Blade Runner 2049 sur Netflix : cette scène importante que Denis Villeneuve a failli abandonner

Blade Runner 2049 sur Netflix : cette scène importante que Denis Villeneuve a failli abandonner

La première confrontation entre Ryan Gosling et Harrison Ford est musclée dans "Blade Runner 2049". Une scène qui en dit long sur la méfiance de Rick Deckard, mais que Denis Villeneuve a songé à couper au montage, avant de la transformer en post-production.

Blade Runner 2049 : la chasse reprend

Succéder à Ridley Scott et ses nombreuses versions de Blade Runner n’est pas une mince affaire. En 2017, Denis Villeneuve relève le défi, proposant une nouvelle incursion dans l’univers créé par Philip K. Dick avec Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?. Blade Runner 2049 débute trente ans après la première chasse menée par Rick Deckard, le personnage culte incarné par Harrison Ford.

Dès l’introduction dans une ferme dépouillée où la patte visuelle du réalisateur se ressent, aidé par le chef opérateur Roger Deakins et le chef décorateur Dennis Gassner, le doute sur l’identité de K, blade runner interprété par Ryan Gosling, semble être levé. Au cours d’un combat avec un ancien modèle Nexus (Dave Bautista), la résistance et les prouesses physiques du traqueur ne laissent aucune place à l'hésitation vis-à-vis de sa nature.

Le doute va pourtant s’installer chez l’androïde après qu'il a retrouvé les restes enterrés d’une femme dans l'exploitation agricole. L’analyse médico-légale révèle que cette réplicante, qui n’est autre que Rachel (Sean Young), serait décédée à la suite de complications provoquées par une césarienne. Après cette découverte, sa supérieure Joshi (Robin Wright) recommande à K de détruire toute trace de cette naissance, à commencer par l’enfant traqué par Niander Wallace (Jared Leto), mégalomane avide de pouvoir désormais à la tête de la Tyrell Corporation. Peu à peu, plusieurs signes laissent penser au blade runner qu’il pourrait être l’enfant en question.

Blade Runner 2049
K (Ryan Gosling) - Blade Runner 2049 © Sony Pictures Entertainment

S’il s’éloigne esthétiquement de son prédécesseur, Blade Runner 2049 revendique donc clairement sa filiation avec le film de Ridley Scott à travers son script signé Hampton Fancher et Michael Green. Denis Villeneuve continue d’explorer les sentiments et émotions des androïdes. Pour cela, il s’attarde notamment sur la relation entre K et l’intelligence artificielle Joi (Ana de Armas). Il joue également sur l’absence de Rick Deckard en repoussant son retour durant la majeure partie de l’œuvre. La rencontre entre le protagoniste et le nouvel enquêteur a d’ailleurs failli prendre une autre tournure.

Un combat presque supprimé

Dans le dernier acte de Blade Runner 2049, K se lance à la recherche de Deckard. Le policier veut obtenir des réponses sur son identité et sur le sort funeste de Rachel. Sa quête l’emmène à Las Vegas. La ville est désertée en raison de sa radioactivité et nappée dans des teintes orangées, où l’ancien blade runner vit reclus dans un casino vintage.

Au cours de leur première confrontation, les deux personnages s’écharpent dans la boîte de nuit de l’établissement, où l’on aperçoit de brèves performances des hologrammes d’Elvis Presley et de Marilyn Monroe. Un combat au cours duquel Harrison Ford a véritablement frappé Ryan Gosling. L'acteur s'est ensuite excusé en proposant à son partenaire de partager une bouteille de scotch.

Blade Runner 2049
Rick Deckard (Harrison Ford) - Blade Runner 2049 © Sony Pictures Entertainment

Cette anecdote a en partie rendu célèbre cette rencontre musclée. Néanmoins, les spectateurs ont bien failli ne pas la voir lors de la sortie du long-métrage. Denis Villeneuve a pendant un temps songé à la couper au montage. Le réalisateur estimait qu’elle manquait cruellement de tension, comme l’explique le monteur Joe Walker, interrogé par Pro Video Coalition :

Nous avions travaillé dur là-dessus pendant six mois, donc c’était décevant, mais je savais qu’il avait raison. Sur le ton, ça n’allait pas, ça ne ressemblait pas à Blade Runner. (…) La dernière fois que Deckard a rencontré un réplicant, c’était Roy Batty (interprété par Rutger Hauer dans Blade Runner, ndlr), qui a failli le tuer. Le combat devait donc être plein de peur et de tension. Une chasse à l’homme, pas un spectacle de variétés.

Réduire les éléments

Dans cette scène, Rick Deckard était à l’origine censé provoquer l’allumage de nombreux hologrammes en relançant le courant, afin de perturber K et d’avoir un avantage sur lui grâce à sa connaissance de l’espace. Une abondance qui a donc déplu à Denis Villeneuve, visiblement effrayé à l’idée de tomber dans la surenchère.

Joe Walker précise qu’une majorité de couches d’hologrammes, allant du sol au plafond, ont été enlevées. Des suppressions qui plongent finalement Harrison Ford et Ryan Gosling dans l’obscurité et qui permettent au combat de fonctionner visuellement avec le reste du film. Un choix qui renforce aussi l’idée que Deckard se bat seul et que K se laisse frapper, désireux d’ôter toute méfiance à son adversaire.

 

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