Avec "Spotlight", Tom McCarthy se penche sur un scandale révélé par des journalistes du Boston Globe en 2002. Michael Keaton prête ses traits à l'un d'eux, Walter Robinson, qui a été impressionné et effrayé par le comédien lors de leur première rencontre.
Spotlight : une enquête nécessaire
Avec son cinquième long-métrage, le réalisateur Tom McCarthy (The Visitor, Stillwater) se penche sur un scandale impliquant l'Église catholique. Spotlight plonge le spectateur dans la longue enquête menée par des journalistes du Boston Globe. Alors que le quotidien voit ses ventes chuter, le nouveau rédacteur en chef Marty Baron (Liev Schreiber) estime pouvoir le relancer avec un sujet extrêmement délicat et étouffé depuis de nombreuses années.

Il charge l'équipe Spotlight, spécialisée dans le travail d'investigation, de se pencher sur les accusations de viols et d'abus sexuels que des prêtres auraient commis sur des enfants, sans qu'il n'y ait jamais eu de poursuites. Grâce à de nombreux témoignages et à l'aide de l'avocat Mitchell Garabedian (Stanley Tucci), les journalistes Walter Robinson (Michael Keaton), Mike Rezendes (Mark Ruffalo), Sacha Pfeiffer (Rachel McAdams), Ben Bradlee Jr. (John Slattery) et Matt Carroll (Brian d'Arcy James) vont révéler en 2002 une gigantesque affaire, qui dépasse largement la région de Boston.
En 2016, Spotlight remporte l'Oscar du Meilleur film ainsi que celui du Meilleur scénario original. Dans la lignée des oeuvres de Sidney Lumet (Le Verdict, Network) et de longs-métrages passionnants comme Les Hommes du président et Jeux de pouvoir, le drame repose sur une écriture solide et une interprétation magistrale.
Walter Robinson bluffé par Michael Keaton
Les véritables journalistes ont d'ailleurs pour la plupart salué la qualité de jeu du casting, à commencer par Walter Robinson. Ce dernier a été impressionné par la performance de Michael Keaton. Lorsqu'il apprend que l'acteur de Beetlejuice et Batman va lui prêter ses traits, il se sent d'abord flatté, comme il le confie à USA Today :
J'étais un peu abasourdi, notamment parce que je suis un grand fan. C'est un superbe acteur, donc découvrir que quelqu'un de ce calibre jouerait mon rôle dans un film était plutôt gratifiant.

Et le comédien ne prend pas son rôle à la légère. D'après les notes de presse citées par Allociné, Michael Keaton va jusqu'à s'installer près de chez le journaliste, alors qu'il ne le connaît pas encore. Il passe énormément de temps à observer les apparitions télévisées de Walter Robinson, étudie sa voix et sa gestuelle, contacte ses collaborateurs. Ce dernier va même jusqu'à assurer, dans un papier du Boston Globe, avoir été "traqué" par l'acteur. Au point que lorsqu'ils se rencontrent pour la première fois, il est quelque peu effrayé. Il explique à ce sujet auprès d'USA Today :
Trente secondes après que nous nous soyons serré la main, il m'a regardé et m'a dit : 'Tu sais, tu n'as pas vraiment l'accent de Boston'. Je l'ai regardé et lui ai dit : 'Comment tu sais ça ?'
Dans l'article du Boston Globe, Walter Robinson ajoute avec humour :
Ma personnalité a été piratée. Si Michael cambriolait une banque, la police viendrait rapidement me passer les menottes.
En apprenant à faire connaissance, le journaliste et son double se lient d'amitié. Michael Keaton affirme à propos de Walter Robinson, toujours à USA Today :
C'est un gars tellement agréable et intéressant. Je traînerais avec lui que je fasse un film ou non.