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Basic Instinct : cette scène de sexe qui a nécessité cinq jours de tournage

Une scène mémorable qui fut longtemps travaillée

Basic Instinct : cette scène de sexe qui a nécessité cinq jours de tournage

Près de trente ans après sa sortie, "Basic Instinct" reste un thriller érotique inégalé. Une réussite due à la maîtrise de Paul Verhoeven et à la dévotion de ses deux acteurs principaux, Sharon Stone et Michael Douglas, qui ont fait preuve d’une implication sans faille, y compris pour les scènes les plus explicites et difficiles à tourner.

Basic Instinct : sexe, drogue et meurtres à San Francisco

Après une arrivée tonitruante à Hollywood marquée par les succès de RoboCop et Total Recall, Paul Verhoeven continue en 1992 d’explorer deux de ses thématiques de prédilection avec Basic Instinct : la violence et le sexe. Et le cinéaste hollandais donne d’emblée le ton. Durant l'ouverture orgasmique et sanglante, une femme s’acharne à coups de pic à glace sur la tête d’une ancienne rockstar, en pleins ébats.

L’enquête sur le meurtre est confiée à Nick Curran (Michael Douglas), inspecteur de San Francisco réputé pour son penchant pour l’alcool et doté d’un passif chargé, puisqu’il a accidentellement tué deux personnes sous cocaïne. Depuis, le flic est suivi par une psychologue de la police, Beth Garner (Jeanne Tripplehorn), avec laquelle il entretient une relation pour le moins ambigüe.

Basic Instinct
Basic Instinct © Studiocanal

Nick et son partenaire Gus Moran (George Dzundza) orientent rapidement leurs investigations vers Catherine Tramell (Sharon Stone). Cette romancière spécialiste des histoires glauques entretenait une liaison avec le défunt musicien. Alors que de nombreux éléments font d’elle la principale suspecte, l’écrivaine fascine Nick. L'inspecteur ressent une dangereuse attirance envers elle malgré les mises en garde de Beth, ancienne camarade de classe de Catherine.

Une mise en confiance nécessaire

Basic Instinct repose sur une association de talents au sommet de leur art. Le long-métrage est basé sur le script de Joe Eszterhas, que Paul Verhoeven ne modifie quasiment pas grâce à l’insistance du scénariste. Le film bénéficie également de la composition lascive et inquiétante de Jerry Goldsmith. À cela s'ajoute la mise en scène virtuose du cinéaste. Ce dernier souligne les rapports de force entre les personnages principaux dans les séquences de séduction et de sexe, avec le soutien de son chef opérateur Jan de Bont.

Le réalisateur peut aussi s’appuyer sur la dévotion et l’implication de Sharon Stone et Michael Douglas. Le thriller doit énormément à leurs performances troublantes, bestiales et érotiques. Pour les scènes de sexe, Paul Verhoeven réussit à les mettre en confiance. Il réduit notamment l’équipe de tournage au maximum durant les prises de vues.

Une scène ultra chorégraphiée

L’un des moments clés est celui où Catherine Tramell et Nick Curran couchent ensemble après s’être retrouvés en discothèque. Un passage au cours duquel la romancière prend clairement l’ascendant sur le policier, et qui résume le jeu de manipulation entre eux. Une scène explicite longuement travaillée en amont. Paul Verhoeven prépare avec méticulosité les storyboards et filme ensuite un maximum de plans, s’attendant à juste titre à la censure aux États-Unis.

Cette rencontre charnelle entre les deux personnages principaux nécessite cinq jours de tournage. Paul Verhoeven n’hésite pas à se montrer extrêmement précis dans ses directives, ce qui crée parfois des tensions. Il préfère par ailleurs ne pas faire appel à des doublures. Pendant la promotion en 1992, Michael Douglas raconte à Entertainment Weekly :

Tout le sexe est chorégraphié. On parle et parle du sexe à l’avance - de ce à quoi on veut arriver. Et puis on le décompose en battements. (…) On le fait avec nos vêtements pendant les répétitions. C’est un processus épuisant parce que ce sont des journées de dix heures. Et on le fait pendant quatre ou cinq jours. On doit se soucier de la lumière, des ombres, de nos visages. C’est comme une séquence de combat, on doit toujours maintenir un contact visuel.

Lorsqu’elle s’engage sur Basic Instinct, Sharon Stone a 32 ans et joue son avenir avec le film. À l’arrivée, le thriller sulfureux fait d’elle une star internationale, mais lui colle une image faussée. Dans le documentaire passionnant intitulé Basic Instinct : Sex, Death and Stone, qui revient sur la construction du long-métrage, elle explique avoir été injustement associée à son personnage de femme fatale. Ce fut par exemple le cas pendant sa bataille devant les tribunaux pour la garde de son fils Roan, qu’elle perd en 2008.

 

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