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The Highwaymen : entretien avec Kevin Costner

À l’occasion de la sortie de « The Highwaymen » sur Netflix, la plateforme a organisé un junket à Madrid avec la star incontestée Kevin Costner. Nous avons eu la chance d’y être conviés, découvrez notre interview avec celui qui a incarné Eliot Ness et Robin des Bois !

C’est donc à Madrid qu’a eu lieu notre rencontre avec le grand Kevin Costner à l’affiche du film Netflix The Highwaymen au côté de Woody Harrelson. Du haut de son 1.85m, il est impressionnant mais surtout il impressionne par son talent d’acteur et réalisateur. Certes les 15 dernières années ne sont pas ses meilleures mais on n’oublie pas qu’il a écrit, réalisé et joué dans Danse avec les loups, on n’oublie pas non plus qu’il a incarné Eliot Ness pour Brian De Palma, Robin des Bois pour Kevin Reynolds, ou encore Wyatt Earp pour Lawrence Kasdan. Et surtout on n’oublie pas qu’il nous a bouleversés dans Un Monde parfait de Clint Eastwood et éblouis dans JFK d’Oliver Stone. Il a même donné dans le romantisme dans l’inoubliable Bodyguard avec Whitney Houston !

Alors nous y voilà, assis à une table ronde avec d’autres journalistes en attendant Monsieur Kevin Costner. Après 20 min le voici, sourire éclatant, s’excusant et prenant soin d’adresser à chacun un regard. Car oui Kevin Costner est soucieux des autres et extrêmement respectueux, d’ailleurs il a passé avec nous plus de temps que ce qui était prévu, inquiet pour ceux qui n’avaient pas pu prendre la parole.

Pour rappel, dans The Highwaymen, Kevin Costner joue Frank Hamer, le texas ranger chargé de traquer Bonnie & Clyde. Woody Harrelson est quant à lui Maney Gault, le co-équipier de Frank Hamer (photo ci-dessous).

Woody Harrelson (« Maney Gault ») Kevin Costner (« Frank Hamer ») Photo by Hilary B Gayle / Courtesy of Netflix

Qu’est-ce qui vous a conduit à faire ce film ?

Kevin Costner : On m’a offert le rôle il y a 10 ans, mais j’ai trouvé qu’à l’époque, c’était trop tôt, je n’étais pas prêt. Et c’est revenu, 10 ans après, ça avait plus de sens pour moi, c’était un rôle que je pouvais enfin jouer.

Vous pensez que vous étiez trop jeune ?

Kevin Costner : Oui, j’étais trop jeune, fallait que je prenne trop de poids, et dans les années 30 l’apparence n’avait pas d’importance pour ces mecs-là alors que pour moi oui. Je n’étais pas prêt à enfiler ce costume et le chapeau… En plus il n’y avait rien de glamour, ni pour Bonnie & Clyde, ni pour moi, la traque a quand même duré 140 jours. C’était le Texas, il faisait très chaud, il n’y avait pas de routes pavées, pas d’air conditionné, pas de fast food, on ne pense pas à ça, c’était misérable. Au final, c’était donc un film pour moi (rires).

Il y a une scène où Frank Hamer discute avec le père de Clyde Barrow, un moment très émouvant. Avez-vous déjà vécu un moment comme ça dans votre vie ?

Kevin Costner : J’en ai eu quelques uns, mais le plus important a été le jour où j’ai décidé de devenir acteur. Ça a été un moment critique, pas du genre vivre ou mourir mais assez critique quand même. Tout le monde essaie de trouver son chemin, et les parents veulent que leurs enfants le trouvent de toutes leur force. On veut tous savoir ce qu’on veut faire et si c’est le bon choix. Je savais que je voulais écrire. Ma famille vient d’Oklahoma, et ils ont tout perdu pendant les tempêtes de poussière (Dust Bowl). Ma famille est passée par les camps de migrants que l’on voit dans le film, pour se rendre en Californie. Il n’y avait plus de travail, et ils avaient perdu tout leur argent mis en banque (12 000 dollars) quand les banques ont fermé et jamais réouvert ! Ma famille ne s’en est jamais remise.

Pensez-vous qu’il y ait une connexion entre Frank Hamer et Eliot Ness ?

Kevin Costner : La seul connexion est qu’ils étaient tous les deux simples, avec femmes et enfants. Et ils ont tous les deux pris des risques en poursuivant des meurtriers.

Oui mais ils étaient aussi tous deux hommes de loi, du bon côté contrairement à Bonnie & Clyde ?

Kevin Costner : Mais vous savez que Frank Hamer a tué plus de personnes que Bonnie & Clyde. Il avait une vraie croyance en ce que représentait la loi, tout le monde n’est pas fait comme cela. Ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas courageux, mais il y a surtout ce genre de mecs en Amérique, ce n’est pas un cliché. Ils portaient des armes, il y avait ces conditions difficiles, et beaucoup de meurtres en toute impunité. Et des gens ont dû mettre un stop à tout ça. Il fallait donc être aussi dur et aussi effrayant que ceux que vous traquiez. C’est facile de regarder en arrière et de critiquer, mais ils ont fait leur job, et finalement on est content.

Bonnie Parker et Clyde Barrow

L’expérience est-elle importante dans la profession d’acteur ?

