The Batman : le jeune Batman, la Batmobile, "Joker"... Le producteur du film nous dit tout

Entretien avec Dylan Clark, producteur du film le plus attendu de l'année

The Batman : le jeune Batman, la Batmobile, "Joker"... Le producteur du film nous dit tout

Pour faire "The Batman", le 2 mars 2022 dans les salles, Matt Reeves et son producteur Dylan Clark sont presque repartis de zéro. Ni origin story, ni traitement classique du super-héros expérimenté, Dylan Clark nous a raconté la démarche de "The Batman", leur méthode pour créer ce nouveau Bruce Wayne, et promis une séquence incroyable avec la Batmobile.

The Batman en approche

Le nouveau film consacré au justicier de Gotham City, The Batman, a l'ambition de frapper très fort et de secouer le monde des super-héros. Un film avec Robert Pattinson dans le rôle-titre, une période de la vie de Bruce Wayne encore inexplorée, et des moyens très conséquents mis en oeuvre pour à la fois rafraîchir et noircir le personnage. On a pu échanger avec Dylan Clark, producteur de The Batman et proche collaborateur du réalisateur Matt Reeves. Au menu, un film character-driven, un Bruce Wayne à ses débuts et la promesse d'une séquence légendaire avec une Batmobile unique !

Après les deux succès La Planète des singes : L'affrontement et La Planète des singes : Suprématie, The Batman est votre troisième collaboration avec Matt Reeves. Vous semblez avoir une méthode qui fonctionne.

Dylan Clark : Matt Reeves est un grand réalisateur et scénariste, et je l’aime comme un frère. C’est un extraordinaire cinéaste et aussi une bonne personne. Nous avons ensemble une méthodologie ambitieuse mais en réalité très simple : nous partons du personnage, d’un thème et d’une émotion, et c’est en travaillant profondément le personnage, en exposant sa nature, qu’une intrigue se construit.

Ce sont les réunions que je préfère : il part quelques jours et cherche une approche distincte et originale, puis on se retrouve, on se pose quelque part et on en ressort avec des esquisses, un brouillon.

Matt Reeves et Dylan Clark
Matt Reeves et Dylan Clark ©Getty Images 2018

The Batman annonce un Bruce Wayne à ses débuts, à une période de sa vie encore inexplorée. Pourquoi ce choix ?

Dylan Clark : Lorsque Matt est arrivé sur La Planète des singes : L’Affrontement, il a dit : « J’ai adoré ce que vous avez fait avec La Planète des singes : Les Origines, mais maintenant que vous avez fait ça, je veux vraiment explorer le personnage de César et ce qui arrive dans cette société que les singes sont en train de construire ».

Il a donc fait la même chose avec The Batman, en capturant Bruce Wayne et Batman dans leur deuxième année. On a déjà vu son origin story, on l’a déjà vu être un héros établi, mais on ne l’a pas encore vu à ses débuts, au moment où il est en train de penser et créer son futur parcours, avec des ratés.

J’aime beaucoup ça, et je crois que c’est un bon angle pour explorer profondément la psychologie d’un jeune homme de 30 ans.

The Batman
Bruce Wayne (Robert Pattinson) - The Batman ©Warner Bros.

Matt est cette personne capable de créer une émotion sincère et de l’empathie pour un personnage, avec lequel le public part pour une aventure psychologique, et aussi assurer tout le grand spectacle d’un blockbusterNous avons une équipe bien constituée depuis plusieurs films, notamment notre production designer James Chinlund, notre superviseur FX Dan Lemmon, William Hoy au montage, et on procède tous de la même manière : tout est au service du personnage. Et la qualité de l’expérience émotionnelle, dans le grand contexte commercial qui entoure un film comme ça, doit absolument être le cœur battant du film.

La qualité de production est immensément importante pour nous, et le soin apporté aux personnages l’est tout autant. On ne fait pas les choses à moitié et ce qu’on propose au public c’est d’aller jusqu’au bout.

Pas de Batman sans sa Batmobile, en quoi celle de The Batman est-elle particulière ?

Dylan Clark : La Batmobile est un personnage à part entière de The Batman, elle a sa propre personnalité. Bruce l’a assemblée lui-même et elle ressemble à une muscle car en kit, qu’un gars aurait construit dans son garage. Son but est d’intimider, de montrer sa puissance, d’aller vite et d’être très intense ! Et évidemment, on voulait aussi être différents des séries et des films. Ça a débuté dans les séries avec une voiture faite pour la vitesse, au design futuriste, pour arriver à quelque chose de très militaire dans la version de Zack Snyder, elle-même basée sur ce qu’avait fait Christopher Nolan.

The Batman
The Batman ©Warner Bros.

La Batmobile un bon exemple de notre démarche. Une fois encore on part du personnage : « Qu’est-ce que Bruce Wayne pourrait construire seul ? » Il ne pourrait pas construire un tank, mais il pourrait construire ça. Et à partir de là, donner au public des grandes séquences, intenses et uniques.

Il y a dans The Batman une séquence incroyable avec notre Batmobile. Notre course-poursuite est objectivement passionnante ! Elle a quelque chose de viscéral, de réaliste, elle a un sens.

Les deux films existent dans leur propre univers, mais on dirait que The Batman entretient dans ses intentions quelques similitudes avec Joker.

On était déjà très avancés dans le développement de The Batman quand on a vu Joker. Tout était déjà tracé, mis en place, on l’a donc plutôt perçu comme une validation de ce qu’on faisait de notre côté. La confirmation d'être dans une même démarche, qui est qu’il faut prendre ces films au sérieux, même si ça provient de bandes-dessinées, même si c’est un personnage de fiction et que Gotham n’existe pas. Il faut traiter ces sujets avec le plus grand respect pour le personnage et la ville, et c’est ce que Todd et Joaquin ont fait avec Joker. La réaction du monde entier a été un signe encourageant pour nous.

Mais je dirais surtout que ça montre que Warner Bros. souhaite travailler avec des réalisateurs talentueux qui veulent mettre l’accent sur des personnages complexes et qui, par l’émotion, vont emmener le public dans des nouvelles directions, tout en gardant l’aspect entertainment.

The Batman est un blockbuster, une super-production, on imagine que le tournage doit être particulièrement exigeant.

On a passé tellement, tellement de temps en développement et pré-production que, venu le moment du tournage, on connaît le script par coeur. Il faut alors réussir à naviguer et composer avec des défis quotidiens pour permettre aux acteurs et aux actrices de réussir leurs séquences. Parfois tout se passe bien et on va vite, parfois non.

D’une certaine manière, il n’y a plus qu’à s’exécuter, mais dans une période de temps limitée et qui propose constamment des challenges. Par exemple, avoir un Batsuit trempé et inutilisable à cause de pluies glaciales !

The Batman fait partie de ces films qui coûtent très chers et sont complexes à produire. Mais à l’arrivée, à la fin de la journée, c’est comme pour n’importe quelle autre production, la réalisation et l’interprétation doivent parvenir à transmettre l’émotion souhaitée. Sur une grosse production comme The Batman, cela peut prendre beaucoup de temps, le challenge principal est donc d’en perdre le moins possible.

 

Propos recueillis par Marc-Aurèle Garreau le 6 décembre 2021.

 

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