I, Robot : pourquoi le film a été une expérience douloureuse pour Alex Proyas ?

Tout ne se passe pas comme prévu...

I, Robot : pourquoi le film a été une expérience douloureuse pour Alex Proyas ?

Après "The Crow" et "Dark City", Alex Proyas change de style et signe "I, Robot", un blockbuster estival porté par Will Smith. Une expérience douloureuse et conflictuelle pour le réalisateur, qui a du mal à conjuguer avec les exigences de la Fox.

I, Robot : l’intelligence artificielle se rebelle

L’intrigue d’I, Robot se base sur l’œuvre de l’écrivain Isaac Asimov, inventeur des lois de la robotique, ainsi que sur le concept d’un script de Jeff Vintar intitulé Hardwired, dans lequel un robot assassine un humain. Sorti en 2004, le long-métrage d’Alex Proyas se déroule à Chicago, en 2035.

Policier traumatisé à la suite d’un terrible accident, Del Spooner (Will Smith) exècre au plus haut point l’intelligence artificielle. Quelques jours avant la commercialisation de son nouveau modèle de robot pour la société USR, le créateur Alfred Lanning (James Cromwell) meurt après une chute de son bureau situé au sommet du building de la firme. Peu de temps avant son décès, il enregistre une vidéo pour demander à Spooner, avec lequel il s’était lié d’amitié, de se charger de l’enquête.

Très vite, l'inspecteur réfute la thèse du suicide. Ses soupçons se renforcent lorsque l’un des derniers prototypes d’USR prénommé Sonny (Alan Tudyk) prend la fuite après avoir été retrouvé sur le lieu de l’éventuel crime. Avec l’aide de la robopsychologue Susan Calvin (Bridget Moynahan), Spooner va tenter de comprendre les motivations de Sonny, qui semble ressentir des émotions et éprouver des sentiments.

I, Robot
I, Robot © 20th Century Studios

Bruce Greenwood, Chi McBride et Shia LaBeouf complètent la distribution d’I, Robot. Récoltant plus de 353 millions de dollars de recettes mondiales, le film est un succès au box-office. Une réussite commerciale qui ne donne cependant pas envie à Alex Proyas de continuer à collaborer avec la Fox.

De nombreuses interférences entre Alex Proyas et I, Robot

Troisième long-métrage du cinéaste, I, Robot adopte un ton ainsi qu’une tournure nettement plus consensuels que The Crow et Dark City. La présence de Will Smith n’est évidemment pas étrangère au fait que le film prenne la forme d’un blockbuster estival, mais n’en est pas l’unique raison. Alex Proyas doit faire face aux exigences et remarques de 20th Century Fox. Alors dirigé par Tom Rothman, le studio lui demande notamment d’insérer davantage de blagues, comme il le confie au site CHUD en 2009.

I, Robot n’est pas un cas à part au sein de la Fox à l’époque, puisque des longs-métrages comme Daredevil ou Die Hard 4 : Retour en enfer, pour ne citer qu’eux, sont délestés de certaines scènes afin d’atténuer la violence dans le but de toucher un plus large public. Une situation qu’Alex Proyas vit sur le tournage d’I, Robot, raison pour laquelle il refuse de travailler par la suite avec 20th Century Fox.

I, Robot
I, Robot © 20th Century Studios

Lorsqu’une rumeur affirmant que le cinéaste serait aux commandes de Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent se met à circuler, il dément en assurant qu’il n’aurait quoi qu’il en soit jamais envisagé de le réaliser, malgré son attachement aux super-héros. Il affirme auprès de MTV en 2008 :

Parce que c’est un film Fox. Et je suis déterminé à ne plus jamais travailler avec eux à cause de mon expérience sur I, Robot.

Vers un prolongement de Dark City ?

Un an plus tard, pour la sortie du film catastrophe Prédictions, dans lequel Nicolas Cage tente d’empêcher des cataclysmes à venir, Alex Proyas revient sur ses propos. Interrogé par Den of Geek, il explique ne pas être contre l’idée de retravailler un jour avec la Fox, ajoutant :

Ce n’est pas que je m’oppose au studio. C’est le régime, les gens qui le dirigent actuellement qui sont totalement… disons : ce ne sont pas les amis des cinéastes. Et je ne suis pas le seul à dire ça.

Depuis, Alex Proyas a connu un échec commercial foudroyant avec l’indescriptible et mémorable Gods of Egypt. Doté d’un budget de 140 millions de dollars selon IMDb, le film n’a récolté que 150,6 millions de dollars au box-office mondial, dont seulement 31 millions aux États-Unis. Le réalisateur s’est ensuite concentré sur trois courts-métrages, loin des grands studios, produits avec sa société Mystery Clock Cinema : Phobos, Strange Nostalgia et Mask of the Evil Apparition. Ce dernier s’inscrit dans l’univers de Dark City, qu’Alex Proyas souhaiterait développer à l'avenir à travers une série. Lors d’une discussion pour le Popcorn Frights Film Festival, Alex Proyas déclare, cité par Bloody Disgusting et Écran Large :

Dark City capte actuellement toute mon attention, parce que nous sommes en plein dans le développement d'une série Dark City. (...) Je dois tout ré-analyser dans le but de construire une toute nouvelle histoire. Il faut que je me rafraîchisse la mémoire et que je parvienne à me souvenir de ce qu'on a fait, ce qui a marché ou n'a pas marché, et que je réévalue mon propre film, donc c'est une expérience très enrichissante que je n'avais pas encore connue.

 

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