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Festival Fiction de La Rochelle 2019 : focus sur trois séries françaises événements

Focus sur trois séries Événement présentées au Festival Fiction de La Rochelle 2019 que l’on verra à la rentrée 2019-2020 et qui sont inspirées de faits réels : Un homme ordinaire, Le Bazar de la Charité et Laetitia.

Lors de la 21ème édition du Festival de la Fiction de La Rochelle, qui s’est clôturée le 14 septembre dernier, cinq séries Événements françaises ont été présentées en avant-première aux professionnels et au public, en présence des équipes. On vous dit ce qu’on a pensé de trois d’entre elles, inspirées de faits réels: deux contemporains situés en 2011 pour Un homme ordinaire (présenté en ouverture du Festival) et Laetitia, et la toute fin du XIXème siècle pour Le Bazar de la Charité. Les deux autres séries Événements du Festival, à savoir Les Sauvages (Canal +) et Mytho (Arte), feront l’objet d’une critique qui leur sera spécialement dédiée.

Un homme ordinaire

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On pourra la voir où ? Sous le format de 4 x 52′ , Un homme ordinaire sera visible sur M6.

C’est avec qui ? Réalisé par Pierre Aknine, coscénarisé avec Anne Badel. Avec Arnaud Ducret (Christophe de Salin), Chloé Lambert (son épouse) et Emilie Dequenne (Ana-Rose, la hackeuse).

Ça parle de quoi ? En avril 2011, la famille de Salin est retrouvée assassinée, enterrée sous la terrasse de la maison familiale. La mère, les quatre enfants et les deux labradors. Seul le père manque. Il s’est volatilisé. Cet homme c’est Christophe de Salin, il devient alors le principal suspect de cette tuerie. Introuvable, il bénéficie de la présomption d’innocence, même si tout semble l’accuser. C’est à travers l’enquête d’une hackeuse qui apporta un grand nombre de réponses à la police que nous allons rentrer dans les arcanes de cette affaire librement inspirée d’un fait divers qui secoua la France. Cette histoire s’attache à comprendre comment un homme, bien sous tous rapports, bon père de famille au-dessus de tout soupçon, aurait été pris dans un engrenage infernal, au point de n’entrevoir qu’une solution : l’élimination de tous les siens.

On en pense quoi ? Le meurtrier ne porte pas le même nom, et la ville n’est pas la même (Lyon à la place de Nantes), mais les créateurs de la série ne cachent pas s’être inspirés de l’affaire Dupont de Ligonnès, dont le père suspect du meurtre des membres de sa famille n’a toujours pas été retrouvé à ce jour. La blague de l’acteur Arnaud Ducret avant la projection, suggérant que De Ligonnès était peut-être dans la salle, a d’ailleurs jeté un froid. Deux épisodes ont été présentés à La Rochelle et laissent une impression glaçante très désagréable. Grâce à de (trop) nombreux flashbacks, le réalisateur s’attache aux pas de Christophe, très sobrement interprété par Arnaud Ducret. Même si on ne ressent aucune empathie pour le meurtrier qui a prémédité de sang-froid son crime, on ne peut s’empêcher de ressentir un grand malaise car les scénaristes veulent à tout prix faire comprendre aux spectateurs les raisons de ce drame (le manque d’argent, la haute estime du meurtrier…). D’autant que l’on s’attache aux membres de sa famille.

Le fait de faire mener une enquête parallèle par la hackeuse (Emilie Dequenne, toujours juste) permet de décentrer un temps le regard du spectateur, mais on ne saisit pas pour autant les motivations de la jeune femme et son intérêt pour les faits. Et ce, même si elle se sent concernée car elle a rencontré le meurtrier quelques semaines avant le crime et parce qu’il habite la même rue qu’elle. Bref, vous pouvez passer votre chemin avec Un homme ordinaire, trop racoleur.

Le Bazar de la Charité

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On pourra la voir où ? Sous le format de 8 x 52′, Le Bazar de la Charité sera visible sur TF1 et Netflix.

C’est avec qui ? Réalisé par Alexandre Laurent, scénarisé par Catherine Ramberg et Karine Spreuzkouski. Avec Audrey Fleurot, Julie de Bona, Camille Lou, Josiane Balasko, Antoine Duléry.

Ça parle de quoi ? Paris, 4 Mai 1897. Un incendie dévastateur détruit en quelques minutes “Le Bazar de la Charité”, édifice abritant une manifestation caritative très courue, faisant plus de 120 morts. Il s’agit essentiellement de femmes de la haute société et de leur personnel. A cette occasion, trois femmes, Adrienne de Lenverpré, Alice de Jeansin et sa bonne Rose Rivière voient leurs destins bouleversés. Usurpation d’identité, amours interdites, changement radical de vie, émancipation, cette mini-série nous plonge dans la société parisienne de cette fin de siècle, en suivant le destin romanesque de ses trois héroïnes.

On en pense quoi ? Drame historique grandiose, Le Bazar de la Charité est une brillante reconstitution de l’époque, notamment du fameux incendie. La série, produite et écrite par des femmes, se veut féminine et féministe et dresse le portrait de très beaux personnages féminins attachants, aux motivations bien dessinées : Adrienne (Audrey Fleurot), Alice (Camille Lou) et Rose (Julie de Bona). Le spectateur réalise le chemin parcouru pour les femmes depuis cette époque et est de fait très empathique avec chacune d’entre elles, et a envie de les voir saines et sauves, mais surtout libres. On tremble pour ce qui leur arrive, on est de tout cœur avec elles.

Sont abordées subtilement plusieurs thématiques, telles la violence conjugale, l’adultère, l’amitié féminine, le rêve américain, la volonté de sauver les apparences, la différence de classes sociales, la politique et le rôle des anarchistes, mais aussi le courage ou les mariages arrangés. Bien sûr, le trait est parfois un peu trop appuyé pour faire pleurer dans les chaumières et les personnages masculins sont un peu trop manichéens, mais on se laisse aisément happer par l’esprit romanesque totalement assumé de Le Bazar de la Charité, que l’on vous conseille de voir.

Lætitia

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On pourra la voir où ? Sous le format de 6 x 52′ , Laetitia sera visible sur France Télévisions.

C’est avec qui ? Réalisé par Jean-Xavier de Lestrade, coscénarisé avec Antoine Lacomblez, d’après le livre « Laetitia ou la fin des hommes » de l’écrivain Yvan Jablonka. Avec Yannick Choirat, Sam KarmannAlix Poisson, Noam Morgensztern de la Comédie-Française.

Ça parle de quoi ? Lætitia Perrais, 18 ans, a disparu le 18 janvier 2011. Son scooter a été retrouvé au petit matin renversé juste devant la maison. Très vite l’enquête de la gendarmerie va reconstituer les dernières heures de la jeune fille et mener à l’arrestation de Tony Meilhon. Mais s’ils ont la certitude d’avoir identifié le responsable, les enquêteurs ne retrouvent toujours pas le corps. Ce sont les répercussions sur la famille de Laetitia, et avant tout sa sœur jumelle Jessica, le fonctionnement de la police, des services sociaux, de la justice et même du gouvernement que va suivre cette histoire.

On en pense quoi ? Le spectateur qui connait l’affaire, le meurtre de Laetitia Perrais et la condamnation de Tony Meilhon en 2013, notamment grâce au livre de Yvan Jablonka (formidable étude psychologique et sociologique de l’environnement de la victime et de son meurtrier) verra dans Laetitia une très fidèle reconstitution des faits.  Le réalisateur a d’ailleurs dit lors de la présentation de son film « avoir voulu rendre hommage à la jeune fille et à ce qu’elle révèle de la violence quotidienne et invisible dans laquelle on vit ». Les principaux protagonistes sont en effet toujours vivants, et l’oncle et la tante de Jessica, la sœur jumelle de Laetitia, étaient d’ailleurs présents dans la salle. Le spectateur qui ne connait pas l’affaire sera évidemment glacé par la fiction, sachant que la réalité la dépasse.

Pourtant, même si l’on se rappelle que cette affaire a eu d’importantes répercussions politiques et judiciaires en France, on ne peut s’empêcher de se demander si certains choix artistiques sont judicieux. Ainsi, était-ce vraiment nécessaire d’insérer dans la fiction déjà suffisamment troublante, des images d’archives de journaux télévisés annonçant les différentes étapes de disparition, d’arrestation et de découverte de morceaux du corps éparpillés par le meurtrier ou des images de la véritable marche blanche ? Même si on est globalement bluffé par le jeu des acteurs, on reste perplexe par l’interprétation trop théâtrale que fait Noam Morgensztern de Tony Meilhon . Mais ces quelques retenues mises à part, on vous conseille évidemment de voir Laetitia.

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