Vice-Versa sur W9 : de nombreuses émotions ont été supprimées du film

26 émotions ont été initialement évoquées

Vice-Versa sur W9 : de nombreuses émotions ont été supprimées du film

Dans "Vice-Versa", cinq émotions se bousculent dans l’esprit de Riley, l’héroïne âgée de onze ans. Avant que leur choix final ne se porte sur Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégoût, le réalisateur Pete Docter et les équipes de Pixar avaient vu beaucoup plus large.

Vice-Versa : voyage en pleine conscience

Après s’être orientés pour la première fois sur le terrain du prequel avec Monstres Academy, les studios Pixar reviennent à un concept original avec Vice-Versa. Sorti en 2015 et réalisé par Pete Docter ainsi que Ronnie del Carmen, le long-métrage plonge le spectateur dans l’esprit de Riley.

Ayant passé toute son enfance dans le Minnesota, cette jeune fille de onze ans est chamboulée par son déménagement à San Francisco. Forcément, du côté de sa conscience, le désarroi se mêle à l’excitation, mais aussi à l’amertume provoquée par le fait de devoir quitter ses amis et à la crainte de ne pas réussir à s’en faire de nouveaux.

Au sein du quartier général des émotions de Riley, Joie fait tout pour préserver la bonne humeur et la gaieté qui l'animent. Mais Tristesse, Colère, Peur et Dégoût lui mettent des bâtons dans les roues et se montrent un brin envahissants. Les choses se compliquent lorsque Joie se retrouve éjectée du poste de contrôle, se retrouvant seule avec Tristesse dans la Mémoire à long terme, une zone labyrinthique où les souvenirs sont progressivement effacés.

Vice-Versa
Vice-Versa © Walt Disney Studios Motion Pictures

Dans la version française, Charlotte Le Bon, Marilou Berry, Mélanie Laurent, Gilles Lellouche et Pierre Niney prêtent leur voix à ces émotions qui se bousculent. Bijou visuel et d’écriture qui regorge d’idées pour matérialiser des notions abstraites comme le subconscient ou l’imagination, Vice-Versa remporte en 2016 l’Oscar du Meilleur film d’animation.

La source d’inspiration de Pete Docter

Vice-Versa naît en partie grâce à la fille du réalisateur Pete Docter. Comme il le confie à Première durant la promotion, c’est en l’observant que l’actuel directeur de l’animation des studios Pixar voit le concept émerger. Il explique ainsi :

Petite, elle était ouverte, énergique, toujours de bonne humeur. Et puis, un jour, tout a changé : elle s’est renfermée et je me suis demandé ce qui pouvait bien lui passer par la tête. C’est de là qu’est partie l’histoire.

Il ajoute :

Ma fille est l'inspiration directe de Riley. On a fait des recherches extensives avec des psychologues. Le résultat de ces recherches est que, parmi toutes les strates de l'humanité, les filles de 11-13 ans sont les plus socialement réceptives. C'est très clair au lycée : elles sont attentives à tout, captent les messages envoyés par tous. Combien de fois j'ai entendu ma fille dire à ses copines : 'Non mais t'as vu comment elle me regarde, celle-là !?'... Les conclusions de la science sont donc venues me conforter dans mon intuition. Soudain, ça devenait super important de prendre l'hyper-sensibilité des pré-adolescentes comme terrain de jeu.

Cette inspiration n’est pas le seul élément du vécu du réalisateur qui transparaît dans le long-métrage. S’il se déroule en grande partie à San Francisco (une première pour une production Pixar, alors que les studios se trouvent tout près à Emeryville, en Californie), Riley est originaire du Minnesota, où Pete Docter a passé son enfance.

Des émotions passées à la trappe

Au cours de leurs discussions avec des spécialistes en psychologie humaine, Pete Docter et ses équipes réfléchissent par ailleurs à inclure une multitude d’émotions. Selon USA Today, ils en évoquent 26 au total, pour lesquelles des concept-art sont créés.

Parmi elles figurent, l’envie, l’avidité, la fierté, l’amour, l’espoir, la culpabilité, la honte ou encore l’embarras et l’irritation. Certaines d’entre elles comportent néanmoins beaucoup de similarités, à l’image du désespoir et de la dépression. Elles ne réussissent donc pas à se frayer un chemin jusqu'au film.

Le réalisateur explique à ce sujet :

Une fois le film terminé, on regarde les personnages et on se dit : 'Bien sûr, ce sont les émotions'. Mais nous avons essayé beaucoup de choses avant d’en arriver à ce que nous avons à l’écran.

Il précise qu’il n’y a pas vraiment eu de consensus à propos du nombre d’émotions chez les spécialistes, bien au contraire :

Nous pensions que c’était de la science, qu’il y aurait une seule réponse correcte. (…) Mais certains scientifiques ont dit 17, un autre a dit quatre. Quelques scientifiques ont dit zéro, que les émotions sont en quelque sorte une illusion. Il n’y avait pas de véritable unité.

Finalement, Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût ont été choisies afin de simplifier le récit. Elles suffisent amplement à représenter la personnalité de Riley sans pour autant la minimiser.

 

Voir aussi

Expendables 2 : le jour où un cascadeur fut tué et un second blessé

Expendables 2 : le jour où un cascadeur fut tué et un second blessé

Pas plus mercenaires qu’agents secrets, les Expendables choisissent leurs missions et n'obéissent à aucun gouvernement. Nullement intéressés par l'argent ou la gloire, tous aident les cas désespérés. Bien que jouant sur l’auto-dérision et l’esprit bon enfant, la saga a malheureusement connu son lot de drames au cours de ses tournages. Retour sur celui du deuxième opus, "Expendables 2 : Unité spéciale", qui a viré à la tragédie pour deux cascadeurs.