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Leçon de cinéma en 3 points avec Peter Mackie Burns pour Daphné

INTERVIEW – Le 2 mai prochain sort sur les écrans Daphné, un excellent premier film du réalisateur britannique, Peter Mackie Burns. Il revient sur sa manière de travailler.

Le très prometteur réalisateur britannique, Peter Mackie Burns, sort son premier long-métrage, Daphné, ce mercredi 2 mai. L’histoire d’une trentenaire londonienne qui vaque entre son travail dans un restaurant et les nuits enivrées qui se succèdent. Une jeune femme qui derrière un humour acerbe cache un mal-être profond.

Avec Daphné, Peter Mackie Burns parvient à faire un film qui explore un personnage, plus qu’une œuvre construite avec une histoire très structuré, mais qui fonctionne parfaitement et qui parlera à beaucoup de personne. Le réalisateur explore le mal-être d’un personnage qui n’est pas un héros, juste une personne. Le résultat a une résonance très humaine. Peter Makie Burns a pour cela effectué un travail de fond pour construire le rôle de Daphné. Le résultat donne une œuvre personnel mais aussi universelle.

Il revient avec nous sur sa manière de travailler, son rapport à son personnage et à son scénario. Petite leçon de cinéma.

Sur le personnage de Daphné

J’aime beaucoup les films basés sur un personnage et j’essaie de poser la question : comment une femme normale essaie de survivre et faire ce qu’elle a à faire ? J’ai rencontré ce type de fille. Et on ne voit pas forcément à l’écran des rôles comme Daphné. Est-elle seule ? Peut-être, mais si elle l’est, c’est peut-être parce qu’elle a choisi de ne pas faire ce que les autres attendaient d’elle, de ne pas se joindre aux autres, elle a décidé de vivre par elle-même. Elle a essayé de devenir ce qu’elle souhaitait être. Mais ce masque qu’elle porte ne lui convient plus. Elle a créé une coquille, mais cette coquille s’est cassée.

Elle s’est fabriqué une vie qui ne marche plus pour elle, elle a 31 ans, mais elle agit comme si elle en avait 25, et c’est devenu sa prison. Et pour s’en libérer, elle doit s’ouvrir à la vie. Je pense que si vous êtes en vie et que vous voulez vivre plus que ce que votre vie ne vous offre, vous devez essayer plutôt que d’attendre que les choses arrivent. D’ailleurs nous avons un dicton dans mon pays qui dit : « Ça ne suffit pas d’espérer, il faut essayer. L’espoir nous dit d’essayer ».

Le travail du scénario

Pour le scénario, j’ai travaillé d’une manière peu commune. J’ai écrit une biographie pour le personnage principal et pour les autres, avec pas mal de détails sur leur vie. Après, avec le scénariste Nico Mensinga, nous en avons discuté ainsi que de ce que nous voulions que le film explore. Il a écrit rapidement à partir de ces éléments, d’éléments que je donnais aux acteurs et d’éléments sur le lieu de l’histoire. Puis nous avons tourné hâtivement, je désirais garder cette pression et il coopérait pendant les scènes. J’adore développer les personnages et j’aime ne pas savoir où l’histoire va aller. Je ne travaille pas dans l’improvisation, mais j’apprécie quand j’ignore où va aller l’histoire. Si vous aimez des films basés sur des personnages, c’est une manière intéressante de construire l’histoire. C’est une balance à trouver pour garder l’attention du spectateur tout en explorant un personnage.

J’ai écrit des biographies très détaillées pour le rôle de Daphné. Après quoi, j’ai donné cette matière à l’actrice, nous en avons discuté, puis je lui ai demandé de faire des choses de la biographie. Par exemple Daphné a étudié la philosophie et la littérature quand elle avait vingt ans. J’ai demandé à l’actrice de lire certains livres que cette jeune femme aurait étudié. Je lui ai aussi demandé de travailler dans un restaurant pour s’habituer au même style de vie, de fréquenter les mêmes lieux. Ce n’est pas une façon de travailler si peu commune, mais ça permet de faire ressentir ce que le personnage ressent.

Une vision et une approche personnelles du lieu de l’histoire

J’ai écrit le film pour des endroits où j’ai grandi à Londres. Ce sont des endroits qui me sont familiers, le quartier d’Éléphant and Castle. 90 % des lieux du film sont regroupés dans un petit périmètre, vous pouvez les faire à pied en dix minutes. Et j’ai choisi ces lieux parce que je les connais bien, mais aussi parce que ce sont des espaces fascinants, ce sont des lieux de passage et c’était très intéressant pour développer le personnage. J’ai aussi vécu dans l’appartement où j’ai tourné le film. C’était un peu bizarre, par moment, il y avait des amis à l’étage, j’étais avec eux, parfois je descendais pour ressentir des choses comme le personnage. Émilie Beecham y a aussi vécu, comme le personnage de Daphné. Je voulais donner une vision très personnelle de ce lieu.

J’ai tourné un court-métrage avec Émilie, 18 mois avant de faire Daphné, et c’était déjà un travail sur le personnage, une manière de l’explorer. J’ai procédé d’une manière très similaire que sur Daphné, et Émilie a été extraordinaire. Quand nous commencions à tourner une scène, je ne savais jamais où celle-ci allait nous amener et pour moi, c’est une joie de travailler comme cela. Elle savait à l’avance comment le personnage allait réagir. Et si vous la rencontrez, elle n’est pas du tout comme Daphné. Mais quand la caméra est sur elle, elle capte l’image.

Propos recueillis par Michael Leete

Daphné de Peter Mackie Burns, en salle le 2 mai 2018. Ci-dessous la bande-annonce.

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