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Il y a 50 ans Françoise Dorléac disparaissait

En moins de dix ans et avec une vingtaine de films, Françoise Dorléac a marqué les esprits du cinéma français des années 1960. Sœur de Catherine Deneuve, elle aurait certainement eu une carrière aussi importante que celle-ci sans un accident de voiture qui lui coûta la vie le 26 juin 1967, il y a 50 ans.

Elle avait autant de talent que sa sœur, et même quelque chose en plus. Du chien, un caractère plus affirmé, un grain de folie qui la rendait fascinante et aussi charmante que charmeuse. Françoise Dorléac, c’était un visage particulier, une beauté envoûtante. Déjà dans Ce soir ou jamais (Michel Deville, 1960), où elle n’a qu’un petit rôle, elle se montre déroutante. Faisant face à Claude Rich et Anna Karina, elle joue une comédienne postulant pour un spectacle, au milieu d’un petit monde bourgeois. Dans cette séquence c’est justement sa forte présence qu’on remarque.

Une personnalité débordante qui n’est pas loin de faire de l’ombre à Anna Karina. Il faut voir cette manière presque insolente qu’elle a de s’adresser à elle en l’appelant « mignonne ». Certainement ce qui vaudra à son personnage d’être mis de côté. Et ce aux dépens d’Eliane D’Almeida qui aura pour sa part une carrière assez insignifiante. À seulement dix-huit ans, Françoise Dorléac marque ainsi les esprits par son caractère. Un véritable ouragan, à l’image de son départ, à la fin de la scène, pour le moins explosif.

De Molinaro à Truffaut, en passant par de Broca

Françoise Dorléac, c’était avant tout une énergie formidable. Mais aussi une capacité à se livrer sans retenue devant la caméra. Elle passait avec aisance de son rire sur-expressif aux larmes. Un dont naturel qui lui venait, on imagine, des ses parents comédiens.

Par la suite, Françoise Dorléac se retrouve devant la caméra de Molinaro, Truffaut et de Broca. Elle enchaîne en 1964 avec La Chasse à l’homme, L’Homme de Rio et La Peau douce. Dans le premier, comédie sympathique aux allures de film à sketchs, dont les dialogues exquis sont écrits par l’inégalable Michel Audiard, elle joue ce rôle de sublime emmerdeuse qui lui va si bien. Un rôle similaire à celui qu’elle tient dans L’Homme de Rio aux côtés de Jean-Paul Belmondo. Usant de ses charmes pour arriver à ses fins, passant aisément de la jeune fille charmante à l’allure innocente, à la chasseresse sans remords.

Si avec L’Homme de Rio, elle sert surtout à mettre en valeur Belmondo, sa complicité avec Jean-Claude Brialy dans La Chasse à l’homme est plus équilibrée et reste un régal de comédie. Avec La Peau douce par contre, c’est dans un tout autre genre qu’on la retrouve. Un drame plus complexe pour elle. Elle doit y interpréter une hôtesse de l’air un brin naïve, qui devient la maîtresse d’un écrivain à succès. Une histoire que reproduira d’ailleurs, en partie, Truffaut, dix ans après, avec La Nuit américaine (1973).

Les Demoiselles de Demy

Enfin, après avoir été devant la caméra de Vadim et Polanski, c’est avec Jacques Demy et Les Demoiselles de Rochefort (1967), son avant-dernier film, que Françoise Dorléac entre définitivement dans la culture populaire française. Une comédie musicale délicieuse, aujourd’hui connue de tous, dont elle partage l’affiche avec sa sœur Catherine Deneuve.

Son rôle lui demande tout de même plusieurs mois d’entraînement pour se perfectionner à la danse. Mais pas de quoi l’impressionner pour autant. Elle qui, à dix-sept ans, pour sa première interview, expliquait avec une maturité et une audace surprenantes, être prête à travailler pour devenir une grande comédienne, et ne pas simplement jouer « les petites starlettes » comme le craignait sa mère, ancienne actrice de théâtre.

 

Un accident qui arrive trop tôt

Malgré son jeune âge, Framboise, comme l’appelait Truffaut, a toujours semblé avoir la tête sur les épaules et fait preuve d’une assurance qui force le respect. Alors qu’elle devait se rendre à l’avant-première des Demoiselles de Rochefort à Londres (alors déjà sorti en France trois mois auparavant), elle meurt à seulement 25 ans dans un accident de voiture près de Nice. A peine sept ans de carrière, une vingtaine de films, une poignée de téléfilms et quelques rôles au théâtre. Elle aura tout de même eu le temps de tourner avec quelques-uns des meilleurs cinéastes français.

Nul doute que sans ce tragique accident, elle aurait compté parmi l’élite, aux côtés de sa sœur. Elle comptera néanmoins toujours pour nous.

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