Benedetta : comment Paul Verhoeven a déstabilisé Virginie Efira pendant le tournage d'une scène de sexe ?

Virginie Efira a dû tourner plusieurs scènes osées pour les besoins de "Benedetta". Au cours de certaines prises de vues, la comédienne a eu peur de tomber dans le ridicule en raison de l'insistance de Paul Verhoeven.

Benedetta : Virginie Efira en état de grâce

Sorti en 2021, lors de sa présentation au Festival de Cannes, Benedetta marque la deuxième collaboration entre Virginie Efira et Paul Verhoeven. Dans Elle, elle prêtait ses traits à la voisine bigote d'Isabelle Huppert. Dans le film inspiré de la véritable histoire de Benedetta Carlini, elle interprète cette nonne d'un couvent de Pescia, dans l'Italie du XVIIe siècle.

En proie à des visions auditives et visuelles depuis son enfance, la religieuse est convaincue de pouvoir entrer en contact avec la Vierge et Jésus. Lorsque Bartolomea (Daphné Patakia) intègre son couvent, ces apparitions miraculeuses se renforcent à mesure que son attirance pour la jeune femme grandit.

Si certaines de ses soeurs sont convaincues de ses dons, d'autres ne voient en Benedetta qu'une manipulatrice. C'est notamment le cas de la révérende mère Felicita (Charlotte Rampling), qui l'observe secrètement et découvre son amour pour Bartolomea...

Lambert Wilson, Olivier Rabourdin, Louise Chevillotte et Clotilde Courau complètent la distribution de cette oeuvre avec laquelle Paul Verhoeven se moque à nouveau de la notion de bigoterie. Le réalisateur de La Chair et le sang et Basic Instinct ne remet pas pour autant en question la foi inaltérable de son personnage principal, formidablement incarné par Virginie Efira. Après Victoria, Le Grand bain, Un amour impossible et Adieu les cons, la comédienne a de nouveau été nommée aux César pour sa superbe interprétation.

Un rôle complexe

Doté d'un humour féroce, d'un ton ambigü, d'un récit qui bascule progressivement dans le chaos et qui fait le choix de ne pas répondre à toutes les interrogations, Benedetta offre un rôle complexe à Virginie Efira. À propos de son envie de collaborer avec Paul Verhoeven, l'actrice explique à Ciné Télé Revue :

Avec Paul Verhoeven, je savais que ça allait être super et en même temps risqué. Mais c’est ça qui est excitant. Au-delà des scènes de sexe, ce film est un mélange de plein de choses. Certaines très drôles, burlesques, puis tragiques. Et pour que ça fonctionne, il faut avoir confiance dans son metteur en scène. Paul Verhoeven est souvent décrié, certains l’adorent, d’autres le détestent. Mais les gens passent souvent à côté de l’aspect satirique de ses films. Il y a toujours un moment où il grossit le trait, où c’est excessif. Mais en même temps, ses interrogations sur la foi sont très profondes. Il a plus de 80 ans, mais il est toujours d’une jeunesse extraordinaire.

Interrogée par Le Parisien, elle explique comprendre que certaines séquences puissent choquer, mais qu'elles reflètent quoi qu'il en soit "un geste cinématographique" du réalisateur.

"Je vais finir comme dans Showgirls"

Les scènes de sexe en font évidemment partie. Pour ces dernières, Virginie Efira a su développer une complicité avec sa partenaire Daphné Patakia. Si l'interprète de Benedetta n'était pas "à l'aise tout le temps", elle les a malgré tout tournées dans un climat de sérénité. Elle ajoute à ce sujet :

Parfois on croit en avoir fini avec la pudeur alors que ça n’est pas si évident, mais on s’est quand même amusées. C’était même facile, détendu. On a ainsi tourné une scène d’amour pendant deux jours : il fallait de l’érotisme, de l’intimité, de la métaphore aussi, on a cherché tous ensemble, avec une grande confiance en Paul Verhoeven.

https://www.youtube.com/watch?v=N5Xto25yJXI

Une confiance qui lui a permis de surmonter certains doutes, comme elle le révèle en évoquant un moment embarrassant auprès du Point, citée par Télé-Loisirs :

Paul me disait : 'Plus ! Plus !', alors que je mimais l'orgasme. Et moi, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire : 'Ce n'est pas possible, je vais finir comme dans Showgirls à m'agiter ainsi comme un dauphin échoué'.

Ce qui n'est absolument pas le cas à l'écran puisque Paul Verhoeven sait trouver le bon équilibre et, selon les mots de Virginie Efira, "redonne depuis toujours aux femmes leur étonnante complexité". Elle conclut :

Il les libère des cases, des clichés dans lesquels elles sont bien souvent enfermées. En cela, c'est un réalisateur éminemment féministe.