Rambo 3 : pourquoi Sylvester Stallone a toujours eu un problème avec le film

Rambo encore de retour

Rambo 3 : pourquoi Sylvester Stallone a toujours eu un problème avec le film

À la fin des années 80, l’ego de Sylvester Stallone est gonflé à bloc lorsqu’il tourne "Rambo III". Son comportement mégalo n’est pas l’unique raison pour laquelle la star garde un très mauvais souvenir de ce troisième volet centré sur le vétéran du Vietnam.

Rambo III : à la rescousse du colonel

Après avoir mis à feu et à sang la petite ville de Hope et être retourné au Vietnam, le célèbre vétéran incarné par Sylvester Stallone mène une existence retirée en Thaïlande dans l’ouverture de Rambo III. L’ex-militaire œuvre à la reconstruction d’un monastère et gagne de l’argent en participant à des combats.

Un quotidien rudimentaire dont la routine est brisée par une visite du colonel Trautman (Richard Crenna), qui n’a décidément pas envie que son ancien soldat raccroche. Il lui propose une mission en Afghanistan financée par la CIA afin de contrer les forces soviétiques, mais le héros refuse. Privé de son meilleur atout, Trautman se retrouve pris au piège par le colonel Zaysen. Sachant son mentor en danger, John Rambo décide de reprendre les armes pour le sauver, aidé par des moudjahidines.

Rambo 3
Rambo 3 © StudioCanal

Sorti en 1988, Rambo III rapporte 189 millions de dollars au box-office mondial, contre 300 millions pour son prédécesseur. Ce troisième opus révèle donc que les deux franchises lancées par Sylvester Stallone n’ont plus autant la cote auprès du public, deux ans avant l’échec de Rocky V. Deux longs-métrages souvent considérés comme les vilains petits canards des sagas dans lesquels ils s’inscrivent, notamment par Sly en personne.

Une production compliquée

Séduit par certains de ses clips et par Highlander, Sylvester Stallone propose à Russell Mulcahy de mettre en scène Rambo III. Emballé à l’idée de travailler avec l’une de ses idoles, le cinéaste accepte. Mais des divergences artistiques apparaissent rapidement entre eux. Mulcahy assure que l’ampleur de sa réalisation ne colle pas avec la nécessité de filmer de près la tête d’affiche. De son côté, la star déclare lors d’une séance de questions/réponses pour le site Ain’t It Cool News :

Je l'ai engagé et il est parti en Israël deux semaines avant moi, avec pour mission de trouver une vingtaine de figurants pour jouer les soldats des troupes soviétiques. (…) Quand je suis arrivé sur le tournage, j’ai vu deux douzaines d'éphèbes blonds aux yeux bleus qui avaient l'air d'avoir été virés d'une compétition de surf. Rambo n'a pas peur de la concurrence, mais de là à affronter des mannequins de 3ème zone... J'ai exprimé ma déception à Russell et il l'a très mal pris.

Russell Mulcahy est donc remplacé par le réalisateur de seconde équipe Peter MacDonald. Sur le tournage, ce dernier laisse entendre au L.A. Times qu’il n’a d’autre choix que de se plier aux exigences de Sylvester Stallone. L’ego de l’acteur et scénariste est alors particulièrement gonflé. Tout juste divorcé de Brigitte Nielsen, l’interprète de Rambo traverse une période compliquée, comme il l’explique, cité par Allociné :

Émotionnellement parlant, j'étais au plus bas. Je me moquais de savoir si j'allais vivre ou mourir.

Un film daté avant même sa sortie

Sylvester Stallone ne garde donc pas un très bon souvenir de Rambo III et pas seulement à cause des déboires personnels auxquels il fait face à l’époque. Le comédien se rend rapidement compte que les enjeux géopolitiques du film sont obsolètes avant même sa sortie. La guerre froide touche à sa fin et l'évolution de la situation en Afghanistan ne jouera pas en sa faveur. Lors d’une interview réalisée en 2013, il affirme :

Je n’étais pas content de Rambo 3. Parce que qui aurait pu savoir que les gars avec qui je combattais deviendraient Al-Qaïda (…) ; c’était une mauvaise décision. Et puis un mois avant la sortie du film, (…) Gorbatchev embrasse Nancy Reagan sur la joue ; tout le monde s’aime et moi je suis le méchant.

La star conclut en arguant avoir retenu la leçon, ne voulant plus "jamais faire de films politiques".

 

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