
Steven Strait, à peine 22 ans, est le héros de 10 000, la fable épique de Roland Emmerich qui sort le 12 mars prochain sur nos écrans. Avec 75 millions de dollars de budget au compteur et son premier grand rôle, nous lui avons demandé de nous raconter son aventure par téléphone, en direct de L.A.. Allo, Steven…
Lorsque Roland Emmerich vous appelle pour jouer dans son film, est-il bien utile de lire le scénario avant d’accepter ?
(rires) Et bien, il faut toujours lire le scénario et bien sûr je l’ai fait. Mais travailler avec Roland (Emmerich) était si motivant. Je suis un grand fan de ce qu’il fait depuis longtemps. Je n’ai eu qu’à sauter sur l’opportunité, mais le fait que ce soit lui qui m’ait contacté a été un plus, sans aucun doute.
Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire et dans le personnage que vous interprétez ?
J’aime la façon dont l’histoire du film et celle de mon personnage progressent, la façon dont les protagonistes sont embarqués dans cette grande aventure. Et spécialement celui que j’interprète, D’Leh, qui est plutôt renfermé au début de l’histoire et va peu à peu se retrouver à la tête d’une armée. Ça représente vraiment la situation dans laquelle j’étais. Et puis, l’histoire en elle-même est une épopée où tout le monde peut trouver son compte. Elle a un aspect très universel.

C’est vrai qu’il y a un parallèle entre vous, jeune acteur qui se retrouve embarqué dans cette aventure et D’Leh, votre personnage…
Oui. C’est vraiment intéressant, parce que, sur le tournage, on a quasiment tourné les séquences à partir de la fin. C’était très bizarre. Et pour moi, en commençant à travailler sur ce projet, je me retrouvais à devoir mener une armée. Cela touchait directement à ma propre évolution. Je grandissais par le biais de ce film et de son tournage. Il y a définitivement un lien fort entre mon personnage et moi. Pour D’Leh, c’est également une histoire d’évolution, de dépassement de soi pour arriver au statut de héros à la fin du film.
Le rôle est physique, vous avez dû suivre un entraînement spécial ?
Oui, je me suis entraîné. J’ai dû perdre plus de 15 kilos en une courte période de temps, un mois et demi environ, pour ressembler à quelqu’un qui aurait vécu dans la nature. J’ai dû également prendre un accent, qui est une sorte de mélange de plusieurs langues. Celui d’Omar Sharif (narrateur dans le film) en est un bon exemple. Et puis il y avait les cheveux, les costumes… Tout a vraiment été créé à partir de rien. On n’a pas fait de références à d’autres films car, sur beaucoup de plans, un film de cette nature, avec ce récit épique et un peu de fantasy, n’a jamais été fait auparavant. C’était vraiment enrichissant de faire partie d’une aventure où tout a été inventé et construit.

Comment avez-vous géré le fait de tourner avec une si grosse équipe et autant d’effets spéciaux ?
C’est vraiment quelque chose à laquelle je n’étais pas habitué.Pour les effets spéciaux notamment, c’est difficile au début car tu dois jouer la scène tout seul, et il n’y a personne en face. Là aussi, on doit créer son monde.
Un peu comme les enfants qui jouent seuls…
(rires) Exactement. Une fois entré dans le rythme et une fois passée la gène de sauter dans tous les sens ou jouer avec des choses qui ne sont pas là, tu peux vraiment laisser ton imagination s’exprimer, comme un enfant pourrait le faire. D’une étrange manière, on s’y habitue et on se construit son propre monde dans la tête. Pour ce qui est de l’équipe de tournage, on avait vraiment une équipe exceptionnelle et concernée, on a été comme une famille parce qu’on a passé beaucoup de temps ensemble.
Combien de temps a duré le tournage ?
Je ne sais pas exactement. On a dû commencer le tournage mi-avril pour le finir mi-septembre, cinq mois environ.

Ressentez-vous une certaine pression à la veille de la sortie d’un si gros film ?
Pas vraiment. La pression s’est surtout fait ressentir au début, en prenant conscience de l’ampleur du projet. Et Roland a vraiment été une base solide, sur qui tout le monde pouvait compter. Il avait besoin que tout le monde soit à l’aise pour pouvoir mener ce projet à bien. Il m’a vraiment facilité la tâche et m’a laissé un espace dans lequel je pouvais essayer différentes choses. Mais aujourd’hui je ne ressens aucune pression. J’ai vu le film. On en est très fier. Ensuite, tous les autres aspects qui entoure sa sortie ne sont pas vraiment de mon ressort. Je ne pense pas que la pression soit sur mes épaules.
Y a-t-il d’autres réalisateurs avec qui vous aimeriez tourner ?
Il y en a beaucoup. Pour en choisir un, je dirais Julian Schnabel. Il y a tellement d’autres réalisateurs avec qui j’aimerais travailler mais il fait définitivement partie du lot.
Propos recueillis par téléphone par Stéphane Canot (Février 2008)