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Triple Frontière : on a rencontré Ben Affleck et Oscar Isaac

C’est à Madrid le 6 mars dernier que nous avons eu la chance de rencontrer presque toute l’équipe du film « Triple Frontière » de J.C. Chandor, qui sortira sur Netflix le 13 mars 2019. C’est par paires que nous avons pu voir les acteurs afin de leur poser des questions sur le métier d’acteur, leurs rôles respectifs dans le film, les conditions de tournage… Vous comprendrez qu’il en manquait un, Pedro Pascal était absent, quelle tristesse… Commençons donc par Ben Affleck et Oscar Isaac.

Mercredi 6 mars dernier nous étions conviés pour assister au junket Triple Frontière à Madrid (retrouvez ici notre critique du film). Netflix avait encore une fois mis les petits plats dans les grands puisque c’était dans un hôtel de luxe qu’avait lieu l’événement. Après des petits fours et des boissons (non alcoolisées) à volonté, nous étions répartis par petits groupes de journalistes dans des suites du premier étage de l’hôtel, réservé pour l’occasion.

Nous voilà donc installés bien confortablement en attendant la première paire d’acteurs Ben Affleck et Oscar Isaac. C’est quelques minutes après que le géant Ben Affleck (à la mine resplendissante) débarque, mâchant du chewing-gum et préférant siroter du thé glacé venu tout droit du Starbucks du coin plutôt que du gaspacho ! Derrière lui le petit Oscar Isaac (en comparaison), bien plus discret, arborant une énorme barbe noire et des cheveux bouclés mi-longs (tiens, tiens, ne serait-il pas en tournage ?).

Bref, c’est très souriants et disponibles (enfin faut quand même respecter le chrono) que les deux acteurs ont répondu à nos questions.

Les hommes de Triple Frontière ont l’air de chercher un nouveau sens à leur vie, qu’ils ont perdu en quittant l’armée. Pour vous qu’est-ce qui le plus important dans votre vie ? Qu’est ce qui a du sens ?

Ben Affleck : Pour moi le plus important, c’est un cliché mais ce sont mes enfants. Je veux pouvoir regarder en arrière, voir quel père j’ai été et me dire que j’ai élevé des personnes bien. C’est ce qui a le plus d’importance pour moi. Ça ne veut pas dire que mon métier et ma carrière ne signifient rien, mais c’est ce sur quoi je concentre le plus mon énergie.

Oscar Isaac : La vie ce n’est pas trouver un but pour moi, en tout cas pas sur le long terme. Quand tu as tout donné pour ton boulot, que tu as enfoncé des portes, saisi toutes les opportunités, tu arrives à un moment tu te dis « et maintenant ? ». Là il faut créer quelque chose, alors arrive le moment où fonder une famille a plus d’importance que faire un film c’est certain !

Est-ce que le fait d’être acteur aide avec les problèmes personnels ou c’est tout le contraire ?

Oscar Isaac : Moi ça m’a toujours aidé, ça donne toujours un contexte aux sentiments que je ressens. Pour être plus précis, il y a deux ans j’ai joué Hamlet juste après avoir perdu ma mère, et mon travail a donné en quelque sorte une structure à mon deuil. C’était comme avoir une pièce ou je pouvais aller et m’ouvrir complètement, étaler mon chagrin devant et avec les gens… Mon métier m’a toujours aidé à comprendre les choses par lesquelles je passe. En général, j’essaie toujours de me demander ce qu’un rôle peut m’apprendre sur ce que je ressens sur le moment.

En ce moment, le cinéma est plein de franchises avec des prequels, sequels… Est-ce que c’est rafraîchissant de tourner dans un projet original comme Triple Frontière ?

Ben Affleck : Ce film est très particulier, car c’est une équipe d’acteurs que je respecte vraiment et un réalisateur que j’admire. Tous ces éléments combinés rendent le projet attrayant. C’est une histoire de personnages forts, c’est aussi un conte moral, sans compter l’enseignement sur les interventions militaires. ça en fait un film avec plusieurs niveaux de lecture.

Photo by Melinda Sue Gordon / Courtesy of Netflix

Dernièrement Ben Affleck, vous vous êtes confié sur votre alcoolisme dans le Today Show. Pensez-vous que le fait de se dévoiler publiquement aide ?

