Call Me By Your Name : la romance estivale en Blu-ray

Avec un timing impeccable, « Call Me By Your Name » fait son retour sur les écrans pour cet été 2018. En effet, s’il se fait rare dans les cinémas français, le film sera disponible en Blu-ray et DVD dès le 04 juillet !

Cette décennie marque une authentique ascension pour l’italien Luca Guadagnino. Après avoir dirigé de nombreux courts-métrages et documentaires depuis la fin des années 90, le réalisateur s’est fait connaître à l’international avec Amore (2009), suivi de A Bigger Splash avec Tilda Swinton (We Need To Talk About Kevin) et Ralph Fiennes (Harry Potter). Mais c’est avant tout Call Me By Your Name (2017) qui lui vaut d’être placé sous le feu des projecteurs. Adapté du roman du même titre délivré par la plume d’André Aciman en 2007, son scénario est quant à lui issu du scénariste reconnu James Ivory (Maurice). Le succès est tel que l’œuvre a engrangé 41,2 millions de recettes à l’international, et a remporté l’Oscar de la Meilleure Adaptation lors de la cérémonie en 2018.

Call Me By Your Name : et je t’appellerai par le mien

Durant l’été 1983, Elio (Timothée Chalamet) profite de son temps libre afin de peaufiner sa culture et ses différents talents au sein de la villa familiale. Intellectuel et sensible à l’art, le garçon de 17 ans se plonge dans des bouquins, adapte au piano des musiques qu’il maîtrise parfaitement, et écoute son père (Michael Stuhlbarg) se livrer à ses passions. Professeur spécialisé dans la culture gréco-romaine, ce dernier partage ses connaissances avec générosité et un dynamisme infatigable. Clairement, Elio a bénéficié d’une éducation de haute volée qui se justifie aussi par la place de traductrice occupée par sa mère (Amira Casar). Son train-train quotidien se retrouve totalement chamboulé lorsqu’un chercheur américain d’une vingtaine d’années fait son entrée. Épaulé par Mr. Perlman dans ses recherches, Oliver (Armie Hammer) se voit offert la chambre de l’adolescent pour l’intégralité de son séjour estival. S’il prend rapidement ses aises au sein de la résidence ainsi qu’avec les habitants, c’est avant tout pour servir l’image qu’il tente de renvoyer de lui. À savoir : une personne tout aussi franche que sûre d’elle. Mais ce n’est là qu’un écran de fumée comme l’apprend l’audience ultérieurement.

Peu à peu, une attirance naît entre les deux garçons qui n’ont de cesse de se provoquer verbalement et de se taquiner avec humour et/ou sarcasme. Ce jeu du chat et de la souris transpirant de réalisme et de tension prend place durant la première moitié de Call Me By Your Name, où chacun essaye de définir ses propres sentiments, mais aussi ceux portés par l’autre. Des tentatives physiques sont aussi esquissées de façon subtile, parfait moyen de jauger la réceptivité de la seconde personne. L’initiative revient à l’étranger qui, avec une simple pression sur l’épaule d’Elio, établit un premier contact charnel. Son geste n’ayant pas eu l’effet escompté, il se retire mine de rien en demandant à la prétendante du plus jeune de prendre le relais.

Si le héros interprété par Chalamet est incroyablement futé pour son âge, le public le découvre dans une posture plus fragile, pudique, alors qu’il se révèle inexpérimenté en amour. Son désir est grandissant mais, comme dans une tentative de résistance (sûrement couplée à une envie de tester la réaction de son interlocuteur), il n’hésite pas à complimenter le corps de la petite-amie d’Oliver à celui-ci. L’interprétation des acteurs est impressionnante alors qu’ils n’ont que leur regard et leurs gestes pour faire parler leur personnage respectif. Pourtant, ils n’ont aucun mal à persuader de l’authenticité de ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre et dont l’ampleur ne cesse de se décupler. C’est après leur premier baiser, lors d’une balade en vélo, qu’il devient évident que l’Américain n’est pas aussi en phase avec lui-même qu’il le prétend. Dissimulé dans l’ombre et vivant dans le secret, il est incapable d’assumer au grand jour l’attirance qu’il ressent pour les hommes et, en particulier, pour Elio.

Cette relation tranche avec celle de l’adolescent et de sa meilleure amie, Marzia (Esther Garrel), qui, pour le jeune homme, n’est qu’un moyen d’assouvir un désir sexuel et de découvrir un corps qui ne lui appartient pas. Si Oliver n’est pas prêt à s’afficher aux yeux de tous en compagnie d’un garçon, leur amour demeure fusionnel et délicat, comme l’atteste l’échange de prénoms symbolisant qu’ils acceptent l’autre et ses différences.

Le point fort du film, au-delà même du développement des sentiments des protagonistes, est aussi son parti-pris de ne pas paver le scénario d’embûches typiques aux films dits « LGBT ». Pour cause, il n’est jamais vraiment question d’homosexualité en tant que telle et ce, grâce notamment à des parents d’une compréhension sans faille et dont la prise de conscience de la mère est un délice à contempler. Le monologue prononcé par le père qui n’hésite pas à se dévoiler à son fils, est quant à lui destiné à rester dans les annales du cinéma de ces dernières années.

