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Annecy 2019 : Dean DeBlois nous parle de sa trilogie Dragons avec émotion

A l’occasion du Festival international du film d’animation d’Annecy, nous avons rencontré le réalisateur Dean Deblois pour un entretien tout en intimité où l’artiste est revenu sur la trilogie Dragons avec une certaine émotion.

Il est le papa de Krokmou et de Stitch, soit deux des créatures les plus adorables du cinéma d’animation. Avec seulement cinq films en tant que réalisateur, dont deux en co-réalisation avec son camarade Chris Sanders, Dean Deblois est devenu une figure importante de l’animation. C’est notamment avec sa trilogie Dragons, qui met en scène les aventures d’un jeune viking et de son dragon, que le réalisateur, scénariste et producteur, s’est fait un nom au sein de l’industrie.

Alors que le troisième et dernier opus de la trilogie est sorti en salles en février dernier, rassemblant au passage plus de 3 millions d’entrées en France, Dean Deblois nous a donné rendez-vous au Festival d’Annecy où il officie cette année en tant que juré au sein du jury des films de fin d’études et courts métrages Off-Limits.

C’est dans un bâtiment du célèbre Haras d’Annecy que nous nous sommes rencontrés, au sein d’une exposition rassemblant plus de 200 oeuvres mises en place par les studios Dreamworks et l’équipe du musée Art Ludique. Nous avons donc pu partager un moment privilégié avec cet artiste souriant et généreux qui nous a même fait la surprise de parler quelques mots de français.

Rencontre avec Dean DeBlois

On est dans un cadre un peu particulier puisque nous sommes au coeur d’une exposition consacrée à la trilogie Dragons. Que ressentez-vous face à ces peintures, ces croquis, ces dessins qui sont le fruit de votre travail et de celui de votre équipe ? 

Je me sens vraiment nostalgique face à tout ce que je vois ici. Je vois tellement de dessins préparatoires que j’avais oubliés parce que, vous savez, il y en a tellement. Tout ça fait ressurgir en moi de très bons souvenirs. Là, tout de suite, j’ai notamment le souvenir de notre premier jour, à mon équipe et à moi, autour de la table à discuter du premier volet qui à l’époque était le seul de prévu. On avait discuté des heures et des heures du design, de ce que l’on voulait et de ce que l’on voulait éviter. C’est également à ce moment là où nous avons parlé de l’essence des personnages, de leur création. Je me sens très chanceux et fier de voir tout ce travail affiché. Cela reflète tout notre travail sur dix ans. Notre travail en tant que groupe et je dirais même en tant que famille. 

©Pauline Mallet

Vous comme moi, avons grandi avec les trois films et c’est le cas de beaucoup de personnes ici. Comment, de votre point de vue, avez-vous grandi avec et à travers ces personnages ? 

C’est marrant parce que dans mes lointains souvenirs, j’ai avant tout grandi avec les trois premiers films Star Wars. J’ai grandi dans les années 70 et ces films m’ont inspiré dans l’écriture de mes propres histoires. De rêver d’autres mondes et d’autres personnages mais ils m’ont également poussé à dessiner. C’est à ce moment là que j’ai commencé à énormément dessiner. Alors, en tant qu’artiste, je me sens vraiment reconnaissant d’avoir pu créer ma propre trilogie.

Je dirais, pour ma part et pour celle aussi de l’équipe, que nous avons grandi avec ces personnages de la plus belle des façons. On a développé une véritable confiance en nous, aussi bien individuellement que collectivement. On a pris plus de risques parce qu’on avait d’avantage confiance et on se sentait plus à l’aise pour porter des idées plus grandes. Nous sommes, comme les personnages, devenus une véritable famille. On a appris à travailler ensemble, à s’écouter, à s’encourager et à se faire confiance. 