Ben Affleck : Je suis dans une position ou je n’ai pas le choix de ce qui est public ou non, donc j’essaie de tirer le positif de ça. Ceci étant dit, je ne m’érige pas en modèle de vertu ou en exemple à suivre. Mais j’ai fait des choses qui doivent être expliquées afin de briser les tabous, pour ne pas que les gens s’imaginent n’importe quoi. On peut être addict à tellement de choses dans la vie, drogue, médicaments, shopping, jeu, sexe, bouffe… Même le téléphone ou internet ! Il y a tellement d’endroits où on peut aller pour s’échapper de la réalité et avoir notre dose de sérotonine. Il n’y a rien dont j’ai vraiment honte, la seule préoccupation que j’aie c’est de me demander si tout ça fait partie de qui je suis vraiment ?

Que pensez-vous de ce qu’a dit Steven Spielberg sur Netflix et l’ « illégitimité » de ce type de production dans les Oscars ?

Ben Affleck : Je ne pense pas que Steven Spielberg vise particulièrement Netflix ou les plates-formes de streaming, c’est plus le fait que les films produits par les plates-formes ne passent pas par la case salle de cinéma. C’est plus un point technique. Mais c’est à l’Académie de clarifier ce point car pour l’instant ce n’est pas précis. 

Personnellement, je trouve que Netflix donne la chance à des réalisateurs et des opportunités que l’industrie du cinéma ne donne pas. Cela ne veut pas dire que je veux voir les salles de cinéma disparaître, même si les choses évoluent il y a toujours une demande très forte pour ça. 

Oscar Isaac : Tout pareil que Ben (rires). 

Quelle est votre scène préférée dans du film Triple Frontière ?

Oscar Isaac : Hum, elle a été coupée au montage (rires).

Ben Affleck : Je ne peux pas avoir une scène précise préférée, mais j’aime la manière dont le personnage d’Oscar ajuste, rationalise les choses continuellement. Il est le personnage emblématique du film grâce à la façon qu’il a de rebondir à chaque situation. 

Photo: Melinda Sue Gordon / Courtesy Netflix

Pourriez-vous nous parler de l’alchimie entre les membres du groupe ?

Ben Affleck : On savait que cette alchimie représentait une très grande partie du film. Nos personnages sont tous liés très fortement et doivent pouvoir s’épauler les uns aux autres. J.C. (Chandor) savait que ce sens de la camaraderie allait aider pour raconter l’histoire. 

Oscar Isaac : D’ailleurs, on a fait des exercices en équipes comme font certaines entreprises pour créer cette espèce de lien, forcer les gens à sortir de leur zone de confort pour le groupe. Certes on était dans des lieux magnifiques pour le tournage mais ça a aussi été très difficile : les changements soudains de climats, la boue, on a été coincés des heures dans les montagnes… Ça laisse le temps de discuter, de se plaindre du réalisateur et surtout de très bien se connaître pour finalement développer ce sens de la camaraderie nécessaire au film. Il faut aussi dire que beaucoup d’entre nous se connaissaient très bien, Garrett (Hedlund) et Charlie (Hunnam) sont potes depuis 15 ans, moi c’est mon troisième film avec Garrett, et je connais Pedro (Pascal) depuis super longtemps. 

Est-ce important pour vous de ne pas être simplement définis par les rôles que vous jouez ?

Oscar Isaac : Pour moi c’est encore plus compliqué que cela puisque je suis un acteur latino. Pourtant, j’ai toujours été plus enthousiasmé par mes qualités de transformation en tant qu’acteur que par mon rôle de représentant d’une ethnie particulière. Je suis ravi de mon apparence physique (rires), on appelle ça ethniquement ambiguë dans le milieu ! Elle me permet d’interpréter des personnages d’origines diverses et variées. 

Photo by Melinda Sue Gordon / Courtesy of Netflix

Ben Affleck, quel est votre prochain projet en tant que réalisateur ?

Ben Affleck : Je suis sur pas mal de choses en même temps. Je réécris un script, j’ai un projet avec Universal et il y a aussi l’adaptation du livre King Leopold’s Ghost qui me passionne particulièrement. Mais j’essaie de me raisonner, car quand on a une famille, et qu’on devient vieux, on commence à valoriser son temps. Réaliser c’est un sacré engagement, ça demande du temps et ça peut éclipser tout le reste de sa vie. 

Ben Affleck, avez-vous donné des conseils à J.C. Chandor sur le tournage ?

Oscar Isaac : Moi j’attendais trop ce moment (rires) mais il n’est jamais arrivé !

Ben Affleck : Non, y a rien de pire que quelqu’un qui se permet de donner des conseils sur ou placer la caméra ou autre, c’est le meilleur moyen de créer le chaos sur un tournage ! Je préfère suivre la direction que le réalisateur me demande de prendre ou en tout cas m’en approcher le plus possible.

Propos recueillis par Anne Domureau. 

Triple Frontière de J.C. Chandor, sur Netflix à partir du 13 mars 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

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