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Le Grand Bazar : entretien avec l’équipe de la série M6

« Le Grand bazar » était projetée en avant-première durant le festival Séries Mania. À cette occasion, Baya Kasmi (création et réalisation), Michel Leclerc (scénario), Lyès Salem (scénario), et les comédien.ne.s Nailia Harzoune et Grégory Montel étaient présents. Nous avons pu les rencontrer lors d’une table ronde pour discuter de la série.

Sur l’aspect autobiographique de la série Le Grand Bazar.

Baya Kasmi : En un sens Le Grand bazar est autobiographique parce qu’on est nous-même une famille mixte et recomposée. Forcément on y a mis beaucoup de notre vécu. Durant l’écriture on a mis sur la table tout ce que nous évoquait cette famille. C’est ce qui rend les choses touchantes. Et on a bien vu, avec notre travail au cinéma, qu’en parlant de son expérience personnelle on parle finalement à plus de gens.

Michel Leclerc : Le seul intérêt de l’autobiographie d’ailleurs, c’est que, par définition, ce qu’on a vécu est complexe. Alors que lorsqu’on part de rien, on a tendance à aller vers des archétypes. Quand on part de choses qu’on a pu vivre, on inclut la complexité du réel. Et à partir de là c’est plus intéressant parce que les gens sont dans leurs contradictions, éprouvent des choses qui ne sont pas logiques.

Sur la part politique de la série.

M.L : La plupart des comédies familiales en France se passent dans des milieux bourgeois. Là on voulait faire une comédie familiale qui se passe en banlieue dans un milieu plus populaire. Rien que le fait que ce soit joyeux, je trouve ça politique en fait. On ne montre pas un côté glauque de la banlieue, mais on avait le désir de montrer un quotidien glamour en quelques sortes. Et également c’est, certes une série sur la mixité, mais la mixité n’est pas le sujet. On est au-delà de parler de la différence et de questions sur l’acceptation.

B.K : Cela vient aussi de nos références. Par exemple, on avait en tête la comédie italienne des années 1970. C’était une époque où on faisait de la comédie sociale, mais sans misérabilisme, ça pouvait être extrêmement sexy tout en montrant des milieux populaires.

Sur les enjeux

M.L : D’abord je pense qu’on peut être passionnant et passionner les gens avec des enjeux qui semblent futiles. C’est la manière de mettre en place et de décrire les personnages après qui importe. Et dans Le Grand bazar, on voit que les enjeux sont au niveau des personnages. Par exemple le personnage de Nailia Harzoune qui vexe son père en le reprenant sur la prononciation d’un mot, ça devient un enjeu pour elle.

Grégory Montel : C’est surtout chouette de voir évoluer ces personnages parce que avec Baya et Michel, le particulier devient universel. On a en plus une grande famille et donc beaucoup de portraits à traiter. Donc ce n’est pas la peine d’avoir un enjeu général. Les voir évoluer c’en est déjà un.

Sur le choix des comédiens et le rythme rapide des dialogues

B.K : Franck Capra disait que pour une comédie il demandait aux comédiens de jouer deux fois plus vite pour pouvoir donner une impression de naturel, une impression de rythme normal. On n’a pas travaillé exactement comme ça parce que nos comédiens sont déjà très rythmiques. Nailia par exemple est très rapide. Mais c’est ce rythme rapide qui rend les choses fluides à l’écran.

Nailia Harzoune : Il y a aussi le fait qu’on a dû tourner beaucoup de séquences rapidement. Le rythme était assez effréné et la charge de travail était lourde. Dans ces conditions on n’a plus le temps de trop cérébraliser. La temporalité nous l’interdit. Il faut laisser un peu place à l’instinct, qui est en fait celui de Michel et Baya qui se ressent dans leurs dialogues.

G.M : Enfin je dirais que c’est surtout bien travaillé. Parce qu’en vrai, l’improvisation au cinéma ou dans les séries, c’est nul, ça ne marche quasiment jamais parce que le rythme est forcément rompu. Il y a des exceptions, comme chez Lelouche par exemple. Mais là, en termes de rythme, si on va aussi vite, c’est parce que c’est écrit de cette façon.

Sur le casting

B.K : Le casting a été très long et un peu difficile. On a vu beaucoup de comédiens fantastiques, mais il faut vraiment qu’il y ait une rencontre entre un personnage et un comédien. Donc ça prend du temps. Pour Grégory par exemple, j’ai dû voir soixante-dix personnes avant de le trouver.

Lyes Salem : Pour Nailia, c’est marrant parce que je l’avais vue dans un festival de court-métrage à Bruxelles et je m’étais battu pour qu’elle ait le prix d’interprétation. Elle m’a jamais remercié d’ailleurs (rire). Mais donc c’était assez évident. Pareil pour Gregory, quand Baya m’a dit qu’on prenait Gregory Montel, enfin, « le gars de Dix pour cent », il y avait aussi une évidence par rapport au personnage. Et quand je vois toute la distribution, à aucun moment je doute sur un choix.

G.M : C’est là qu’on voit qu’il y a un art de la distribution. Quand il s’agit d’une œuvre aussi chorale comme Le Grand bazar, tu ne peux pas vraiment te planter, sinon ça déséquilibre tout.

Propos recueillis par Pierre Siclier

Le Grand bazar sera diffusée prochainement sur M6.

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