Kevin Costner : Je pense que tout ce qui m’est arrivé de bien, c’est quand mes espérances étaient dans une histoire/un scénario. Je me demande toujours si j’aimerais voir cette histoire à l’écran. Je me mets beaucoup de pression, car je me dis que quand les gens vont voir un film, ils en veulent pour leur argent, ils n’ont pas envie de voir tout le temps le même film. Je mets un niveau de pression élevé car je crois en les spectateurs. J’y crois tellement que je ne retirerais jamais un truc de mes scénarios parce qu’on me dit de le faire. Si on me dit c’est trop dur, faut enlever ça, moi je dis : « Non, le public a besoin de voir ça pour comprendre », c’est comme les maths même si je ne suis pas bon en maths (rires).

Comment voyez-vous la manière dont le cinéma change en ce moment, nous sommes à un junket Netflix, quelle est votre opinion sur les plates-formes de streaming ?

Kevin Costner : On est en changement constant. Je sais que ce film ne se serait jamais fait si ça n’avait pas été pour Netflix. Donc on est ravis, c’est pas parce que ça ne va pas en salles que ça n’a pas de valeur. Je comprends la confusion au sujet de mettre des films de plates-formes et des films de cinéma dans la même catégorie pour les Oscar par exemple. Il faut clarifier tout cela, c’est tout nouveau. Pour l’instant on ne connaît pas les réponses, moi je ne sais pas. Ce qui sûr c’est que The Highwaymen n’aurait pas pu être fait, aujourd’hui dans le cinéma, seul le business importe et cela passe au-dessus de l’art en lui-même malheureusement.

Quels sont vos projets, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Kevin Costner : Je veux faire mes propres films. J’ai écrit un livre qui s’appelle The Explorer’s Guild, vous devriez le lire il est sur Amazon. C’est une fiction genre Jules Verne. J’aimerais en faire un film, j’aimerais aussi refaire un western. Mais je veux le faire à ma manière, je suis très têtu, et je veux que les spectateurs voient le film comme je le vois. Je ne veux pas que quelqu’un vienne et me dise d’enlever des trucs que j’aime. En réalité, il y a 6 ou 7 films que j’aimerais faire.

La dynamique entre vous et Woody Harrelson fait un peu penser à un maître et son élève ?

Kevin Costner : Non, ils étaient amis, tous deux rangers, tous deux retraités. Frank Hamer est sur le point d’aller faire quelque chose de vraiment dangereux. Qui il prend ? En réalité il en a pris plusieurs, il était vraiment dur, et les autres sont tous venus de leur plein gré. Le personnage de Woody n’est donc pas un apprenti mais plutôt une personne indispensable dans ce combat.

Woody Harrelson (« Maney Gault ») Photo by Hilary B Gayle / Courtesy of Netflix

Avez-vous parlé avec Woody de son père (tueur à gages en prison depuis 1979) ? Est-il vrai qu’il a peut-être été impliqué dans l’assassinat de JFK ?

Kevin Costner : Non je ne lui ai jamais parlé de ça, je n’aurais jamais osé. Et oui, j’ai entendu parler de ce truc car j’ai fait deux films sur le sujet : Treize jours et JFK. Il y a beaucoup de théories sur son père, mais jamais je n’’en ai parlé avec lui !

Il y a une comparaison entre Robin des Bois et Bonnie & Clyde, vous-même en tant que Robin des Bois (il l’a interprété en 1991), êtes-vous d’accord avec ça ?

Kevin Costner : (Rires) On a parlé tout à l’heure des banques et de l’économie à l’époque, je pense qu’à chaque fois dans ce genre de crise, il y a des groupes de personnes qui sont contents quand des choses pareilles arrivent. Si Bonnie & Clyde avaient blessé un des membres de leurs familles, ils auraient probablement réagi différemment. Faut savoir par exemple que pour certains Escobar étaient un héros ! Cela dépend vraiment du point de vue des gens, de leurs situations et du contexte.

Kevin Costner (« Frank Hamer ») Photo by Merrick Morton / Courtesy of Netflix

Aujourd’hui, quand vous regardez Danse avec les Loups, que voyez-vous ?

Kevin Costner : Je n’aime pas regarder en arrière. Ça a été un moment merveilleux et un succès incroyable. Quand j’ai fait le film ça a été très dur, on a fait une année de montage, j’ai dû refuser des rôles alors que j’avais besoin d’argent, À la poursuite d’Octobre Rouge par exemple, et ils m’ont même offert plus d’argent mais impossible !

J’ai mis tout mes économies dans Danse avec les loups, personne n’a voulu le faire alors je me suis tourné vers l’Europe. Et pour la petite histoire, j’avais rencontré 3 réalisateurs super connus pour faire ce film, mais ils ont tous voulu changer des trucs que je jugeais super importants. Du coup, je me suis dit :  » Je vais le faire moi-même. Si ça doit aller dans le mur tant pis mais je ne dois pas avoir peur et le faire. » Donc je l’ai fait, sans enlever la moindre chose, et je l’ai bien fait si on en croit l’audience !

Propos recueillis par Anne Domureau 

The Highwaymen de John Lee Hancock  avec Kevin Costner, Woody Harrelson, Kathy Bates et John Carroll Lynch sera disponible sur Netflix dès le 29 mars.

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