Accueil > TV/VOD > Tests DVD/BR > Drone, en Blu-ray : quand la culpabilité a un prix

Drone, en Blu-ray : quand la culpabilité a un prix

Dirigé par Jason Bourque (Black Fly), Drone débute en 2016 au Pakistan. Les premières minutes sont dures, brutales, tandis qu’un missile s’abat sur la population en causant des pertes humaines. « Mauvais endroit, mauvais moment. » C’est probablement la phrase que se répète inlassablement l’opérateur de la CIA, Neil Wistin (Sean Bean), dans l’espoir d’étouffer ses remords. Cette déshumanisation pointée du doigt est critiquée de façon directe durant le climax lorsqu’un personnage témoigne qu’il ne s’agissait pas de « dommages collatéraux » mais de personnes assassinées injustement. Touche de rappel qui n’est pas malvenue. Drone : au-delà du moralement manichéen Sous couverture, même sa famille…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Sur la bonne voie

« Drone » est en totale inadéquation avec l’affiche qui le représente. Plus focalisé sur le drame et la psychologie plutôt que sur l’action, son rythme est plus lent qu’au premier abord. Il permet de traiter de la solitude, de la culpabilité mais aussi du deuil. En bref : il justifie la curiosité. Le Blu-ray est très bon, et les suppléments en représentent l’unique point noir. Barème : Film ★★★ / Blu-ray ★★★★ / Bonus ★

User Rating: Be the first one !

En France, « Drone » n’est pas passé par la case cinéma et se contente d’une sortie physique à l’instar d’indénombrables œuvres à petit budget. Retrouvez cette nouveauté avec Sean Bean (« Game of Thrones ») en tête d’affiche dès le 22 août en Blu-ray et DVD !

Dirigé par Jason Bourque (Black Fly), Drone débute en 2016 au Pakistan. Les premières minutes sont dures, brutales, tandis qu’un missile s’abat sur la population en causant des pertes humaines. « Mauvais endroit, mauvais moment. » C’est probablement la phrase que se répète inlassablement l’opérateur de la CIA, Neil Wistin (Sean Bean), dans l’espoir d’étouffer ses remords. Cette déshumanisation pointée du doigt est critiquée de façon directe durant le climax lorsqu’un personnage témoigne qu’il ne s’agissait pas de « dommages collatéraux » mais de personnes assassinées injustement. Touche de rappel qui n’est pas malvenue.

Drone : au-delà du moralement manichéen

Sous couverture, même sa famille la plus proche ignore tout de sa véritable identité. Le mensonge et le déni poursuivent Neil jusque dans sa propre maison telles des ombres qui ne le quittent jamais. Sa vision ainsi obscurcie, l’homme ne se rend pas compte que plusieurs guerres font rage sous son toit. Sa femme Ellen (Mary McCormack) le trompe, et son fils Shane (Maxwell Haynes) est anéanti par le décès de son grand-père à quelques jours des funérailles. Tout semble lui passer au-dessus de la tête même s’il a conscience que tout ne tourne pas rond concernant son enfant. Comme détaché de ses sentiments par un besoin de se protéger psychologiquement des meurtres qu’il commet, cela se répercute inexorablement dans sa vie privée. Ainsi, il lui est impossible de rédiger l’éloge funèbre destiné à son père ou de se connecter avec la chair de sa chair. L’adolescence n’arrangeant rien.

Un an après le massacre dévoilé en introduction, le pakistanais Imir Shaw (Patrick Sabongui) se tient face au jardin des Wistin dans lequel trône un bateau en vente ayant appartenu au défunt. L’inconnu est prêt à faire une offre pour se l’approprier avant qu’une conversation de plus en plus poussée s’installe entre lui et la famille qui l’invite à dîner. Rien ne se passe comme prévu alors que la situation dérape au dessert. À partir de cet instant, la tension ne cesse de grimper efficacement jusqu’à ce que le danger atteigne son point culminant.

Plutôt que de montrer la guerre et ses tactiques, ce sont ses conséquences qui remontent à la surface durant ces 86 minutes. Cet exercice se serait montré vain si le casting ne s’était pas révélé à la hauteur, Sabongui et Bean en tête. Le premier est fascinant tant sa pseudo décontraction évolue crescendo en fureur à laquelle se mêle le désespoir d’un être qui a tout perdu et qui réclame justice. L’acteur principal incarne avec brio un personnage dans la réserve mais à la vulnérabilité à fleur de peau.

Drone joue avec la notion de bien et de mal selon les cultures mais aussi d’après les individus qu’ils soient concernés ou non. Juger est chose aisée, à l’instar du père dans le parc qui soupçonne Imir Shaw d’être un pédophile en raison de ses origines. Si ce dernier apprécie être proche de parents jouant avec leurs enfants dont il entend les rires et la joie de vivre, c’est tout simplement car il a perdu le sien. Le cinéaste dénonce par ce biais les idées préconçues induites par le racisme dès lors que la couleur de la peau est mate. Mis à part ce point, c’est également la franchise finale de Neil qui est discutée après qu’il ait publiquement annoncé la vérité quant à son « entreprise informatique ». Faut-il applaudir son honnêteté ou punir sa trahison ? La question reste en suspens et n’y trouve aucune réponse.

Les éditions commercialisées

Alors que M6 Vidéo propose exclusivement un steelbook pour l’édition Blu-ray d’Escobar, Drone ne bénéficie pas de ce même traitement. Les intéressés devront se contenter d’un DVD et d’un Blu-ray on ne peut plus simples, sans la moindre fioriture. Certains diront que l’essentiel est de posséder le film dans la meilleure qualité qui soit. Ce n’est pas faux, malgré le fait qu’un bel objet fait toujours plaisir.

