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Dirty Dancing : un classique à la sensualité décomplexée en Blu-ray

Réalisé par Emile Ardolino à qui le paysage cinématographique doit aussi Sister Act (1992), Dirty Dancing a marqué de nombreuses générations depuis sa sortie en salle en 1987. Autant dire que personne ne s’attendait à un tel succès, à commencer par les studios n’ayant pas été convaincus lors de la première projection. Le destin en a pourtant décidé autrement puisque le long-métrage a raflé pas moins de 214 millions de dollars du haut de son (petit) budget de 6 millions et s’est imposé comme une référence culturelle. Dirty Dancing : présentation et critique Durant l’été 1963, Frédérique Houseman (Jennifer Grey) surnommée…

Note de la rédaction

Film
Vidéo
Audio
Bonus

Bilan très positif

En avant pour la nostalgie ! Aussi incontournable qu’il soit, « Dirty Dancing » n’a jamais été une référence visuelle à cause d’éléments originaux à la qualité semblant discutable. Malgré tout, l’équipe de restauration a donné le meilleur de soi-même puisque le film ne souffre pas de retouches numériques. L’audio est quant à lui en retrait alors que les suppléments atteignent la perfection.

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Qui ne s’est jamais trémoussé en entendant « (I’ve Had) The Time of My Life » récompensé par un Oscar en 1988 ? Trente ans après exactement, le tube illustrant la romance de Bébé et Johnny est prêt à envahir les salons français alors que l’intemporel « Dirty Dancing » souffle lui aussi ses bougies. Au programme des festivités : deux nouvelles éditions Blu-ray et DVD.

Réalisé par Emile Ardolino à qui le paysage cinématographique doit aussi Sister Act (1992), Dirty Dancing a marqué de nombreuses générations depuis sa sortie en salle en 1987. Autant dire que personne ne s’attendait à un tel succès, à commencer par les studios n’ayant pas été convaincus lors de la première projection. Le destin en a pourtant décidé autrement puisque le long-métrage a raflé pas moins de 214 millions de dollars du haut de son (petit) budget de 6 millions et s’est imposé comme une référence culturelle.

Dirty Dancing : présentation et critique

Durant l’été 1963, Frédérique Houseman (Jennifer Grey) surnommée « Bébé » passe des vacances familiales à la pension Kellerman dans l’État de New York. L’adolescente y fait la connaissance d’un tandem talentueux de danseurs composé de Penny Johnson (Cynthia Rhodes) et du séduisant bien que méprisant au premier abord Johnny Castle (Patrick Swayze). S’il l’aide brièvement à se déhancher sur la piste, c’est avant tout le caractère généreux et attentionné de la protagoniste qui les rapproche lorsqu’ils sont confrontés à la grossesse non-désirée de sa partenaire. La femme devant être remplacée pour un spectacle, Bébé se porte volontaire. Il lui faut alors maîtriser les bases ainsi qu’une chorégraphie appelée à rester gravée dans les mémoires.

Dirty Dancing se déroule à un moment charnier de l’histoire du féminisme aux États-Unis avec notamment la publication de La Femme mystifiée de Betty Friedan et le rapport sur l’égalité des sexes diffusé par le président John Fitzgerald Kennedy en 1963. Ainsi, le personnage fouillé de Frédérique Houseman est le reflet de cette femme forte aux antipodes des clichés habituels. Avec son physique lambda à l’opposé des bimbos de Hollywood et qui facilite l’identification des spectatrices, son apparence est recalée au second plan. Si elle parvient à séduire le professeur de danse qui fait tourner toutes les têtes, c’est avant tout grâce à sa personnalité longuement explorée, son entêtement et son talent. Audacieuse, provocatrice même comme l’atteste la main qu’elle met aux fesses de Johnny (inattendu pour l’époque !), l’adolescente s’affirme elle et son désir durant ces quelques mois d’initiation tout en prenant conscience de sa féminité. C’est là une interprétation poignante de la part de Jennifer Grey qui peint le portrait d’une enfant brimée par sa famille et mal à l’aise dans sa peau qui se métamorphose progressivement en une danseuse amoureuse et compétente.

Point fort du classique : Bébé n’est pas la seule à s’en tirer grandi de cet été des années 60. Ils sont effectivement nombreux à évoluer, y compris son amant, un dur au cœur tendre, qui apprend à faire confiance aux individus qui l’entoure. Tous ne sont pas là pour lui nuire ou on dans l’idée de l’utiliser à des fins plus ou moins respectables. Sa relation fusionnelle et charismatique avec l’héroïne (en dépit de la mésentente des acteurs) lui a permis réciproquement de faire le point pour mieux se dépasser et aller de l’avant. Ils se guident, s’entraident, en évitant l’amour trop fleur bleue. Quant à Jack Houseman (Jerry Orbach), ce père surprotecteur est plus étroit d’esprit qu’il ne semble le remarquer se retrouve confronté à un dilemme : celui de laisser sa fille grandir, commettre des erreurs et s’ouvrir au monde.

