La Forme de l’eau sur France 2 : ce souvenir d’enfance de Guillermo del Toro à l'origine du film

Un souvenir qui explique pas mal de choses !

La Forme de l’eau sur France 2 : ce souvenir d’enfance de Guillermo del Toro à l'origine du film

Dans "La Forme de l’eau", une héroïne muette tombe amoureuse d’un homme amphibien, créature qui est la seule à la voir telle qu’elle est réellement. Une romance fantastique née d’une découverte fondamentale pour Guillermo del Toro durant son enfance.

La Forme de l’eau : la belle et la bête

Après une incursion dans l’horreur gothique avec Crimson Peak, Guillermo del Toro clame à nouveau son amour pour les monstres en 2018 dans La Forme de l’eau. Et comme toujours chez le cinéaste, les créatures les plus inquiétantes ne sont pas celles que l’on croit.

Le long-métrage est centré sur Elisa Esposito (Sally Hawkins). Cette employée de ménage travaille dans un laboratoire gouvernemental américain dont l’existence est tenue secrète. Muette, la jeune femme mène une existence relativement solitaire, en dehors de ses amitiés avec son voisin Giles (Richard Jenkins) et sa collègue Zelda (Octavia Spencer).

Elisa est témoin de l’arrivée d’un humanoïde amphibien (Doug Jones) dans le laboratoire. En pleine guerre froide, ce dernier est à la fois convoité par les États-Unis et la Russie. Désireux d’en savoir plus sur ses capacités, les agents américains le retiennent. Et le cruel colonel Richard Strickland (Michael Shannon) prend plaisir à le torturer.

La Forme de l'eau
La Forme de l'eau © Walt Disney Studios Motion Pictures

Fascinée par la créature, qui la perçoit véritablement telle qu’elle est, l’héroïne apprend à communiquer avec elle. Elle projette de la faire s’échapper avec l’aide de Zelda et Giles. Alors que les sentiments se renforcent entre Elisa et l’homme amphibien, Strickland se met à les traquer sans relâche.

Guillermo del Toro, un cinéphile généreux

Récompensé par quatre Oscars, La Forme de l’eau décroche également le Lion d’or à la Mostra de Venise. Récit qui met en avant la beauté de l'altérité au cœur des États-Unis puritains des années 60, le long-métrage synthétise de nombreux thèmes et éléments visuels chers à Guillermo del Toro.

Après Hellboy, Le Labyrinthe de Pan et Crimson Peak, le réalisateur met une nouvelle fois en avant un protagoniste seul et incompris. Celui-ci ne trouvera son salut qu’en acceptant l’irrationnel et les possibilités infinies d’un monde qui le dépasse. À l’inverse, les personnages attachés à leur vision d’une réalité conformiste, à l’image du méchant campé par Michael Shannon, n'ont guère de chance dans cet univers.

Un univers construit autour de la passion du cinéaste pour les monstres, clef de voûte de son œuvre, mais aussi de son amour inconditionnel pour le septième art. La Forme de l’eau regorge de clins d’œil. L’héroïne vit par exemple dans un appartement où la baie vitrée sort tout droit de l’un des films favoris de Guillermo del Toro, Les Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger. Elle vit par ailleurs juste au-dessus d’un cinéma, l’Orpheum. Dans la salle est projeté le péplum L’Histoire de Ruth. Son voisin Giles semble être quant à lui un grand amateur de comédies musicales, diffusées sur son poste de télévision. Enfin, la séquence en noir et blanc s'inspire des longs-métrages de Stanley Donen (Chantons sous la pluie) mais aussi d'En suivant la flotte, avec Ginger Rogers et Fred Astaire.

Un autre destin pour l’étrange créature du lac noir

Mais l’hommage le plus appuyé reste celui à L’Étrange créature du lac noir. Dans les premières scènes, le colonel Strickland explique avoir capturé l’homme amphibien lors d’une expédition en Amazonie. Une ligne de dialogue qui renvoie directement au film d’horreur de Jack Arnold sorti en 1954. Guillermo del Toro est extrêmement attaché au long-métrage, qu’il découvre très jeune. Lors d’un entretien pour l’école Stan Winston dans laquelle il raconte la conception du monstre, le maquilleur Shane Mahan déclare à ce sujet :

Guillermo a raconté qu’il avait six ans quand il a découvert L’Etrange créature du lac noir. Il adorait les scènes où l’héroïne nageait avec la créature, et l’obsession que celle-ci développait pour la jeune femme. Mais dans ces films des années 1950/1960, la créature ne finissait jamais avec la fille. C’est ce qui lui a donné envie de réaliser ce projet.

Le design de l’homme amphibien de La Forme de l’eau pourrait d’ailleurs être une sorte de croisement entre celui de L’Étrange créature du lac noir et celui d’Abe Sapien. Guillermo del Toro a lui-même conçu l’apparence de l’acolyte d’Hellboy, autre monstre emblématique de son cinéma déjà incarné par Doug Jones.

 

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