Lorsque le troisième film s’est terminé, j’étais à la fois super heureux et fier mais aussi très triste parce que je savais que je ne travaillerais plus jamais avec la même équipe ou en tous cas plus dans ces conditions et avec une telle énergie de groupe. Avant les films Dragons, je n’avais travaillé que sur un film en tant que seul réalisateur puisque Lilo & Stitch était une co-réalisation avec Chris Sanders. D’ailleurs c’est avec Chris que j’ai réalisé le premier Dragons. J’ai écrit, réalisé le deuxième et le troisième donc finalement j’avais peu d’expérience. Ils m’ont donc, tout naturellement, fait grandir de cette façon.

La trilogie a évolué également avec l’animation. Lorsque l’on voit le premier et le troisième film, l’image a nettement changé. Comment avez-vous travaillé là-dessus ? Est-ce que c’est la technique qui a évolué, ou aviez-vous déjà pensé à faire évoluer l’animation ?

C’est toujours étroitement lié : la technologie et nos idées. Au sein de la trilogie, les personnages et les paysages ont bénéficié de ces changements. Nous ne pouvions tout simplement pas rester sur le côté quant aux avancées qui se proposaient à nous. On a énormément demandé aux dessinateurs de détailler davantage les images, de donner du relief, des couleurs et des ombres plus denses. Et comme nous avons construit la trilogie sur dix ans… nous avons suivi les technologies car elles nous proposaient toujours des choses différentes et excitantes. 

Les nouvelles technologies permettent également de travailler plus simplement et plus rapidement. C’est un cercle vertueux car c’est propice aux nouvelles idées. Nous sommes désormais capable de donner vie à nos idées les plus ambitieuses car la technologie nous le permet. 

© Pauline Mallet

Est-ce que, de ce fait, pour le troisième film, vous aviez une ouverture vers un champ de tous les possibles ? 

Bien sûr ! Par exemple, le monde caché des dragons dans le troisième opus était impossible à faire dans le premier ou dans le deuxième. Il n’aurait jamais été aussi beau qu’ici tout simplement parce que nous n’avions pas les moyens de le faire. Je pense que le monde caché est un parfait exemple de nos capacités actuelles, c’est à dire de s’autoriser à imaginer absolument tout, car tout peut être représenté. 

Je réalise que nous aurions pu le faire mais jamais avec autant de détails, de dragons présents et ça aurait probablement été décevant. Pour moi, tout est possible désormais. Si vous avez une idée, même la plus grandiloquente, l’animation permet de la créer. 

C’est donc ces possibilités qui vous ont dirigé vers une trilogie ? 

Au départ on voulait juste faire un film qui fonctionne (rires). C’était notre seul but à vrai dire. Pendant la production du premier film, après quelques mois à travailler dessus, on nous a demandé, à Chris et à moi, de revoir l’histoire. C’est ce que nous avons fait. On voulait faire un film qui avait du sens mais jamais on n’aurait pensé faire une trilogie. 

Après le succès du premier, on nous a parlé d’une suite et j’ai immédiatement suggéré de faire une trilogie car je voulais que l’on développe un maximum les personnages et l’univers. Nous pouvons faire trois actes, patiemment et correctement.

Votre trilogie inspire beaucoup de jeunes artistes qui sont présents en nombre ici…vous, quels sont les films qui vous ont inspiré ?

Le Géant de Fer. J’aime énormément ce film. Sûrement Dumbo et également Les aventures de Bernard et Bianca pour deux scènes en particulier. Concernant le premier film c’est la scène où la maman de Dumbo le berce à travers sa cage. Cette scène me faisait énormément pleurer lorsque j’étais plus jeune. Pour le deuxième film dont je parlais c’est la scène où Penny, la jeune orpheline, se retrouve face à une famille qui choisit une autre petite fille à adopter…cette scène me faisait tellement pleurer. Ce sont des moments où plus jeune j’ai réalisé que l’animation pouvait me procurer énormément de sentiments notamment celui de pleurer. C’est donc devenu important pour moi de capter les larmes de l’audience, sans les forcer, juste d’une façon aussi pure que possible. Que le public se sente assez confiant pour se laisser aller. 

Propos recueillis par Pauline Mallet lors du Festival international du film d’animation d’Annecy.

 

Dragons 3: le monde caché de Dean DeBlois, disponible en DVD et Blu-ray le 12 juin 2019.

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