Bien sûr, tout n’est pas que romance, élégance et bande-son inoubliable. C’est aussi la mention de problèmes sociétaux graves comme le jugement entre classes sociales avec le ton condescendant des plus aisés, la manipulation des hommes envers la gent féminine via le dicton similaire à « séduisez-les peu importe si elles sont moches » et le sujet tabou il y a de cela plusieurs décennies de l’avortement. Porté par un script aussi complet et moins « nunuche » que certains le pensent, il n’est donc pas étonnant que Dirty Dancing se soit élevé au rang de phénomène cinématographique !

Les éditions commercialisées

À l’occasion du trentième anniversaire du classique, ESC Editions mène la danse puisqu’il gâte les fans en retravaillant les supports physiques. Ainsi, il édite un DVD simple habillé d’un fourreau cartonné mais, surtout, un digibook composé de cette même galette, d’un Blu-ray et d’un livret d’une quinzaine de pages. Cerise sur le gâteau : le tout bénéficie d’un « nouveau » master comme mentionné sur les jaquettes.

De gauche à droite : DVD, Digibook + Blu-ray + DVD

Test Vidéo/Audio

Pourquoi l’emploi de guillemets à « nouveau » ? Car aux dernières nouvelles, la remasterisation de Dirty Dancing a été menée en 2009/2010. Il ne s’agit pas pour autant de bobards de la part du studio puisque celle-ci n’a jamais été distribuée sur le territoire français. Mais à quoi faut-il s’attendre ? Contrairement aux apparences, si l’œuvre se rapproche visuellement d’un tournage en 16mm, ce sont bien des pellicules 35mm qui ont été utilisées. Ce doute se justifie par des images d’une extrême douceur à l’aspect « plat » prononcé. S’y ajoutent des couleurs assez ternes et de faibles contrastes. Difficile d’être surpris puisque ces caractéristiques paraissent intrinsèques à la photographie dirigée ici par un Jeffrey Jurgensen (Last Seduction) se pliant à des limites budgétaires. À moins que ce soit une décision artistique délibérée ? En tous les cas, la faute n’est pas imputable à l’équipe de restauration qui a malgré tout réussie son pari en dépit d’une source limitée.

Jamais le long-métrage n’a été aussi en forme. Les débris et autres salissures sont absents de la présentation, les noirs sont solides et le grain offre une texture agréable à l’œil. En outre, grâce à des tons naturels tirant sur le jaune, une chaleur appropriée à cette histoire estivale se dégage avec des extérieurs en général plus vibrants que les scènes d’intérieur. Vous l’avez donc compris : Dirty Dancing a probablement atteint les limites qualitatives de son passage en haute-définition et a heureusement été épargné par des filtres superficiels comme le renforcement de contours.

Le doublage français est proposé en DTS-HD 5.1 et DTS-HD 2.0 à l’instar du langage original qui s’octroie une piste en DTS-HD 7.1 supplémentaire. À noter que la différence du niveau du mixage entre les deux langues est évidente puisque la version anglaise nécessite une augmentation du son pour être confortablement audible.

L’audio a suivi le même chemin que l’image en matière de qualité technique. La piste DTS-HD 7.1 est propre, sans distorsion faisant siffler les oreilles mais, une fois de plus, la source n’est pas extraordinaire. Les effets surround sont donc restreints avec une scène concentrée sur les enceintes frontales et les chansons manquent de peps. Les basses se réveillent davantage lors de la dernière danse mais, pour résumer, le tout n’est pas aussi percutant que le spectateur est en droit d’attendre d’un tel film. Les voix sont cependant claires et mises en avant.

Test Bonus

Autant dire qu’il y a de quoi danser toute la nuit puisque ESC Editions a regroupé plusieurs heures d’interactivité sur le disque ! Karaoké, commentaires audios, scènes coupées… Tout ce qu’un passionné est en droit d’attendre est là. Bravo et merci à l’éditeur !

