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Dumbo : rencontre avec Richard Stammers, superviseur des effets visuels

À l’occasion de la sortie en vidéo de « Dumbo » de Tim Burton le 23 août dernier, nous avons eu la chance de nous entretenir avec le superviseur des effets visuels, Richard Stammers, qui est revenu pour nous sur son travail. Une rencontre passionnante à découvrir ci-dessous.

Dumbo de Tim Burton, adaptation en live action du dessin-animé classique de Disney, est sorti en DVD, Blu-ray et VOD le 23 août dernier. Nous nous sommes replongés dans cette oeuvre magique et émouvante avec un des piliers des effets visuels, Richard Stammers.

Pouvez-vous, pour nos lecteurs, décrire en quelques mots votre travail au sein d’un film comme Dumbo ?

Bien sûr. Je suis un technicien du cinéma et plus exactement superviseur des effets spéciaux ce qui veut dire que je suis, en quelque sorte, responsable de toute la partie « magique » de ce film. D’ailleurs, que ce soit sur Dumbo ou sur les autres films sur lesquels j’ai travaillé comme Seul sur Mars ou X-Men je dois, pour résumer, rendre réel ce qui ne l’est pas.

Vous êtes un peu un magicien de l’image ?

C’est une très belle façon de résumer les choses. Je crois que je vais garder ce terme et le mettre sur ma bio (rires). Je modifierais même en disant que je suis plus illusionniste que magicien car je dois faire en sorte que les spectateurs pensent, ne serait-ce que le temps du film, que ce qu’ils voient à l’image se passe réellement. Si les effets sont ratés, c’est tout le film qui sera remis en question par le spectateur. Par exemple, même si Mars est réel, que nous avons des images de prises de vues réelles, la plupart des spectateurs, tout comme moi, n’ont jamais mis les pieds sur cette planète.

Comment avez-vous travaillé sur ce film ?

C’était à la fois très stimulant et très impressionnant de travailler sur un film comme celui-ci. On a finalement le droit à une liberté assez large mais on ne doit pas non plus oublier le matériel d’origine, en l’occurence le film d’animation des studios, sorti il y a quelques décennies. J’ai, comme ma génération, grandi avec le film. C’est un peu comme la plus grande chance et le plus grand challenge de votre vie quand on vous propose un tel projet. Je savais que les enjeux étaient grands mais je ne voulais pas laisser ce stress m’envahir et envahir mon travail. J’ai donc travaillé sur ce film comme sur les autres mais avec une petite dose de sueur en plus (rires).

Est-ce que le film d’origine, sorti en 1941, vous a servi comme support ?

C’est impossible de ne pas s’en inspirer. Premièrement parce qu’on a conscience, lorsqu’on travaille sur un tel film que le public connait l’origine du projet. Ensuite parce qu’en tant qu’animateur on a très envie de respecter ce qui a été fait par nos confrères qui avaient d’autres moyens (financiers et techniques). Par ailleurs, nous avons eu accès à pas mal d’archives et ça, c’était vraiment un magnifique cadeau. Nous avons, par exemple, pu nous inspirer de certains storyboards pour créer notre petit Dumbo. Bien que l’univers ait été repensé, les dessins d’origine nous ont beaucoup apporté. Les textures, les couleurs, tout a été possible en insérant par petites doses, parmi les multiples détails, quelques traits du film d’origine réalisé par Ben Sharpsteen.

Comment avez-vous animé Dumbo ?

On voulait que Dumbo ait l’air d’un véritable éléphanteau tout en lui apportant quelque chose d’original et irréel. Quelque chose de magique et qui colle parfaitement à l’histoire. C’est pour cela que ses yeux sont si bleus, si grands et que son regard paraît à la fois très humain mais aussi très magique. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est ce qui nous a demandé le plus de travail. Dumbo est central au film et si le spectateur n’accroche pas dès qu’il le voit, le film n’existe pas. On a donc travaillé pendant des jours sur chaque détail qui compose le petit éléphant notamment sur ses yeux et sur ses oreilles puisque c’est ce qui le rend différent.

Est-ce que le rendu final vous convient ?

Beaucoup, oui. Lorsque vous travaillez longtemps, avec une équipe aussi grande et avec des enjeux aussi élevés, vous avez toujours peur du résultat final. Peur de décevoir le public mais aussi peur de vous décevoir. J’ai donné mon maximum et je l’ai fait avec beaucoup de plaisir. Je suis très fier du travail que toute l’équipe a fourni et j’espère que le public a su, ne serait-ce qu’un peu, entrevoir tous nos efforts.

Propos recueillis pas Pauline Mallet.

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