New York 1997 sur Arte : retour sur la scène coupée qui révèle le passé de Snake Plissken

Les origines de Snake

New York 1997 sur Arte : retour sur la scène coupée qui révèle le passé de Snake Plissken

Très peu d’informations sur Snake Plissken sont dévoilées dans "New York 1997". Pourtant, à l’origine, John Carpenter et son coscénariste Nick Castle envisageaient de montrer son arrestation. L'ouverture du film aurait ainsi pu être bien différente.

New York 1997 : le dernier recours

En 1981, le style de John Carpenter est déjà identifiable quand sort New York 1997. Après Assaut, le cinéaste met de nouveau à profit ses longues prises et son découpage limité pour en tirer un autre western postmoderne. Affublé d’un budget bien plus conséquent que pour Halloween : La Nuit des masques et Fog, le réalisateur plonge ici le spectateur dans une version dystopique et sans pitié de New York.

Après que les États-Unis ont vu leur taux de criminalité augmenter de 400%, la ville est devenue une prison à ciel ouvert. Tous les ponts qui l’entourent sont pavés de mine et scrutés par des gardes. Le règlement pour les individus incarcérés est simple. Une fois à l’intérieur de ce pénitencier d’un nouveau genre, il est impossible d’en ressortir. Lorsqu’Air Force One est détourné, le président américain (Donald Pleasence) s'éjecte au cœur de Manhattan. Le responsable de la police new-yorkaise Bob Hauk (Lee Van Cleef) se doit donc d’intervenir au plus vite. Il prend la décision d’y envoyer Snake Plissken (Kurt Russell).

New York 1997
Snake Plissken (Kurt Russell) - New York 1997 © StudioCanal

Cet ancien membre des forces spéciales décoré pour ses faits d’armes est censé passer le restant de ses jours sur l’île. Mais il s'impose rapidement comme l’ultime recours pour sauver le chef d’État et éviter un conflit mondial. S'il parvient à ramener le politicien vivant, Hauk lui offre sa liberté.

Ernest Borgnine, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Isaac Hayes et Tom Atkins complètent la distribution de New York 1997. En 1996, John Carpenter et Kurt Russell se retrouvent sur Los Angeles 2013. Cette suite reprend une trame similaire mais adopte un ton plus léger et outrancier. L’occasion pour les fans de retrouver un personnage devenu totalement culte. Plissken a par exemple inspiré le célèbre Solid Snake de la franchise Metal Gear Solid.

Un véritable personnage de western

Anti-héros nihiliste, charismatique et silencieux, Snake Plissken est l’un des protagonistes emblématiques de l’œuvre de John Carpenter, au même titre que Michael Myers, Laurie Strode ou Jack Burton. Tandis que les producteurs souhaitent une star de renom pour l’incarner, à l’image de Clint Eastwood ou Charles Bronson, le réalisateur impose Kurt Russell. Le duo vient de tourner le téléfilm Le Roman d’Elvis et enchaînera directement sur The Thing.

Pour donner vie au vétéran devenu criminel, le comédien se base notamment sur l’Homme sans nom de la trilogie du dollar de Sergio Leone. Plissken parle peu, subit l’action sans qu’elle ne l’écrase et est constamment renvoyé à une réputation qui le précède. Tout au long du film, de nombreux personnages assurent qu’ils le croyaient mort. Une réplique empruntée à Big Jake de George Sherman, western porté par John Wayne, l’un des héros de John Carpenter.

Un cambrioleur hors-pair

L’aura de Snake Plissken repose donc en partie sur le flou autour de sa personnalité et de son passé. Un passé que le réalisateur et son coscénariste Nick Castle envisagent à l’origine de dévoiler dans l’introduction du long-métrage, finalement coupée.

Dans cette dernière, la caméra suit un homme. Celui-ci semble être un réparateur, sur le point de quitter la salle des coffres d’une banque. Il s’agit en réalité de Plissken, qui tente ensuite de prendre la fuite dans les couloirs du métro. Arrivé à San Francisco, le personnage est pris en chasse par les policiers. Refusant d’abandonner son partenaire blessé, le voleur se laisse prendre. Le désintéressement, le côté désabusé et l’honneur du protagoniste sont déjà perceptibles dans cette ouverture.

Mais comme l’explique le monteur Todd C. Ramsay dans le documentaire Purgatory, la scène aurait pu ruiner la construction de l'anti-héros, basée sur le mystère autour de ses redoutables capacités :

Ma plus grande inquiétude concernant le film, c’était… Le plus grand cambrioleur du monde se fait arrêter dès le début du film. Ça contredit un peu notre argumentaire. (…) C’était peut-être acceptable, après-coup, de le voir se faire arrêter, parce qu’on comprenait qu’il avait dû falloir une armée pour le capturer. Mais quand on le voyait se faire arrêter avant, ça diminuait l’idée que c’était un cambrioleur hors-pair capable de ça.

 

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