Rhys Ifans et Tom Hollander (The King’s Man) : "Matthew Vaughn fait ses films à l’ancienne"

Un duo de choc !

Rhys Ifans et Tom Hollander (The King’s Man) : "Matthew Vaughn fait ses films à l’ancienne"

Rhys Ifans et Tom Hollander sont à l’affiche de "The King’s Man : Première Mission". À l’occasion de la sortie du film de Matthew Vaughn, rencontre avec les deux acteurs, qui reviennent notamment sur la vision du cinéaste et les conditions de tournage singulières qui ont nourri leur jeu.

The King’s Man : première mission, premières menaces

Après Kingsman : Services secrets et Kingsman : Le Cercle d’or, Matthew Vaughn retrace les origines de l’agence d’espionnage londonienne avec The King’s Man : Première Mission. Un préquel se déroulant en pleine Première Guerre mondiale et centré sur les membres fondateurs de l’organisation secrète, interprétés par Ralph Fiennes, Gemma Arterton, Djimon Hounsou et Harris Dickinson.

Face à eux se dressent plusieurs menaces, parmi lesquelles l’énigmatique et terrifiant Grigori Raspoutine, joué par Rhys Ifans. Au service d’un mystérieux criminel, le prétendu guérisseur tient un rôle important dans le conflit puisqu’il influence le tsar Nicolas II, auquel Tom Hollander prête ses traits. Ce dernier incarne également le roi George V ainsi que l’empereur Guillaume II. Entre ces trois cousins, les tensions s’accentuent et leurs conflits diplomatiques vont avoir des conséquences désastreuses.

Pour la sortie de The King’s Man, Rhys Ifans et Tom Hollander ont évoqué pour nous leur collaboration avec Matthew Vaughn, le fait de changer d’époque et le plaisir à observer une performance aussi folle que celle de l’interprète de Raspoutine.

Rencontre avec Rhys Ifans et Tom Hollander

Qu’est-ce qui vous a convaincus de participer à la saga ?

Tom Hollander : On n’a pas eu besoin d'être convaincus, parce que Matthew Vaughn est un homme très talentueux et c’est déjà une perspective très excitante. Je pense qu’on nous a offert des rôles très intéressants dans une franchise à succès. Donc ces simples faits ont suffi à nous convaincre.

Rhys Ifans : On a suivi les données scientifiques. (Rires)

The King’s Man : Première Mission
The King’s Man : Première Mission © 20th Century Studios

Comment s’est passé le tournage avec Matthew Vaughn ?

R. I. : Eh bien, je pense que faire un film, c’est toujours pareil. "Apprenez votre texte, ne regardez pas la caméra." Le processus est le même. Mais Matthew est exceptionnel parce qu’il a une grammaire cinématographique très claire et éloquente. Les images servent la narration, il a une obsession pour la symétrie, pour l’équilibre dans le cadre. Et il brise cet équilibre avec de l’action ou de la violence. C’est comme s’il avait un cinéma dans la tête et que lorsqu’il prenait ses décisions, il arrivait à anticiper le résultat.

C’est incroyable de se retrouver au côté de quelqu’un aussi à l’aise derrière la caméra. Et il est entouré d’une équipe incroyable avec laquelle il travaille depuis de nombreuses années. Ce que je veux dire, c’est qu’on a le sentiment que Matthew Vaughn fait ses films à l’ancienne, de manière traditionnelle mais son écriture est audacieuse et moderne, et il s’amuse avec les tropes cinématographiques auxquels on est habitués. Il arrive à déjouer nos attentes et à créer de la surprise, c’est ce qui est fascinant dans tous ses films.

Vous n’en êtes tous les deux pas à votre premier rôle de méchant. Est-ce que c’est plus amusant à jouer ?

T. H. : Pas nécessairement. C’est souvent plus amusant à regarder. Qu’un rôle soit amusant à jouer ou non dépend de plusieurs choses en réalité. Qu’ils soient bons ou mauvais, on veut que les personnages soient intéressants. Les mauvais font des choses que la plupart des gens ne s’autorisent pas à faire, donc ça c’est amusant. Mais il y a aussi quelque chose d’assez banal à jouer des gens qui ne se soucient pas des autres. C’est parfois plus intéressant de jouer des personnages qui ne ressentent pas que de l’amour pour eux-mêmes. Il y a plus à jouer parce qu’il y a plus de profondeur, plus de nuances. Mais observer une performance comme celle de Rhys est une expérience inoubliable.

R. I. : Je suis désolé. (Rires)

The King’s Man : Première Mission
The King’s Man : Première Mission © 20th Century Studios

T. H. : J’ai joué un méchant une fois qui était juste un bureaucrate. Il était méchant, mais pas particulièrement intéressant. C’était une sorte de comptable.

R. I. : Ce sont les pires.

T. H. : Je pense que l’on veut jouer des personnages desquels on se sent proches, si cela est possible, auxquels le public peut s’identifier. Si l’on s’identifie à un personnage ou que l’on comprend ce qu’il traverse, alors un lien peut se créer. Et ça peut arriver avec un méchant, autant qu’avec un héros. Et ça peut ne pas arriver avec un héros.

En tant qu’acteur, qu’est-ce que cela procure de changer d’époque, de siècle, comme c’est le cas pour The King’s Man ?

R. I. : C’est fantastique !

T. H. : C’est comme un voyage dans le temps.

R. I. : Oui, c’est comme voyager dans le temps, et un voyage dans le temps vraiment très crédible avec un film comme celui-ci. Très souvent maintenant, on travaille avec la technologie du "Volume" (utilisée par exemple sur The Mandalorian, ndlr) ou sur des fonds verts. C’est encore l’une des raisons pour lesquelles on a l’impression de participer à un film à l’ancienne, parce que la plupart des intérieurs, ces intérieurs opulents, baroques et dégoulinants d’or, ont été tournés à Turin, dans de véritables palaces qui n’avaient jusqu’à présent pas vraiment autorisé de tournage.

On tournait dans ces endroits vraiment cossus, des endroits où il y avait de l’écho, ce qu'on n'a jamais sur un plateau de tournage. Donc, chaque sens est en quelque sorte sollicité dans ces endroits et ça nourrit votre performance d’acteur sur le moment. Ça rend l’expérience encore plus amusante, encore plus viscérale et plus proche de l’époque à laquelle se déroule le film.

The King’s Man : Première Mission, en salle le 29 décembre 2021. Découvrez ci-dessus la bande-annonce.

 

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