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Vita & Virginia : entretien avec la réalisatrice Chanya Button

À l’occasion de la sortie dans les salles le 10 juillet du film « Vita & Virginia » avec Gemma Arterton et Elizabeth Debicki nous avons rencontré la réalisatrice Chanya Button.

Pour son deuxième long-métrage, Vita & Virginia, la jeune réalisatrice anglaise Chanya Button a choisi de retracer la relation très forte qui unissait Virginia Woolf et Vita Sackville-West dans les années 1920. Les deux auteures sont interprétées dans le film par Elizabeth Debicki et Gemma Arterton.

Comment Virginia Woolf est arrivée dans votre vie ?

Elle a toujours été mon auteure préférée. Je l’ai découverte à l’adolescence. Son écriture m’attirait mais, à l’époque, je ne comprenais pas vraiment ce qu’elle écrivait. C’est plus tard que j’ai compris ce que j’aimais par dessus tout dans son travail : son talent pour décrire à la perfection les émotions. Elle a écrit un essai incroyable sur le cinéma, c’est ce qui m’a donné envie de devenir réalisatrice.

Dans quelles mesures votre admiration pour Virginia Woolf a impacté votre façon de travailler sur « Vita & Virginia » ?

Je me rappelle avoir été intimidée par le nombre de travaux brillants ayant déjà été faits sur Virginia Woolf, et avoir pensé que je n’allais rien apporter de nouveau par rapport à ça. Mais son travail a beaucoup résonné en moi de manière très personnelle au moment de l’adolescence, et j’avais envie de parler de ce qui m’avait touchée à l’époque. Il s’agit d’une vision très intime de Virginia Woolf, et de sa relation avec Vita Sackville-West, mais j’espère qu’elle encouragera les gens à s’intéresser à ces deux auteures extraordinaires.

Le film n’est pas un biopic sur Virginia Woolf, il s’intéresse à une période très précise de sa vie. Pourquoi vous intéressait-elle ?

Cette période marque vraiment un virage très fort dans la vie de Virginia, autant au niveau professionnel que personnel. C’est sa relation extraordinaire avec Vita qui a entrainé l’écriture du roman [Orlando] qui a changé le cours de sa carrière et fait d’elle l’auteure respectée qu’elle est aujourd’hui.

C’est aussi une période pendant laquelle Virginia Woolf s’est un peu réconciliée avec son corps [elle souffrait de troubles mentaux] au contact de Vita et je trouve que c’était quelque chose à célébrer. Virginia avait une relation compliquée avec son corps et son rapport au sexe l’était tout autant, je trouvais ça important de montrer aussi cette facette dont on parle peu.

Surtout dans les films…

Oui et je trouvais ça intéressant de mettre en avant deux femmes qui avaient un rapport au corps et au sexe totalement différent et voir comment elles pouvaient apprendre l’une de l’autre. En tant que spectatrice je trouve ça aussi rassurant de voir à l’écran des personnages pour qui le sexe n’est pas forcément quelque chose de simple, et de facile. On a tendance à croire que c’est facile pour tout le monde, mais ça n’est pas le cas. Et cet aspect n’est pas souvent abordé au cinéma.

Vita et Virginia se sont écrits des centaines de lettres. Comment avez-vous sélectionné celles qui apparaissent dans le film ?

Je suis partie des lettres qu’avait sélectionné Eileen Atkins pour sa pièce de théâtre. Le film est d’ailleurs inspiré de cette pièce. J’écrivais une scène, et ensuite je partais à la recherche des lettres qui correspondaient à la séquence que j’écrivais, comme celle où elles partent regarder l’éclipse ensemble. Je prenais des petits fragments que j’incorporais aux dialogues.

Les séquences où Vita et Virginia lisent des passages face caméra en s’adressant directement aux spectateurs étant l’occasion unique de faire ressentir au public la puissance de séduction de ces mots. On ne peut pas avoir la même sensation en lisant ces lettres qu’en les écoutant.

Le film se déroule dans les années 1920 mais est incroyablement moderne

C’était mon intention. Leur relation et leur travail ne sont pas figés dans le temps. Je trouvais que ça résonnait encore aujourd’hui.

La musique d’Isobel Waller-Bridge participe à ce sentiment…

Je trouve vraiment qu’Isobel est un génie. Je retravaille d’ailleurs avec elle sur mon prochain film.

Elle est arrivée sur le projet très tôt, au moment où j’écrivais le script. Elle a tout lu, elle est venue aux répétitions et sur le tournage. Elle s’est vraiment beaucoup imprégnée du climat du film. La musique a une part essentielle, elle m’a vraiment aidée à définir le ton de « Vita & Virginia ». La bande-originale peut être déstabilisante au début car elle dénote complètement de l’époque à laquelle se déroule le long-métrage. C’était très osé d’aller vers ce genre de sonorités, mais ça allait de pair avec le propos du film.

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