger.
Bien trop costaud pour le rôle
Trois ans auparavant, James Cameron et Arnold Schwarzenegger ravissent le public avec Terminator. Un succès dont Paul Verhoeven assume entièrement l'inspiration, revendiquant même une filiation avec la création de Cameron. Arnold Schwarzenegger est tout désigné pour RoboCop mais, malgré le gabarit imposant du costume d'Erica Edell Phillips, s'y glisser est un enfer et il faut être suffisamment mince. Paul Verhoeven déclarait ainsi :
On imaginait Arnold Schwarzenegger mais il aurait été gigantesque avec le costume. On a compris qu'il nous fallait quelqu'un de mince pour qu'on puisse construire un costume de robot vraiment puissant. Il devait aussi avoir un bon menton, un menton prononcé. Bien sûr, le jeu est important, mais je ne peux pas nier que le menton de Peter Weller est une des raisons principales pour lesquelles il a eu le rôle.

Pour Arnold Schwarzenegger, qui selon le scénariste Michael Miner désirait vraiment jouer RoboCop, notamment du fait de sa proximité avec le patron d'Orion Pictures Mike Medavoy, la déception passe vite. L'acteur et le réalisateur n'ont en effet pas vraiment le temps de regretter ce rendez-vous manqué, puisqu'ils se retrouvent très vite pour le monument Total Recall.