  • Génération(s) Dirty Dancing (52:51 min) : supplément dense et intéressant au cours duquel des comédiens, chercheurs et journalistes français restituent l’histoire de l’œuvre à travers son budget, son développement, son succès époustouflant ainsi que son héritage culturel. Il est aussi passé à la loupe dans ses choix de musiques, de casting, du caractère des personnages, de l’époque, etc.
  • Dirty quizz interactif : deux quizzs sont disponibles. Armez-vous de votre livret pour pouvoir y jouer pleinement !
  • Clips & karaokés : Hungry Eyes (3:53 min), She’s Like the Wind (3:58 min) et (I’ve Had) The Time of My Life (4:50 min).
  • Joyeux 30ème anniversaire (29:18 min) : la scénariste Eleanor Bergstein se remémore les raisons derrière l’écriture de Dirty Dancing. Elle est rejointe par des membres de l’équipe originale, mais aussi par la distribution du remake et de la comédie musicale. Le supplément fait parfois écho au premier mais est principalement complémentaire. Le tout s’accompagne d’images d’archives incluant des bouts d’essais de Jennifer Grey et des extraits capturés lors du tournage.
  • Le phénomène Dirty Dancing (13:44 min) : featurette se focalisant sur l’aspect marketing et son évolution avec l’élaboration de la bande-annonce, la popularité du disque et une sortie au cinéma étendue après avoir été initialement planifiée comme limitée grâce au bouche-à-oreille.
  • Cours de danse (17:11 min) : bonus présenté par une danseuse présente dans le long-métrage, Karen Getz, accompagnée de son coéquipier Jesus Fuentes. Le duo s’illustre en partageant les bases de la danse dirty.
  • Les décors (12:14 min) : les enjeux du tournage à Lake Lure en Caroline du Nord et à Mountain Lake.
  • Entretiens avec l’équipe du film : Entretien avec la scénariste Eleanor Bergstein (18:37 min), Réflexions d’Eleanor Bergstein sur le film (06:39 min), Patrick Swayze par Patrick Swayze (12:51 min), Entretien exclusif avec Patrick Swayze (13:33 min), Entretien avec l’actrice et chorégraphe Miranda Garrison (13:20 min), Entretien avec l’actrice Jennifer Grey (11:13 min) et Entretien avec le chorégraphe Kenny Ortega (15:22 min).
  • Scènes alternatives (2:41 min) : l’arrivée de la famille avec un actrice différente dans le rôle de la mère (1 min), le trajet en voiture alors qu’ils approchent de la pension Kellerman (2 mn) et les répétitions pour le numéro avec Bébé et Johnny.
  • Scènes coupées (11:54 min) : échange entre Bébé et Lisa (0:20 min), discussion entre Bébé et sa mère (0:45 min), le couple danse très sensuellement (2:15 min), son père lui interdit de fréquenter Johnny et les autres danseurs (1:07 min), les deux sœurs se préparent (0:43 min), Penny et Johnny se disent au revoir (0:50 min), succession de blagues (2:00 min), les deux protagonistes s’entraînent (1:05 min), l’heure du bulletin secret (0:52 min), la valse (1:03 min) et Bébé tombe sur Johnny avec une autre femme (0:54 min).
  • Scènes en version longue (7:51 min) : Lisa et Bébé se chamaillent lorsque cette dernière lui demande de la couvrir auprès des parents (1:06 min), conversation du couple lors de (I’ve Had) The Time of My Life (0:37 min), Johnny et Bébé discutent au lit (0:55 min), Bébé se cache lorsque son père sort de chez Penny (0:53 min), Lisa fait des siennes à cause de son rouge à lèvres (1:33 min), version alternative de la précédente (1:50 min) et Bébé répète en compagnie de Penny (1:07 min).
  • Bêtisier (0:39 min) : compilation des gaffes et crises de rire.
  • Répétitions/essais (4:49 min) : images d’archives prises durant les répétitions des numéros de danse ou lors des essais des acteurs.
  • Commentaire audio de la scénariste & coproductrice : anecdotes et informations autour de Dirty Dancing lors de la lecture du film. En Dolby Digital 2.0.
  • Commentaire audio de l’équipe du film : anecdotes et informations autour de Dirty Dancing lors de la lecture du film. En Dolby Digital 2.0.
  • Livret : seize pages de textes et de photographies.
Réalisé par Emile Ardolino à qui le paysage cinématographique doit aussi Sister Act (1992), Dirty Dancing a marqué de nombreuses générations depuis sa sortie en salle en 1987. Autant dire que personne ne s’attendait à un tel succès, à commencer par les studios n’ayant pas été convaincus lors de la première projection. Le destin en a pourtant décidé autrement puisque le long-métrage a raflé pas moins de 214 millions de dollars du haut de son (petit) budget de 6 millions et s’est imposé comme une référence culturelle. Dirty Dancing : présentation et critique Durant l’été 1963, Frédérique Houseman (Jennifer Grey) surnommée…

Note de la rédaction

Film
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Audio
Bonus

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