Phantom Thread sur Arte : focus sur la préparation hallucinante de Daniel Day-Lewis

Qui peut s'assoir à la table de Daniel Day-Lewis ?

Phantom Thread sur Arte : focus sur la préparation hallucinante de Daniel Day-Lewis

Dans "Phantom Thread", Daniel Day-Lewis incarne le créateur d’une maison de couture londonienne. Un univers dans lequel le comédien s'est plongé sans retenue, au point d’en ressortir bouleversé.

Phantom Thread : les retrouvailles tant attendues

Après l’enquête nébuleuse d’Inherent Vice, Paul Thomas Anderson se penche sur un univers radicalement différent en 2018 avec Phantom Thread. Les paysages de la Californie des années 70 et l’esprit embrumé du détective "Doc" Sportello (Joaquin Phoenix) laissent place à l’élégance d’une maison de couture londonienne des années 50 et à la rigueur tyrannique de son créateur Reynolds Woodcock.

Pour incarner le rôle de cet artiste exigeant et raffiné inspiré par Cristóbal Balenciaga, le cinéaste pense très vite à Daniel Day-Lewis, avec lequel il rêve de retravailler depuis There Will Be Blood, leur première collaboration. Et le réalisateur est enchanté de pouvoir mettre en avant "la grande beauté" et "l’élégance naturelle" du comédien, qui n’étaient pas franchement décelables chez le prospecteur Daniel Plainview.

Phantom Thread
Phantom Thread © Universal Pictures

Dans Phantom Thread, le quotidien de Reynolds Woodcock est bouleversé quand, lors d’un séjour à la campagne, le couturier rencontre Alma (Vicky Krieps). Le créateur tombe immédiatement sous le charme de la serveuse, qui devient très vite sa muse. Malgré les mises en garde de Cyril (Lesley Manville), la sœur de Reynolds, le couple s’enferme peu à peu dans une relation destructrice.

Une précision imparable

Outre les costumes, pour lesquels le designer Mark Bridges est récompensé aux Oscars, la remarquable méticulosité de Phantom Thread passe aussi par la direction artistique de Mark Tildesley, la photographie signée Paul Thomas Anderson en personne et la préparation des acteurs.

Daniel Day-Lewis se plonge corps et âme dans le rôle du créateur, en participant à son développement avec le réalisateur dès l’écriture du scénario. Le nom de Reynolds Woodcock naît d’ailleurs d’une blague lancée à Paul Thomas Anderson, qui décide de le garder. Il étudie la mode, en visionnant de nombreuses archives de l’époque du film et à travers un long processus de recherches effectuées au Victoria and Albert Museum de Londres, ainsi qu’au Costume Center d’Anna Wintour du Metropolitan Museum of Art, à New York.

Guidé par Marc Happel, directeur du département costumes du New York City Ballet, Daniel Day-Lewis apprend à couper, draper et coudre, au point de pouvoir confectionner des vêtements. Il recrée notamment une robe Balenciaga en prenant sa compagne Rebecca Miller pour modèle. Admiratif, Paul Thomas Anderson déclare à propos de sa formation, cité par Allociné :

Il a tout appris et à la fin de sa formation, il a fait lui-même une copie parfaite d’un costume Balenciaga.

Tout pour le personnage

En adepte de la Méthode, le comédien reste dans son personnage tout au long du tournage et demande à ne pas répéter avec Vicky Krieps. Les deux partenaires de jeu se rencontrent juste avant les prises de vues de leur premier échange. L'actrice explique que cette manière de travailler l’a d’abord rendue inquiète, mais l’a finalement aidée pour son rôle. Interrogée par USA Today, elle affirme à ce sujet :

C’était inhabituel et effrayant, parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. (…) J’ai pu accepter tout ce qu’il apportait en tant que personnage. Je n’ai pas eu à me demander : 'Est-ce que c’est Daniel, ou est-ce que c’est le personnage ?'

Phantom Thread
Phantom Thread © Universal Pictures

L’ultime rôle de Daniel Day-Lewis

Phantom Thread est une expérience éreintante pour son comédien principal. Durant le tournage, Daniel Day-Lewis se met à éprouver une forme de "tristesse", comme il le confie au cours d’un entretien pour le magazine W. L’acteur admet alors s’être senti dépassé par le long-métrage, annoncé comme son dernier avant la sortie :

Je sais que Paul et moi riions beaucoup avant de faire le film. Puis nous avons cessé de rire parce que nous étions tous deux submergés par un sentiment de tristesse. Cela nous a pris par surprise, nous n'avions pas réalisé ce à quoi nous avons donné naissance. C'était difficile à vivre, et ça l'est toujours.

Si sa porte-parole annonce officiellement sa retraite en 2017, c’est pour lui permettre de tirer un trait définitif sur sa carrière. Le lauréat de trois Oscars assure ensuite que l’envie d’arrêter était devenue "une obsession". Daniel Day-Lewis précise ne plus vouloir être "aspiré" à ce point dans un projet. Une décision compréhensible, mais forcément frustrante pour le spectateur, au vu de l’intensité de sa performance.

 

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