Les éditions commercialisées

Sony Pictures s’est contenté d’une édition simple en Blu-ray et DVD. Aucun steelbook est en vue, ni même édition exclusive FNAC (avoir davantage de bonus et/ou la bande originale incluse aurait été un véritable plus tout à l’honneur du marchand). Le visuel est identique à celui utilisé dans les autres pays, et reprend tout simplement l’affiche désormais culte.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray + Copie digitale

Test Vidéo/Audio

Tourné à l’aide de pellicules 35mm, Call Me By Your Name présente une qualité visuelle à mille lieux des blockbusters numériques sans grain et aux couleurs ultra-saturées. Cette note organique lui confère une atmosphère d’autant plus chaleureuse et authentique, qui baigne dans la lumière chaude d’un été italien. Ses tons chaleureux, offrant mille et une nuances de jaune et de vert (feuilles, herbes…), instaurent une sensualité des plus adaptée pour servir le récit et les intentions artistiques du réalisateur. Les noirs sont profonds, malgré le fait que certaines scènes obscures se voient ponctuées d’un grain assez notable mais qui ne dérange pas le visionnage.

Les détails riches et complexes permettent une finesse d’image palpable, où décors comme habits et textures de peau paraissent tangibles. L’œuvre propose de nombreux plans d’extérieur de toute beauté et, bien heureusement, la qualité vidéo ne peut que les flatter puisqu’elle s’accompagne aussi d’une sensation de profondeur agréable. Puisqu’aucun renseignement n’est disponible quant à la résolution du master utilisé, il est impossible de stipuler si le support 4K serait d’autant plus éblouissant. Dans tous les cas, cela n’aurait pas été un mal. Dommage qu’il ne soit pas disponible sur le marché mondial.

Concernant les pistes sonores, la version originale ainsi que les doublages français et espagnoles sont au format DTS-HD 5.1. Elles sont accompagnées par une piste tchèque, polonaise et turque en Dolby Digital 5.1. Les dialogues clairs et autres éléments sonores principaux sont concentrés sur les canaux frontaux, tandis que les supplémentaires sont mobilisés dans le but de restituer des ambiances spécifiques. Et cela fonctionne puisque le spectateur se retrouve immergé dans les lieux grâce aux chants des oiseaux dans le jardin familial, le roulement des vagues lors de la découverte d’une statue immergée, etc. L’utilisation des basses est plutôt en retrait du fait de la nature du film, mais elles se font particulièrement remarquer lors de la scène de danse très festive. Les notes de piano ainsi que les chansons de Sufjan Stevens (Little Miss Sunshine) sont d’une fluidité exemplaire.

Test Bonus

Bien que les suppléments auraient pu être davantage fournis, la quantité proposée est malgré tout satisfaisante. L’unique réel regret est celui de ne pas avoir accès à des scènes inédites puisque le premier montage du film durait près du double de temps, soit 4h15 !

  • Commentaires de Timothée Chalamet et Michael Stuhlbarg : il est étonnant que ni le réalisateur ni le second acteur principal ne se soient pris au jeu. À moins qu’un second commentaire ait été complété mais n’a finalement pas été retenu. Quoiqu’il en soit, les propos tenus ici sont pertinents et variés. Le casting revient sur le générique d’ouverture et sa police d’écriture, et partagent moultes anecdotes dont la suppression d’une scène de foot. Le duo aborde aussi le dernier jour de tournage qui n’était autre que celui où le couple se balade, ivre, dans les rues de la ville dans laquelle il séjourne. Ils en profitent aussi pour analyser les personnages et les relations tissées entre eux, et ne rechignent pas à s’attarder sur l’art et la culture qui ont une présence importante tout au long du métrage. L’audio est en Dolby Digital 2.0.
  • Photos d’Italie : Le tournage de Call Me By Your Name (10:45 min) : bien que plusieurs clichés pris lors du tournage y sont partagés, ce n’est pas le cœur de cette featurette contrairement à ce que l’on pourrait penser. Il ne s’agit pas d’une galerie, mais bel et bien d’entretien avec le même noyau d’intervenants : Chalamet, Hammer, Stuhlbarg et, enfin, Guadagnino. Ce dernier revient sur ses motivations, sur ce qui l’a inspiré à adapter le roman pour le grand écran. La dynamique entre les parents d’Elio est adressée, mais aussi le jeu de séduction auquel se livre les futurs amants durant la première moitié de l’œuvre cinématographique. Hammer livre une anecdote concernant un utilisateur de Twitter qui aurait fait son coming-out après avoir visionné Call Me, et fait part de sa joie quant à faire partie d’un tout pouvant avoir une influence positive sur la vie des individus.
  • Une conversation avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg et Luca Guadagnino (25:10 min) : ce bonus est présenté sous la forme de questions/réponses avec l’animateur et le public. Parmi les sujets abordés : la fin qui a été modifiée depuis les premiers scripts, la personnalité complexe d’Oliver, le discours de Mr. Perlman, le casting des deux têtes d’affiche, la scène de danse où Hammer se sentait ridicule, et l’atmosphère sur le plateau.
  • « Mystery of Love » - Sufjan Stevens (4:09 min) : clip musical de la chanson du générique, composé d’extraits du film mais aussi de plans sur des statues  grecques disposées dans un musée.
  • Film-Annonce (2:06 min) : la bande-annonce de Call Me By Your Name est présentée en HD.
  • Films-Annonces : cette section regroupe deux bandes-annonces en haute-définition de longs-métrages distribués par Sony, à savoir Novitiate (1 :54 min) et My Wonder Women (2:17 min).

Conclusion

Note de la rédaction

« Call Me By Your Name » n’est pas le film typique de la pseudo-catégorie LGBT. Adieu les habituels coming-out, les prises de tête dues aux convictions religieuses et ainsi de suite. Ici, il s’agit uniquement et simplement d’une relation amoureuse qui va bien au-delà de l’identité de genre. Cette œuvre on ne peut plus rafraîchissante et entêtante est présentée dans des conditions techniques exemplaires, et alimentée par des suppléments à la hauteur. Barème : Film ★★★★ / Blu-ray ★★★★★ / Bonus ★★★

Bilan très positif

Note spectateur : 5 (1 notes)