De gauche à droite : DVD, Blu-ray, Blu-ray (Allemagne)

Il est important de noter une légère incompréhension concernant le marketing français. En effet, la jaquette laisse penser à de l’action survitaminée aux effets spéciaux explosifs. Pourtant, nous en sommes loin en-dehors de quelques scènes rares puisque le cinéaste confronte avant tout le public à un presque huis-clos. Le poster allemand, lui, capture davantage la dispute psychologique induite par le scénario en opposant les deux protagonistes dans une atmosphère sinistre. À prendre en considération avant l’achat donc.

Test Vidéo/Audio

Aucune information technique n’a été transmise au site référence IMDb. Cependant, au vu du faible budget consacré à la production et l’absence de grain, il est fort probable que Drone ait été tourné en numérique puis achevé à une résolution 2K.

La première impression qui se dégage dès la scène d’introduction est un certain émerveillement. Pour cause, l’effet de profondeur est étourdissant tandis que la caméra survole la ville Miranshah au Pakistan avant d’explorer plusieurs de ses ruelles. La distance entre les bâtiments et la longueur des chemins se font ainsi parfaitement ressentir. La palette de couleurs (qui n’est pas sans rappeler celle d’Escobar) est quant à elle généreuse avec ses tons vifs divers (jaune, vert, bleu…) qui renforcent ce cisaillement chirurgical de l’image. En dépit de quelques brefs retours dans ce pays, le restant de l’œuvre se révèle bien moins percutant visuellement parlant. Une fois sur le territoire américain, la photographie signée par les frères Graham et Nelson Talbot (The Hollow Child) se veut plus sobre et oublie les teintes flashies pour des intérieurs bleutés et faiblement éclairés.

Les détails sont abondants, en particulier lors des gros plans sur le visage du personnage principal qui atteste son âge mais aussi sa culpabilité qu’il tente désespérément de refouler. Les contrastes sont maîtrisés, et les noirs ne posent pas de souci en particulier.

L’unique problème rencontré lors du visionnage est une anomalie repérée à plusieurs reprises mais qui est suffisamment discrète pour passer inaperçue. Prenant la forme de deux traces/griffures lumineuses situées du côté droit de l’image, elle est notamment présente lors de l’échange entre le père et le fils dans la voiture et lorsque leur invité se trouve dans la salle de bain. Cet « incident » est probablement dû au matériel utilisé et non à l’encodage de M6 Vidéo.

Au menu des pistes audios : les formats Dolby Digital 5.1 et DTS-HD 5.1 pour le doublage français et la langue originale. La dernière mentionnée, en DTS-HD, brille lors des scènes où les drones provoquent des explosions. Les graves sont profonds et l’ensemble se découvre très immersif. À l’inverse, le silence se fait entendre dès que Drone s’aventure dans une atmosphère plus dramatique au sein du foyer des Wistin. En dehors des nombreux dialogues parfaitement audibles, ces instants disposent d’une ambiance sonore très limitée qui ne permet pas d’exploiter les multiples canaux disponibles.

Test Bonus

L’interactivité est malheureusement au plus bas. Dommage pour un film récent et dans lequel figure Sean Bean. En dehors des suppléments souvent mentionnés (making-of, commentaire audio…), un reportage sur les frictions entre les USA et le Pakistan aurait pu être intéressant par exemple. Il y avait matière à creuser. Bien entendu, il faut relativiser puisque Drone n’est pas un des blockbusters de l’année et que les attentes sont moins élevées en matière de bonus (que ce soit justifié ou non est un autre débat).

  • Bande-annonce (1:46 min) : en HD.
  • Scènes coupées (2:57 min) : au nombre de deux, la première est vraiment digne d’intérêt. D’une longueur de 2:27 min, il s’agit d’une discussion entre Shane et une professeure nommée Mrs. Havers (Corina Akeson). L’adolescent se livre en abordant la démence de son grand-père récemment décédé alors qu’il ne parvenait plus à le reconnaître. En outre, il confesse avoir énormément de ressentiment envers son père qui n’allait jamais lui rendre visite avant sa mort (ce qui est déjà précisé dans la version cinéma). Si elle aurait nuit au rythme du long-métrage, cette scène permet de communiquer davantage le chagrin ressenti par le personnage au spectateur. Touchante. La seconde consiste à admirer Neil seul dans la cuisine.
Dirigé par Jason Bourque (Black Fly), Drone débute en 2016 au Pakistan. Les premières minutes sont dures, brutales, tandis qu’un missile s’abat sur la population en causant des pertes humaines. « Mauvais endroit, mauvais moment. » C’est probablement la phrase que se répète inlassablement l’opérateur de la CIA, Neil Wistin (Sean Bean), dans l’espoir d’étouffer ses remords. Cette déshumanisation pointée du doigt est critiquée de façon directe durant le climax lorsqu’un personnage témoigne qu’il ne s’agissait pas de « dommages collatéraux » mais de personnes assassinées injustement. Touche de rappel qui n’est pas malvenue. Drone : au-delà du moralement manichéen Sous couverture, même sa famille…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Sur la bonne voie

« Drone » est en totale inadéquation avec l’affiche qui le représente. Plus focalisé sur le drame et la psychologie plutôt que sur l’action, son rythme est plus lent qu’au premier abord. Il permet de traiter de la solitude, de la culpabilité mais aussi du deuil. En bref : il justifie la curiosité. Le Blu-ray est très bon, et les suppléments en représentent l’unique point noir. Barème : Film ★★★ / Blu-ray ★★★★ / Bonus ★

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

Les Nouvelles aventures de Sabrina : on en sait plus sur les personnages

De nouvelles photos issues des "Nouvelles Aventures de Sabrina" nous présentent les personnages de la série.

Laisser un commentaire

Copyright © 2018 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis