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Baby Driver sur Netflix : comment ont été tournées les courses-poursuites ?

Baby Driver sur Netflix : comment ont été tournées les courses-poursuites ?

Avec « Baby Driver », Edgar Wright clame son amour pour les courses-poursuites et les fusillades. Pour mettre en scène cette comédie musicale de gangsters qui a longtemps mûri dans son esprit, le réalisateur s’est contenté d’un budget restreint pour ce type de productions. Ce qui ne l’a pas empêché de livrer certaines des scènes d’action les plus folles de ces dernières années. Retour sur la conception d’un film de braquage unique en son genre.

C’est quoi Baby Driver ?

Sorti en 2017, Baby Driver est le sixième long-métrage d’Edgar Wright. Si le cinéaste avait déjà fait part de son amour pour les fusillades et les courses-poursuites dans Hot Fuzz, il passe la seconde et fait ici preuve d’une virtuosité rare dans les scènes d’action. Le film raconte l’histoire de Baby (Ansel Elgort), un jeune conducteur contraint de travailler pour un gangster (Kevin Spacey) qui a le contrôle sur lui.

Baby Driver : Comment Edgar Wright a-t-il pensé et conçu son film de braquage ?

Alors qu’il enchaîne les braquages avec succès, Baby rêve de raccrocher lorsqu’il croise le regard de Debora (Lily James) dans un Diner’s. Leur objectif : rouler vers l’ouest dans une voiture qu’ils ne peuvent pas se payer avec un plan qu’ils n’ont pas. Mais avant d’atteindre cette liberté, Baby devra effectuer un dernier coup, accompagné d’une équipe de fous furieux composée de Jamie Foxx, Eiza González et Jon Hamm. Aux côtés de ces voleurs qui démarrent au quart de tour, les choses dégénèrent vite pour le pilote mélomane et virtuose…

Le long accouchement de Baby Driver

 Comme l’indique son directeur de la photographie Bill Pope (Matrix, Spider-Man 2, Scott Pilgrim), Baby Driver est « une comédie musicale postmoderne ». Du scénario au découpage, en passant par les décors, les costumes et l’interprétation des comédiens, tout se superpose parfaitement sur les chansons minutieusement sélectionnées, pour composer une mélodie visuelle où les fusillades et les courses-poursuites se succèdent avec une précision horlogère.

Baby Driver : Comment Edgar Wright a-t-il pensé et conçu son film de braquage ?

La musique a une importance extra mais aussi intradiégétique, puisque les titres que l’on entend sont la plupart du temps ceux que Baby écoute. Traumatisé par l’accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère, le héros souffre d’un acouphène et seules les playlists de ses iPod ont le pouvoir de le soulager de cette gêne omniprésente.

Vecteur d’émotions qui s’accordent toujours à celles de ses personnages - à moins que ce ne soit l’inverse, la musique est donc le centre du récit et de la réalisation dans Baby Driver. L’idée de penser un long-métrage en partant de morceaux qui ont forgé sa culture et son identité remonte à loin pour Edgar Wright. En 1994, lorsqu’il entend le morceau Bellbottoms de The Jon Spencer Blues Explosion (qui ouvre le film), le cinéaste en devenir se dit qu’il pourrait mettre en scène un film dans lequel la musique donnerait le la en permanence. Dans un making-of cité par Capture Mag, le réalisateur expliquait

Baby Driver est un film qui me trottait dans la tête depuis plus de vingt ans. Ça commencé quand j’ai écouté une chanson. J’écoutais souvent cette chanson quand j’avais 21 ans et je me disais : « Ça ferait une bonne course-poursuite ».

Baby Driver : Un savoir-faire artisanal

Tourné à Atlanta, Baby Driver met en valeur une métropole rarement exploitée au cinéma. Avec un budget de 35 millions de dollars - contre 250 millions pour Fast & Furious 8 sorti la même année, Edgar Wright a réalisé chacune des poursuites dans les rues de la ville, refusant d’avoir recours aux fonds verts et ne voulant pas utiliser de voitures numériques.

Les trois courses-poursuites ont été bouclées en une seule prise par manque de temps dans Atlanta, à la suite de nombreuses répétitions de ces scènes ultra chorégraphiées. L’un des moments clés du film, où Baby est contraint de quitter sa voiture et se lance dans un sprint acrobatique, a été tourné dès le premier jour des prises de vues. Durant la promotion du long-métrage, le chorégraphe Ryan Heffington racontait :

Il s’agit d’une scène tournée en une seule prise dans laquelle Baby parcourt trois pâtés de maison en plein cœur de la ville. Chaque passant, serveur, enfant ou chien qu’il croise suit une chorégraphie millimétrée. C’est une sorte de réalité alternative où tout a l’air vrai mais où tout est en fait chronométré et synchronisé

Par ailleurs, si le véhicule est contrôlé par un cascadeur installé sur le toit lorsqu’il est avec ses acolytes (comme l’explique Le Point Pop), Ansel Elgort pilote lui-même son bolide dans les séquences où il est seul à bord. En primant sur un savoir-faire artisanal particulièrement rare de nos jours à Hollywood, Edgar Wright signe un film qui s’ancre parfaitement dans la lignée de ses modèles (Driver, The Blues Brothers, Bonnie & Clyde) tout en proposant une expérience profondément originale et galvanisante.

Baby Driver est à voir ou revoir sur Netflix.

 

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