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Le Cinquième Élément : aviez-vous vu ces références à des classiques de la SF ?

Un grand film SF qui rend hommage à ses prédécesseurs

Le Cinquième Élément : aviez-vous vu ces références à des classiques de la SF ?

Dans "Le Cinquième Élément", Bruce Willis doit sauver Milla Jovovich pour sauver l'humanité dans un spectacle de science-fiction mené de main de maître par Luc Besson. Pour son grand succès de 1997, le cinéaste s'est inspiré d'univers existants et offre quelques jolies références.

En 1997, Luc Besson présente un de ses meilleurs films, et son plus grand  succès international après Lucy sorti en 2014. La filmographie de Luc Besson est d'une grande richesse, avec plusieurs genres explorés et une approche ambitieuse de ses sujets. S'il s'est montré toujours efficace le traitement de divers thèmes, on ne se tromperait pas à estimer qu'il aime beaucoup la science-fiction et que c'est dans ce cinéma que ses réussites sont les plus éclatantes. Le Cinquième Élément n'est plus vraiment à présenter : un casting royal composé de Bruce Willis et Milla Jovovich, Gary Oldman, Brion James, Ian Holm, Maïwenn, une action explosive, de l'humour assuré par un Chris Tucker déchaîné, un personnage parfait pour Bruce Willis qui excelle dans cette variation colorée et second degré de sa figure du héros popularisée avec John McClane. Le budget de 75 millions de dollars - très important à l'époque et alors production française la plus chère de l'histoire - est dépensé à bon escient, et le film gagne rapidement un statut culte.

Le Cinquième Élément
Le Cinquième Élément ©Gaumont

Mais il fallait un peu plus pour séduire à ce point le monde entier, où il encaisse plus de 200 millions de dollars de recettes. La clé ? Donner à son film une matière universelle : une star planétaire, une intrigue simple et manichéenne, une morale  basique universaliste, et y glisser une foule de références à des oeuvres culturelles dont Luc Besson est fan et voit le grand potentiel de sympathie.

Blade Runner et Total Recall

Quand on parle de cinéma de science-fiction, impossible d'oublier que sa forme contemporaine est influencée par l'oeuvre de Ridley Scott Blade Runner (1982). Un film dont l'esthétique va durablement marquer les créateurs, auteurs, designers, et les jeunes réalisateurs tels que Luc Besson. Avec une création cependant originale, le réalisateur français s'inspire largement de Blade Runner pour la conception de son héros, celle d'êtres hybrides, et l'idée des pyramides... Par ailleurs, l'acteur Brion James (Général Munro) était aussi au casting du film de Ridley Scott, dans le rôle de Leon.

Autre référence à un grand classique, à l'époque récent : Total Recall de Paul Verhoeven. Si Le Cinquième Élément et le film avec Arnold Schwarzenegger sont très différents, Total Recall étant plus intime, plus violent et plus grave, Luc Besson a voulu rendre un hommage à une des créations de l'univers à la fois inédit et à peu près réaliste de Total Recall : le vernis à ongles.

En effet, dans Total Recall comme dans Le Cinquième Élément, une même technologie permettant de changer instantanément la couleur du vernis de ses ongles est à l'oeuvre. C'est une employée de l'agence Rekall dans le film de Verhoeven, et la secrétaire du terrible Zorg dans Le Cinquième Élément qu'on voit donc utiliser la même et très satisfaisante technique de vernissage. Un emprunt très léger de Besson mais dont l'usage parfait dans son film fait subtilement et pleinement hommage à Total Recall

De la bande-dessinée aussi, jusqu'au procès...

La culture iconographique de Luc Besson est immense, et sa curiosité ne s'arrête pas au cinéma, loin de là. Pour créer l'univers de Le Cinquième Élément, il a travaillé avec Jean Giraud (Moebius) et Jean-Claude Mézières, deux grandes figures de la bande-dessinée européenne. On retrouve ainsi beaucoup d'éléments inspirés de l'univers de Valerian et Laureline (que Luc Besson adaptera directement et librement dans Valerian et la Cité des mille planètes) dessiné par Mézières, entre autres les voitures volantes, l'aspect vestimentaire, le mélange des communautés humaines et aliens. Une série éditée chez Dargaud à partir de 1970 de laquelle Luc Besson était un fervent lecteur. Autre oeuvre qui l'a influencé, L'Incal de Jean Giraud et Alexandre Jodorowsky.

L'Incal
L'Incal ©Dargaud

Probème, suite à la sortie du film, Jean Giraud, Dargaud et Alexandro Jodorowsky intentent un procès pour plagiat, au titre que beaucoup d'éléments seraient explicitement tirés de l'oeuvre L'Incal. "Faux", rétorque en 2004 le tribunal, pour qui les emprunts ne concernent que des parties infimes de cette création. Quand l'hommage et l'inspiration deviennent soudainement de plagiat, c'est souvent le box-office et l'appât du gain qui en décident....

 

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