Valéria Bruni-Tedeschi (La Fracture) : "j'essayais de me moquer de moi-même"

Valéria Bruni-Tedeschi (La Fracture) : "j'essayais de me moquer de moi-même"

Valéria Bruni-Tedeschi fait des étincelles dans "La Fracture" (en salles le 27 octobre) de Catherine Corsini face à Pio Marmaï et Marina Foïs. Nous l'avons rencontrée pour évoquer avec elle son personnage, ses partenaires, et sa façon de lutter contre ses propres fractures.

La Fracture : une nuit d'enfer

Présenté en Compétition officielle lors du dernier Festival de Cannes, La Fracture de Catherine Corsini est en salles depuis le 27 octobre.

Le pitch :

Raf et Julie forment un couple au bord de la rupture, qui se retrouve dans un service d'Urgences proche de l'asphyxie au soir d'une grande manifestation parisienne. Personnel débordé́, manifestants blessés et en colère vont faire voler en éclats les certitudes et les préjugés de deux femmes. Sans compter leur rencontre avec Yann, un manifestant blessé. A l'extérieur, la tension monte, l'hôpital se retrouve assiégé́. La nuit va être longue...

Valéria Bruni-Tedeschi et Pio Marmaï - La Fracture
Valéria Bruni-Tedeschi et Pio Marmaï - La Fracture © Le Pacte

Au casting de ce huis-clos explosif, on retrouve Pio Marmaï, Marina Foïs et Valéria Bruni-Tedeschi. Cette dernière interprète le personnage de Raf, qui tente de se raccrocher coûte que coûte à sa relation avec Julie.

Rencontre avec Valéria Bruni-Tedeschi

Qu'est-ce qui vous a plu dans le projet de Catherine Corsini ?

Tout d'abord, c'est le désir de travailler avec elle. Nous nous connaissons depuis longtemps, mais nous n'avions encore jamais eu l'occasion de collaborer. Moi je choisis les films avant tout pour le réalisateur, ou la réalisatrice. Et la puissance de la vision du monde qu'il ou elle propose. La Fracture fait partie des films que j'ai acceptés sans lire le scénario. Et sans hésiter.

Ensuite, à la lecture du scénario, j'ai été charmée par mon personnage. Dans le fait qu'il s'acharnait à courir après quelqu'un. C'était vivifiant, et très amusant à jouer.

Qu'est-ce qui vous touche, en particulier, chez ce personnage ?

Principalement sa peur d’être abandonnée. C’est quelque chose qui me parle personnellement. Je me suis sentie abandonnée dans ma vie, et j’ai essayé de faire comme elle. De courir après des gens. Mais ça n’a pas servi à grand chose. Pas comme dans le film. Dans le film, tous ses efforts portent leurs fruits. Je trouve que dans la vie, on fait beaucoup d’efforts qui ne portent pas leurs fruits. 

Je trouve que les efforts dans le travail paient plus souvent que les efforts dans la vie, que je trouve souvent décourageants. Il y a un manque de résultats. C’est à dire que j’arrive davantage à être gratifiée de mes efforts dans le travail. Je trouve que souvent, on est comme des Don Quichotte. On bouge pour rien quoi.

Valéria Bruni-Tedeschi, Marina Foïs - La Fracture
Valéria Bruni-Tedeschi, Marina Foïs - La Fracture © Le Pacte

Que signifie une fracture, pour vous ?

Je ne me suis jamais rien cassé, je touche du bois. Moi j’essaie de ne pas vivre les choses comme des fractures dans la vie. Même les séparations. J’essaie de les vivre comme des changements. J’essaie de toutes mes forces qu’il n’y ait pas de fractures dans ma vie. Au lieu de fractures, j’essaie que ça soit des entorses. J’essaie de radoucir la vie.

Dans le film, ça renvoie également à la fracture sociale.

Je trouve le point de vue de Catherine Corsini très intéressant. 

Après, mon personnage manque de point de vue. Et sa superficialité dans sa réflexion me renvoyait à ma propre superficialité. Et c’est assez drôle. J’essayais de me moquer de moi-même. Parce qu’elle est un peu floue dans sa pensée. Moi aussi, je me sens un peu floue. Et du coup, j’essayais d’avoir de l’humour sur ça. Le personnage me correspondait assez bien.

Qu'entendez-vous par superficialité ?

Je trouve que j’ai une superficialité. Par exemple, par rapport aux gilets jaunes, j’ai une superficialité. Je n’ai pas une grande pensée. Je n’ai pas beaucoup réfléchi. Et du coup, j’ai utilisé ça, ce manque, pour mon personnage. Cette bêtise aussi. Et d’en faire cadeau à mon personnage.

Le film a été tourné en plein confinement, comment avez-vous vécu ce tournage ?

La période a, à mon sens, été bénéfique pour le film. On était très concentré. On arrivait sur le plateau, on tournait, puis on rentrait à la maison, on ne sortait pas. Il n’y avait rien d’autre à faire que de travailler. On était juste là dans ce huis-clos ensemble. Je garde un très bon souvenir de ce tournage.

Et personnellement, j'ai très bien vécu cette période de confinement. 

J’avais la chance d’être avec ma famille, dans la nature. Et en plus c’était une période où je devais travailler sur mon scénario. Donc c’était vraiment parfait pour moi, de pouvoir me concentrer sur mon scénario. C’était une période très fertile pour moi. J’ai un peu honte de le dire, au regard de la situation désastreuse que nous avons vécue. Mais pour moi, dans le travail, ça a été une période de concentration très privilégiée.

Avez-vous pu improviser certaines scènes ? Je pense notamment à la scène très drôle d'engueulade avec Pio Marmaï...

Tout était très écrit mais il y avait la possibilité d’improviser. Catherine laissait la fenêtre ouverte, et le vent pouvait rentrer. On se sentait très libre. Ça n’empêchait pas d’être précis. La scène d’engueulade était un peu écrite, un peu improvisée. Je suis peut-être allée un peu plus loin. Ce qui provoque le rire, c’est quand on va plus loin. Si quelqu'un tombe un peu ça fait rire, si quelqu'un tombe beaucoup, ça fait beaucoup rire.

 

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