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Bao : on a rencontré Domee Shi, la réalisatrice du nouveau court-métrage Disney-Pixar

À l’occasion de la sortie de « Bao », nouveau court-métrage Disney-Pixar projeté avant « les Indestructibles 2 », on a rencontré la réalisatrice Domee Shi, première femme à la direction d’un court des studios Californiens.

Diffusé avant le très attendu Les Indestructibles 2, le court-métrage Bao, réalisé par la talentueuse Domee Shi, est un condensé de bonheur. Intelligent et touchant, il traite, à travers les yeux d’une mère protectrice, la naissance d’un enfant, son éducation et son évolution. Brillamment réalisé, il est d’une importance capitale car il fait de sa réalisatrice la première femme à réaliser un court-métrage des studios Pixar.

Venue présenter le court-métrage pendant le Festival d’Annecy 2018, qui a eu le privilège de le programmer en avant-première, la réalisatrice était accompagnée par Becky Neiman-Cobb, la productrice du film qui a également produit, entre autres, le très bon Vice Versa (où Domee Shi y était storyboardeuse) et le bouleversant Là-Haut.

Bao est le premier court-métrage Pixar réalisé par une femme, que pouvez-vous nous dire à ce propos ?

Domee Shi : Je suis très honorée d’être la première et d’ouvrir, en quelque sorte, la porte aux prochaines. J’espère sincèrement que je ne suis que le début et que beaucoup d’autres suivront car il est grand temps que les choses changent. C’est une grande responsabilité et un grand challenge pour moi et pour le monde de l’animation qui est dominé par les hommes y compris avant de débuter les différentes carrières, dans les écoles, à travers le monde. Je suis assez optimiste car désormais il y a plus de femmes qui accèdent à ce poste et à des postes plus importants. Je pense que les chiffres reflètent la réalité de l’industrie. Ils sont plus encourageants mais montrent encore une grande différence.

Pour continuer dans ce sujet, Bao est vraiment encouragé par des gros studios à travers le monde et surtout par des femmes qui ont accès à des postes à hautes responsabilités comme les réalisatrices, les productrices, les chefs de projets, les monteuses et les journalistes qui ont également un rôle très important. So Girl Power !

Bao traite de la maternité, des sentiments qu’une mère peut éprouver quand son enfant grandit et quitte le nid familial. Pourquoi avez-vous choisi de parler de cet aspect en particulier ?

DS : C’était avant tout pour comprendre un peu plus ma propre mère. Je suis enfant unique et ma mère a toujours été très protectrice. Elle voulait toujours garder un œil sur moi, même quand j’ai eu l’âge de m’occuper de moi-même. Je devais rentrer à l’heure et ne pas partir trop loin. J’ai toujours voulu ma liberté et mon indépendance surtout quand j’étais adolescente car je trouvais son comportement un peu étouffant. C’est complètement différent aujourd’hui car, bien que je ne sois pas mère, je la comprends un peu mieux.

Réaliser ce court métrage était une bonne raison de me mettre à sa place, et à la place de beaucoup d’autres parents, et de comprendre pourquoi les parents sont parfois très protecteurs envers leurs enfants. Je voulais également explorer ce lien si particulier qu’entretiennent les parents et les enfants. J’ai donc utilisé une métaphore pour expliquer tout ça à un niveau où les parents et les enfants pourrait tous comprendre.

Vous parlez de vos sentiments en tant qu’enfant mais du point de vue de la mère, pourquoi ?

DS : C’est le point de vue qui m’est le plus familier. J’aime les challenges, j’aime commencer de nouvelles histoires et je pense que c’est un excellent exercice pour moi de me mettre dans un personnage qui n’est pas comme moi. C’est également tenter d’avoir de l’empathie et, encore une fois, de comprendre ce que ce personnage peut ressentir, peut faire et la façon dont il peut réagir. Et bien sûr ça me permet de mieux comprendre ma mère !

Votre film parle d’une naissance assez particulière. Vous-êtes-vous inspirée d’autres œuvres ?

DS : J’ai été très inspirée par l’histoire du petit bonhomme en pain d’épice, un personnage assez récurrent dans les contes pour enfants. Cette histoire est à la fois merveilleuse mais aussi très sombre puisque ce petit bonhomme a été confectionné par une vieille dame qui en a fait son fils mais tout le monde veut le manger car il est très appétissant. C’est assez étrange mais en même temps c’est fascinant. J’avais très envie de faire une sorte de version chinoise un peu plus positive parce qu’à la fin de l’histoire originale il finit par être mangé. Ce qui est assez triste et déstabilisant. J’ai toujours aimé les classiques des contes pour enfants et leur habilité à montrer les parts sombres et les parts lumineuses de la vie, aux enfants qui sont plus intelligents qu’on ne le pense. Dans le même esprit j’ai également un affect particulier envers Hansel et Gretel.

Vous avez choisi de faire un film sans dialogues où la musique a une part très importante. Comment avez-vous travaillé sur ce point ?

DS : J’ai travaillé très intensément avec le compositeur du film, Toby Chu, même si on a essentiellement échangé par mail car nous travaillions à différents endroits. Quand on pouvait se voir je lui donnais des notes. Il était très cohérent avec mes idées. Pour l’aider à visualiser notre travail on lui faisait parvenir les story-boards et lui nous permettait d’accéder à des versions très travaillées de la musique. Le plus important c’était qu’on soit sur la même longueur d’onde. Notre point de départ c’était le point de vue de la mère. Il fallait que la musique soit en adéquation avec ses sentiments, ses expressions mais sans trop les appuyer pour ne pas que ça devienne exagéré ou ridicule. Je ne suis absolument pas une experte en musique alors c’était mes sentiments qui me parlaient. Je devais ressentir, en écoutant la musique, ce que la mère ressentait.

Vous avez travaillé ensemble sur le film, comment avez-vous rassemblé vos idées en tant que réalisatrice et en tant que productrice pour livrer un court-métrage dont vous êtes fières toutes les deux ?

Becky Neiman : Notre travail était différent sur un point précis. Les idées créatives, la création et tout ce qui touche au film en lui-même étaient dirigées par Domee. Je l’aidais à rassembler l’équipe, je l’aidais sur la partie organisation. J’avais la responsabilité qu’elle se sente bien au sein de son travail et qu’elle se sente libre. Ce qu’il faut savoir c’est que, très souvent, lors de la création des courts métrages Pixar, les équipes sont obligées de s’arrêter quelques temps car chacun doit retourner travailler sur ses projets de long-métrages. Dans le cas de Bao on avait, par exemple, des personnes qui travaillaient sur Coco. Ils devaient donc parfois arrêter la création de Bao et revenir plus tard.

DS : On a également beaucoup travaillé ensemble car Becky est devenue maman et j’ai profité de son nouveau statut comme inspiration car je ne suis pas mère alors que mon court-métrage traite de ce rôle en particulier. Par exemple, quand nous avons travaillé sur la naissance du bébé, on avait fait un premier test avec des doublages faits par un adulte qui pleurait comme un nourrisson. Le rendu était correct mais loin d’être parfait. Je l’ai partagé avec Becky qui connaît mieux que moi le son d’un nourrisson. Elle n’était pas satisfaite et je lui ai fait totalement confiance là-dessus. On a donc pris le son d’un réel nourrisson.

Propos recueillis par Pauline Mallet au Festival International du film d’animation d’Annecy 2018

 

 

Ci-dessus la bande-annonce de Bao, qui sera projeté avant Les Indestructibles 2, en salles le 4 juillet 2018. 

 

 

 

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